LIVRE m. il
les portent dsâis un fioutertàip ; et , revenant s'asseoir prèé du foyer> Gaillanme raecnte à Yemer k barbarie dtt gouverneur^ le oialhetir du vieillaid Henri ; la retraite de eon fils Meletal , le voyage du jeune Geouni ^ qui doit l'avertir , à cette heure même, de 9e rendre h Grutty , le «Hr f pour asBurer leur vengeanée* Yerner écoute aveic attention ; se fait répéter le» détails des grand» desseins de Giiilbumei les pèse ^ les diseute avec lui> oppose^ invente le» obstacles qu'il est possible de renecmtrer f et , satisfait des réponses de Tell , qui a tout prévu, qui r^cmdi^ tout, il l'embraeee en lui disant ces paroles : Âiai , eomm^aicons ^ je sois prêt.
Aussitôt > flépm*éiatfnl et par de» chemins opposés > ils vont porter une 1 une les armeff qu'il» ont en dépôt , à leurs aœis de la ville, i leurs amis des villagesdo9.t Scbwitz est environné} ils vont remettre dans les mains des ennemis de la tprannie ^ quoi la détruire > de quoi se venger. Il» rendent grâce aux frimas » à la neige qui obscurcit k )our , qui tombe avec alxMidanoe , et rend déserts le» chemins qu'ils traversent avec sureté« Ils vonjt, reviennent cent tais pour distribuer les ^mes , qu'ils n'osent porter qu'une aune : ils emploient douze heures entières à cette importante distribution ^ échauffent , raniment le cœur de dacun de ceux qu'ils viennent arzner^ prennent son ser» mentidevant Diev^ l'instruisent du nouveau crime de Gésier, l'animent à la vengeance, et retrouvent toujours de la voix, toujours de nouvelles forces, pour varier des discours, pour &ire de nouveaux pas qui doivent amener la liberté*
Le jour entier s'est consumé dans ces soins. Toutes les
i:t GUILLAUME TELL ,
armes sont dktrilratëes ; Guillaame n'a gardé que son arc y Yemer n'a conserve (ju'une lance. Toas deux ^ accablés de fatigue , rentrent dans la maison de Yemer , prennent un peu de nourriture , raniment leurs forces éteintes^ et f sans prendre un instant de repos , pressés par le temps qui s'écoule , par la parole donnée à Helctal , ils se remettent en chemin pour la caverne de Grutt j.
Ils marchent au milieu des neiges que l'aquilon ramasse autour d'eux 5 ils arrivent sur les bords du lac , cherchent un bateau dans l'obscurité^ trouvent une bible barque amarrée par de forts liens ^ et que les flots impétueux, soulevés par le vent du nord , faisaient battre contre le rivage. Yemer , voyant le lac agité , s'arrête, demande à Guillaume si s^ science si renommée dans l'art de conduire une barque pourra lutter contre la tempête. Melctal nous attend , lui répond Guillaume , et le sort de notre patrie va dépendre de notre entrevue. Gomment oses-tu demander si ;e pourrais traverser le lac ? J'ignore si la chose est possible , mais je sais qu^il Êiut la Êiire. Je compte peu sur mon adresse , mais je compte sur le Dieu du ciel qui veille sur les âmes pures, et qui se plaît à protéger les amans de la liberté.
Il dit, saute dans la barque; Yemer s'éiance après lui. Tell coupe aussitôt le lien., s'empare de l'aviron , et s'éloigne du rivage. Mais , soit un effet du hasard , soit que ce Dieu juste et puissant que Guillaume invoquait dan» son cœur veillât sur les libérateurs de la Suisse , le vent s'apaise tout à coup , les flots se calment, l'onde tranquille porte la barque de Tell , qui , saisissant les deux rames , la fait volar avec la rapidité de la flèche. Il a bien-