‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 28 sur 57 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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irauchi le lac, il arrive à l'autre bord, des- ^ ccnd, amarre sa barque, et les deux amis se rendent à la caverne qu'ils connaissaient depuis si long-temps.

Melctal les attendait à l'entrée. Aussitôt qu'il aperçoit Tell, il se précipite dans ses bras , le serre , le baigne de ses pleurs , prononce avec des sanglots le nom de son père et le nom de son ami ; mêle , confond ces deux noms si chers, et peut à peine contenir tous les sentimens qui l'oppressent. Guillaume pleure avec lui , tient sa main , qu'il presse avec force, l'entraîne au fond de la caverne , et là, dans une obscui'ité profonde, les trois amis , assis sur des rocs , faisant trêve à leurs intérêts, à leurs douleurs particulières, ne s'occupent que de l'intérêt et du destin de leur pays. Tell le premier prend la parole.

Melctal, dit-il, ton père est vivant, ton père est dans ma maison ; que ta tendresse se rassure, que ta piété filiale se taise de-ant la patrie. Examinons, trouvons les moyens les plus sûrs et les plus prompts de délivrer notre pays , de lui rendre sa liberté , de venger les longues injures, les barbaries, les fureurs dont il a souffert trop long-temps. Chacun de nous, dans son canton , jouit de l'estime, de l'attachement, de la conliauce de nos frères.

Les braves habitans de Schwitz se lèveront à la voix de Verner; il ne leur manquait que des armes, aujonrd hui même Verner et moi nous leur en avons donné. Ces armes , jointes à celles que nos amis de Schwitz s'étaient procur.ces , nous répondent de deux cents soldats dont Verner est le capitaine. Nous aA'^ons leur foi , leurs scrmens ; nous comptons sur eux comme sur nous-mêmes.

Dans Uri , dans les murs d'Altorf,où la présence du tjran augmente et nourrit la terreur, où le fort terrible qu il a élevé semble assurer à jamais sa puissance, il m'a été plus difficile de trouver des compagnons. Tous les coeurs bi'ùlent pour la liberté , mais les satellites nombreux de Gcsler , ses infâmes émissaires veillent avec plus de soin à découvrir-, à punir la moindre étincelle de ce feu sacré. Je n'ose compter encore sur les habitans d'Altorf : ils tremblent, ils sont gémissans sous la verge du despotisme; ils voient toujours la hache levée sur le premier qui oserait regarder le gouverneur. Le peuple d'Altorf ne l'attaquera point, mais il ne le défendra pas. 1] faut conquérir Altovf. Dans les villages qui rcntoureut, j'ai trouvé cent compagnons prêts a mourir avec moi ; ils sont armés, ils sont braves , c'est tout ce que je puis olTrir. Parle ,

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