‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 38 sur 57 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

pide cjue la pensée, où il parvient à ouLlier son fils, il vise, tire, lance son trait, et la pomme emportée vole avec lui.

La place retentit des cris de joie; Gemnii vole embrasser son père. Celui-ci , pâle , immobile, épuisé de l'effort qu'il a fait, ne lui rend point ses caresses. 11 le regarde avec des yeux éteints, il ne peut parler, il entend à peine tout ce que lui dit son (ils, il chancelle, est prêt à tomber; il tombe dans les bras de Gcmmi , qui se hâte de le secourir, et qui découvre la flèche cachée sous son vêtement.

Déjà Gésier était près de lui. Gésier s'empare de la flèche. Guillaume reprend ses sens et détourne promptement la vue à l'aspect du cruel Gésier. Archer sans pareil , lui dit celuici , j'acquitterai ma promesse, je te paierai le prix de ta rare habileté; mais auparavant, réponds-moi : que voulais-tu faire de cette flèche que tu dérobais à mes yeux ? Une seule t'étai'.t nécessaire ; pourquoi gardais-tu celle-ci ? — - Pour te percer le cœur , tyran , si ma malheureuse main avait tranché les jours de mon fils. 'A ce mot, qu'un père n'a pu retenir, le gouverneur effrayé rentre au milieu de ses satellites. 11 révoque sa promesse , il ordonne au cruel Sarnem de faire aussitôt enchaîner Guillaume, et de le conduire dans le fort. On

obéit; on vient l'ai-racliev aux emljiasscmcns de Gemmi, qui veut en vain accompagner son père; les gardes repoussent Gcmmi. Le peuple murmuré , s'émeut; Gésier se hâte de se retirer dans son palais , fait prendre les armes à toutes ses troupes. Des j)eloions nombreux d'Autrichiens paicourent toute la ville, for- < eut les habitans effrayés de se cacher dans leurs maisons. La terreur règne dans Altorf; et les bourreaux, déjà prêts, alUndent de nouvelles victimes.

Fl^ DU TrOISIUME LIVRE.

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