‹ Guillaume Tell.Nouv.édChapitre 16 sur 38 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

noncent de nouveaux malheurs. Mon père m'a chargé dé te lesapprendre f mon père m'a dit que son ami leis .entendrait avec constanoe; qu'il aurait pitié de sa fille Glaire j et qu'il oMitiendrait sa douleur* Alors lé jeune enfant raconte comment Gésier^ l'exécrable Gésier s'est vengé du triste vieiUard. A ce récit, le fougueux Meletal se lève, court à sa hache , veut s'élancer hors de la caverne , veut sur4echamp courir se baigner dans le sang du cruel Gésier. Glaire se jette à ses genoux; Gemmi se place devant lui : Pense à mon père, lui dit-il; tu ne te souviens donc plus de mon père ? il n'est donc pas ton ami ? Écoute au moins ce qu'il te &it dire : Guillaume s'occupe dé te venger ; Guillaume est à présent chez Yemer , et ce seul mot doit t'en apprendre assez. Voici les ordres de mon père ; il me les a répétés deux fois : Va, mon fils, instruire Meletal du nouveau crime du tjràn ; ce n'est pas la fureur qui peut nous venger, c'est le courage et la prudence; je pars pour Schwitz, je vais trouver Verner, et faire armer son canton; Que Meletal se rende dans Stantz ; c'est là que sont ses amis, et les principaux d'Underwald : qu'il les rassemble-, les invite à préparer leurs armes, et qu'il aille ensuite m'attendre dans la caverne de Gruttj, où Verner et moi ne tarderons pas à le joindre^ r

Meletal écoute Gemmi, et la joie douloureuse de lavengeance se peint dans ses yeux et sur son visage. Je vais obéir à Tell, s^écrie-t-il avec transport; je cours rassembler mes amis. -Dès demain , Gemmi, tu peux en répondre, à ton père, deux cents- hommes, braves, fidèles, animés de l'amour . de la liberté , prêts à mourir pour la reprendre , et certains, avant de mouiir, d'immoler des milliers d'es-

do GUILLAUME TELL,

claves , élèTèront sur k place de Stantz le drapeau de la liberté. Voici l'instant qu'attendait mon courage ; il n'ëtaât enchaîné que par Tell , que par les ordrss sacrés dciinim vénérable père. Mon père, mon ami , me tendent à moi , «ourons> Tolons à la victoire ; elle est à nous, eUeest cer«^ taine. Je brnle de me voir aux mains avec k perfide Gésier, Qu'il vienne , qu'il vienne contre nous avec ses nombreux satdlîtes , avec toute sa puissance ; je suis plus fort , je marche à lui au nom de la liberté . de la piété filiale , de rfaumanité outragée,

U dit , et veut à l'instant même prendre la route de Stantz. La jeune Glaire le retient ; elle le force de dcnner du moins quelques momens à la nature , d'accorder à sa fille une heure pour jouir de ses tendres caresses , pour fortifier son corps afiaibH , par les alimens qu'elle vient d'apporter* L'impétueux , le sensible Melctal embrasse en pleurant sa fille diérie , serre dans ses bras le jeune Gem* mi, consent à s'asseoir près de son foyer , place les deux enfans à ses côtés ^ et &tt avec eux un frugal repas, qu'il précipite et qu'il abr^e. Bi^t6t, armé de sa hache, il dit adieu à ses enfans , presse sa fille sur son cœur, et prenant la main de Gemmi : Écoute , lui dk-il , mon fils; je peux . mourir dans notre entreprise ; cette mort même «irait des dâices , les cœurs généreux envieraienit mon sort. Mois je veux du moins disposer du seul trésor que je possède , da trésor le plus cher à mon cœur après la liberté de mon pays. Ce trésor, mon fils , c'est ma Qaire ; je te la donne dès ce moment. Voilà ton épouse, Gemmi, serrez tous deux vos mains dans les miennes. Jurez sur mon cœur qui palpite pour mon pays , pour vous > pour mon père , jurez de

Page 1