‹ Guillaume Tell.Nouv.édChapitre 18 sur 38 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

à le jouteliir s'il tonliait ; et ottte marche longae^ pékiiUe^ ces dangers toujoars renamns sont mêles de chaimespoiBr h tendre Glaire*

Forcés de prendre de^détoars ^ de suivre les bords des torrens , où la rapidité de l'onde a: laissé la terre i dëcou*vert; les toyagenrs consoment le reéte du joUr, et n'arrivent que vers te soir non loin du village d'Erfeld. Gemmi se reeonnatt alors; il est sûr, en reiaontant la Reuss, dé rentrer la nuit dstn» Altorf. Il encourage sa compagne, et k lune, qui commence à paraître , lui 6te la crainte de s'^rer encore. Plus tranquilles, ils suivaient tons deux la rive gauche du fleuve qui traverse le canton d'Uri, lorsqu'ib sont joints par un homme armé d'une longue arbalète , couvert d'un large malltéau qui l'enveloppait tout entier.. La neige et la glace se distinguaient seules sur le bonnet qui lui servait de coiffiire , sur Son manteau , sur ses cheteux attachés ensemble par les frimas. €el: homme vint droit aux enfans, qui s'arrêtèrent à sa tue, et d^ukie voix altérée :

Mes jeunes amis , leur dit-il y vous voyez un chasseur ^ré« J'ai perdu de vue tous mes compagnons ; je ne puis retrouver le chemin d'Âltorf ^ oli je suis sûr que mon aln sence a déjà répandu l'inquiétude. PoUrriez-vous m'y conduire, en&ns ? Votre zèle et votre secours seront récompensés par moi. La récompense est dans le service, lui répondit aussitét Glaire ; nous savons le chemin d'Altorf , et nous autons autant de plaisir à vous ramener à votre famille que vous en auriez vous*même à nous rendre Ik nos bons parens. Suivez-nous , vous êtes certain d'être à la ville dans une heure. Le chasseur alors joint les deux enfans ;

et ; .les observant a^ec attention à la clarté de la lunç y il marche en silence auprès d'eax.

Bientôt le chasseur^ s'adressant à Gemmi : Jeimehonmie, dit-il,quels sont vos parens?oii demeores-voos dans Altorf? Je suis Je fils d'un laboureur, répond^Gemmi sans le regar- :der \ mon père n'habite point. la ville» — Et dans quels lieux est sa retraite? — Dans les montagnes , au milieu d'un ddsert , où il cultive son. champ , où il pratique la vertu. La vertu ! reprend le chasseur avec un soarise ironique; je n'aurais pas cru que ce nom fàt connu de vous à votre âge. C'est le premier nom que j'ai b^yé , répond Gemmi d'un ton de voix ferme* — Vous savez donc ce qu'il signifie ? -^ Je l'espère au moins. ^-* Expliquez-le-moi* — * Trois mots suffiront : la crainte de Dieu, l'amour des humains, et la haine de leurs oppiresseurs. — Et quels sont ces oppresseurs ? — Les tyrans et leurs sateUites* — En Suisse il n'est point de tyrans. Glaire ne peut retenir un cri. Gemmi ne répondit point 9 et le chasseur, la tête baissée , marcha quelque temps en silence.

Us approchaient des murs d'Altorf ; déjà l'on voyait reluire les lances des gardes qui veillaienLaux portes. Le sombre inconnu tout à coup demande à Gemmi d'une voix farouche : Gomment s'appelle ton père? Glaire, tremblante, serra plus fortement la main de Gemmi. Celui-ci, pour qui le mensonge était impossible , hésite quelques instans; enfin , pressé par l'inconnu, il le regarde d'un air assuré. Nous avons bien voulu, répond-il , vous remettre dans votre route , n^ais c'est à quoi se bornera la confiance que vous inspirez. Vous ne saurez point le nom de mon

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