LIVRE m
tôt franchi le Iac« il arrive à l'autre bord, descend, amarre sa barque , et les deux amis se rendent h la caverne qu'ils connaissaient depuis si long-temps.
Melctal les attendait à l'entrëe. Aussitôt qu'il aperçoit TeU ^ il se précipite dans ses bras , le serre , le baigne de ses pleurs ,< prononce avec des sanglots le nom de son père et le nom de son ami ; mêle , confond ces deux noms si chers , et peut à peine contenir tous les sentimens qui l'oppressent. Guillaume pleure avec lui , tient sa main, qu'il presse avec force, l'entraitie au fond de la caverne, et là, dans une obscurité profonde , les trois amis , assis sur des rocs ^ faisant trêve à leurs intérêts, à leurs douleurs particulières , ne s'occupent que de l'intérêt et du destin de leur pays. TeU le premier prend la parole.
Melctal , dit-il , ton père est vivant , ton père est dans ma maison ; que ta tendresse se rassure, que ta piété filiale se taise devant la patrie. Examinons , trouvons les moyens les plus sûrs et les plus prompts de délivrer notre pays , de lui rendre sa liberté , de venger les longues injures , les barbaries , les fureurs dont il a souffert trop long-temps. Chacun de nous , dans son canton , jouit de l'estime, dé l'attachment , de la confiance dé nos frères. Lés braves habitans de Schwitz se lèveront à la voix de Yemer ; il ne leur manquait que des armes , aujourd'hui même Yemer et moi nous leur en avons donné. Ces armes , jointes à celles que nos amis de Schwitz s'étaient procurées, nous répondent <iedeux cents soldats dont Yemer est le capitaine. Nous avons leur foi, leurs sermens; nous comptons sur eux comme sur nous-mêmes.
Dans Uri^ dans les murs d'Altorf , où la présence du •
tyran augmente et nourrit la terreur ^oh le fort terrible qu'il aëlevë semUeanurer à jamais sa puiBSBuoe^il m'a été plus difficile de trouver des oompagnotts* Tous ks eœurs brillent pour la liberté, mais les satellites nonibréux de Oeslcr , ses usâmes émissaires veillent avec plus de soin à découvrir , h punir la moindre étincelle de ce feu sacré» Je n'ose compter encore sur les habitans d'Altorf : ils tremblent ^ ils sont gëmissans aous la verge du de^Ki* tisme; ils voient toujours la hache levée sur le premier qui oserait regarder le gouverneur* Le peuple d'Altorf ne l'attaquera point, mais il ne le défendra paSé U fiiut con^ quérir Altorfé Dans les villages qui l'entourent, j'ai trouvé cent compagnons prêts à mourir avec moi ; ils sont armés, ils sont braves, c'est tout ce que je puis offirir. Parie > Melctal i rend^nous compte de tes efforts en Underwâld , et arrêtons irrévocablement l'heure, l'instant où nous réunirons nos forces , où nous irons mourir ou devenir libres.
Ami , s'écrie Meletal avec un accent dont )i peine il eak maître , j'étais loin de compter sur les forces qui sont déjà dans vos mains , et j'étais certain du suooès. Cent cinquante jeunes guerriers sont déjà prêts dans Uodefvrald ; aujourd'hui même je les ai tous vus ; ils m'fmt choisi pour leur chef > ils br&lent tous de combattre. Amis» ne perdons pas un instant^ rendons-nous, dès cette nuit mfime, sous les murailles d'Altorf ; réunissons nos guerriers au milieu même de cette ville, attaquons le fort sur-lechamp , le peuple nous secondera ; nous punirons le gouverneur ; je veux que les jeas. lui soient arrachésà la naênie • place où mon père... Mais je m'égare ; pardon&eK au plus