‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 36 sur 57 · LIVRE lit · texte numérisé non relu

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te méconnaître un instant. Je tremblais pour toi, pour toi seul, et je quittais, pour te sauver le bien qui m'est le plus cher au monde, le nom, le doux Mom de ton fils. O mon père! pardonne-moi, mon père, mon père chéri, laisse-moi répéter cent fois ce nom. que je m'étais interdit, llassure-toi , tu ne me tueras point, une voix secrète m.e le prédit. Qu'on me conduise, qu'on me conduise I et toi, Claire , va-t'en , mais garde-toi d'instruire ma mère.

Gemmi se jette alors dans le sein de Guillaume, qui le reçoit, qui l'embrasse, qui le presse contre son cœur; il veut lui parler, il ne peut que l'inonder de ses larmes ; il ne peut que répéter d'une voixtremblante, étouffée : Non, mon fils, non, mon cher tils ! Claire est tombée évanouie; les soldats l'emportent dans le palais , et l'inflexible Gésier, sans être ému de ce spectacle, répète son ordre terrible, offre pour la dernière fois àGuillaume le choix affreux de voir périr son fils ou de se soumettre à l'épreuve. Guillaume l'écoute la tète baissée , demeure quelques instans sans répondre , tenant toujours Gemmi dans ses bras ; puis relevant tout à coup la tète, et regardant le gouverneur avec des yeux rouges de pleurs ,

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itincelans d'indignation : J'obcirai, lépond-il; que l'on me coniduise à la place.

Le père et le lils, se tenant pav la main, sont aussitôt envirimncs de gardes. Ils descentlent ensemlde du palais sous la conduite de Sainem. Tout le peuple, informé déjà de l'afTreux spectacle qu'on va lui donner, se précipite vers la ])laee. Presque tous gémissent au lond de leur âme, mais aucun d'eux n'ose exjirimer le sentiment de la jiitié. Leurs regards timides cherchent Guillaume; ils !i; décou- \ rent au milieu des lances, marciiant à côté d« Gi'mmi qui le regartle eu souriant. Les larmes viennent dans les yeux en regardant le visage du père : mais La terreur retient ces larmes; Ciesler les punirait comme un crime. Tous les jeux se reportent à terre;; un morne silence règne dans le peuple; il gémit, il soullVe et se lait.

L'espace est déjà mesuré par le fiU'ouche Sarnem; une double haie de soldats ferme de trois côtés cet espace. Le peuple se presse derrière eux : Gcmmi , debout à l'extrémité, considère tous CCS apprêts d'un œil tranquille et Berein. Gésier, loin derrière Tell, se tient au milieu de sa garde, observant d'un air in- (juict le silence morne an peuple; et (iuillaume, entouré de lances, demeure immobile,

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