‹ Guillaume Tell.Nouv.édChapitre 4 sur 38 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Yœu3(» Eâaiée /était la pJusr charte? la plus Mlç des fill^ d'Urû L'air qui vient avant la luœièiçe agiter les feiûlicss des arbrisseaux;» lai source <qui fiHr« du roc > et dont chique goutte fariliante réfléchit les pruniers rayons, étaient moins purs que le cœur d'Edm^, La paix » la douceur^ la rai*san, l'avaient choisie pour leur sanctuaire* La vertu., qu'elle poaédait sans en connaître même le nom , était pour elle rexisjtence. Son âme nr'aurait pas compris que l'on put cesser d'être sage autrement qu'en cessant de vivre.

Oipheline et sans fortune , élevée depuis son enfance chez un vieillard , dernier parent de son indigente £Hnille > Edmée gardait les troupeaux de ce vieillard vertueux. Avant que l'aurore vint éclairer la cime des sombres sa<^ pins f Edmée était sur les montagnes , environnée de ses brebis > et faisant tourner le fuseau qui filait l'habit de son bien£dteur« Elle revenait^ avec l'ombre >' ranger., disposer la maison > préparer le repas du soir et celui du lendemain , épargner au Êuble vieillard le souci de rien désirer tandis qu'elle serait absente. Elle se livrait ensuite au sommeil , satisfaite de sa journée , heureuse d'avoir acquitté la douce dette de la reconnaissance > et sure que le lendemain lui donnerait le même plaisir.

Tell la connut , il Taima. Tell n'employa point auprès d'elle ces soins attentifs ,■ cette complaisance , cet art inconnu de^n cœur^ qui profiine souvent l'amour en le melsmtilafinesfie^ qui sait presser ou retarder l'aveu d'un tendre sentiment. Étranger à cette étude , ignorant que le don de plaire pût être distinct du plaisir d'aimer , Tell ne chercha point l'occasion de voir plus souvent Edmée y

il ne la suivit point aux montagnes , il ne Fattendit pas le ^oir lorsqu'elle ramenait son troupeau. Guillaume^ au contraire , pendant son absence , allait visiter son vieux bienfaiteur. Là , dans de longs entretiens oh présidaient la francbise , l'épanchement , la vAritë , Guillaume écoutait le vieillard , qui se plaisait h parler d'Edmée y rapportait ses moindres actions , répétait toutes ses paroles , rendait compte^ les larmes aux jevL%, de la patience , de la douceur , de l'inépuisable bonté qui lui rendaient chaque jour cette orpheline plus chère. Ces louanges j qui retentissaient au fond de l'âme de Tell , augmentaient plus son amour que la vue de' son amante. Elle arrivait pendant ces récits; et Tell lisait sur son front j dans ses regards, dans son air modeste , tout ce qu'il venait d'entendre. II osait à peine , en tremblant^ lui adresser quelques paroles^ la quittait bientôt en baissant les yeux , la saluait avec respect y et se retirait à pas lents dans son arile solitaire^ pour s'occuper d'elle mieux qu'en sa présence.

Enfin y après six mois passés , Guillaume, sûr que son amour était une vertu de p]us> résolut de le découvrir Si celle qui l'avait fait naître. Seul devant elle , il n'eût osé ; mais , plus hardi devant tout le peuple , un jour de fête 9 au sortir du temple, il attendit la jeune Edmée. Edmée, lui dit-il , je t'aime, je t'honore encore plus; j'étais bon , tu m'as fSût sensible ; si tu crois être heureuse avec moi, reçois mon cœur et ma main 3 viens habiter dans ma maison , viens sur la tombe de mon père m'enseigner les vertus qu'il m'aurait apprisesti Edmée baissa les yeux, rougit pour la première fois. Bientôt rassurée et tranquille , certaine que ce qu'elle pensait pouvait et

Page 1