LIVRE m. 5j
^lolctal , venus -nous compte de tes elunts en Uinderwald , et arrêtons irrévocablement l'heui'c, l'instant où nous réunirons nos forces, où nous irons mourir ou devenir libres.
^ Ami , s'écrie Mulctal avec un accent dont à peine il est maître , j'étais loin de compter sur les forcer qui sont déjà dans vos mains , et j étais certain du succès. Cent cinquante jeunes guerriers sont déjà prêts dans Underwald ; aujourd'hui même je les ai tous vus ; ils m'ont clioisi pour leur chef, ils brûlent tous de combattre. Amis , ne perdons pas un instant ; rendons-nous, dès cette nuit même, sons les murailles d'Altorf; réunissons nos guerriers au milieu même de cette ville , attaquons le fort sur-le-champ , le peuple nous secondera ; nons punirons le gouverneur; je veux que les yeux lui soient arrachés à la même place où mon père. . . . Mais je m'égare ; pardonnez au plus malheureux des fils : je veux, dis-je, que, malgré la nuit, malgré la neige qui couvre li terre et rend les chemins difficiles , nous soyons demain, à l'aube du jour, au milieu de l;i place d'Altorf, et qu'un combat engagé surle-champ nous rende maîtres de la citadelle . ou nous fasse tous périr.
Oui , nous péririons , lui répond Verner d'une voix calme , et celte mort , cJoricuse
6û GUILLAUMR TELL.
sans doute, sei-ait inutile à notre pays. Tu n'as donc pas entendu , Melctal , ce que non i a dit Guillaume ; les cent amis dont il est sûr dans Uri sont dispersés dans les villages, il lui faut du temps pour les rassembler; et quatre mille satellites sont toujours réunis auprès du tyran. Le peuple d'Altorf gémissant , comprimé sous le poids terrible de la présence de Gésier , de sa garde , de ses soldats , n'osera point se joindr;' à nous. Nos faibles troupes , arrivant en tumulte l'une après l'autre, n'obtiendraient pas lentrée de la ville , et seraient détruites sous ses remparts. Les trois Cantons sont trop faibles pour renverser cette puissance de Gésier, qui s'appuie sur le colosse de l'Empire, qui possède plusieurs ])laces fortes dont le siège , quelque rapide qu il soit, laisse le temps à l'Allemagne d'enfanter conti'e nous des armées plus nombreuses que tout notre peuple. Croyez à mon expérience. Assurons- lous denombreux secours avant de tenter aucune entreprise. Pensez-vous que nous soyons les seuls animés de lamour de la liberté ? Pensez-vous qucZuricb , Lucerne, les habitans des montagnes de Zug, de Glaris et d'Appenzel , ne frémissent pas comme nous de se voir accablés de cbaines .' N en douiez point , ces généreux peuples souf-