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pour mes jour»; laisse-moi voilkr à la garde de ta chaumière et de ta fille, laisse-moi le soin de lui conserver et son père et son héritage. Va te caclier pendant quelques jours dans les montagnes d'UnderwJild ; Claire et moi nous irons t'^- joindre quand l'orage sera calmé. Va , cours dès ce moment même : je t en ai prié, je te le commande, je te l'ordonne comme ton père.
A ces mots le fougueux Melctal haissc tristement la tète, se met à genoux, me fait ses adieux , et demand* ma bénédiction, .fe le pressai contre mon cœur , je le baignai de mes larmes. Claire se jeta dans son sein , Claire essuya de ses baisers les pleurs que son mallieureux père s efforçait en vain de cacher. Bientôt , s'arrachant des bras de sa fille , il la remit dans les miens, me serra la main, et partit sans oser retourner la tète.
Claire et moi , demeurés seuls , nous retournâmes à noire chaumièi-e. Mon dessein était d'aller sur-le-champ trouver le tj'ran dans Altorf , voir , m'assurer par mes yeux si tout sentiment de justice était étranger à .son âme. Seul, je voulais m'exposera sa redoutable vue, obtenir le retour de mon fils, ou mourir en le demandant. Mais tout à coup je vois ma chaumière environnée de nombreux soldats.
oo GUILLAUME TELL.
Tous appellent Melctal à grands cris , tous m'interrogent , me pressent , me chargent bientôt de chaînes, me traînent devant Gésier.
Où est ton fils? me dit-il d'une voix sombre et farouche. 11 faut expier son crime à sa place, ou le livrer à ma fureur. Frappe, lui dis-je , je rendrai grâce à Dieu si je dois à ta barbarie de donner detix fois la vie à mon fils. Gésier me regarde d'un oeil fixe, où se peignaient à la fois et la tranquille soil du sang et l'embarras d'inventer un supplice que ma vieillesse n'abrégeât pas. Enfin, après un long silence, il fait un signe à ses bourreaux ; et ces barbares, devant lui , sans qu'il détournât la vue , sans que l'affreux sourii'c du crime , certain de l'impunité, quittât son visage féroce," me saisissent, me renversent, et leur main armée d'un fer acéré l'enfonce dans mes faibles yeux.
C'en est assez, leur dit Gésier, laissez vivre ce débile aveugle! que ses liens soient brisés , qu'il aille rejoindre son fils. On m'entraîne , on me rejette à la porte du palais. Je marche les bras étendus , je tombe dans ceux de Claire, de Claire qui m'avait, suivi, et que les cniels satellites retenaient à la première enceinte. Je me sens presser dans son sein , je suis inondé de ses larmes; j'entends, à traveis ses cris de
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douleur, ce mot , ce nom si doux à mon âme : Mon père,I mon père! c'est moi. Je m'efforce d arrêter ses cris, je la calme, je lui dérobe mi douleur, et îui demande de me conduire chez mon ami , l'ami de mon fils. Nous sommes en chemin, répond-elle, mon cœur me l'a dit avant vous. Nous arrivons , ô mon cher Guillaume! Hélas! je ne puis plus te voir; mais je te sens auprès de moi , mais je tiens ta main dans la mienne; elle palpite au récit de mes maux : mon fils est sauvé, mon ami me veste , ah ! je n'ai pas tout perdu.
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