‹ Guillaume Tell; ou, La Suisse libre (volume 2)Chapitre 52 sur 57 · CHA>T · texte numérisé non relu

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Le lendemain de ce fiincste jour était le sixième du mois de Sivan , le cinquantième depuis la Pàque. C'était ce cinquantième jour aprcs la sortie d'Egypte que l'Eternel , sur le mont Sina , daigna lui-même donner des lois au peuple qu'il s'était choisi. On en célébrait la mémoire. Le grand -prêtre, assisté des lévites, présentait, au nom des enfans de Jacob, deux pains levés de farine nouvelle , prémices de la moisson. Il immolait en holocauste deux jeunes taureaux, un bélier, sept agneaux sans tache, comme hosties pacifiques, et le mâle de l'indocile chèvre, en expiation des erreurs d'un peuple trop peu soumis. Après ce sacrifice de reconnaissance , chaque famille se réunissait pour se livrer ensemble à la joie ; chaque Israélite ouvrait sa maison à ses frères des autres tribus. Tous les enfans de Jacob n'étaient occupés dans ce jour de fête que de resserrer les liens de la douce fraternité.

Sadoc, après avoir rempli les saints devoirs de son ministère , était venu se renfermer près de son fils. Le pieux Eliezcr n'avait pas voulu quitter Nephthali , même pour assister au sacrifice. Cependant, quand la nuit futvenue,et que le sommeil bienfaisant eut fermé les yeux de celui qu'il veillait , Eliezer courut au taber- '.lacle. Là ,1e front dans la poussière, étendant

do ELIEZER.

ses mains jusqu'au Ijoiil du voile qui couvrait le Saint des Saints, Eliezer rlcmeura longtemps , car il pria pour son frère.

L'aurore avait déjà paru, les sept lampes dii chandelier d'or ne jetaient plus qu'una lueur paie , lorsque Eliezer se relève pour retourner près de Nephthali Comme il sortait de la seconde enceinte, il est tout à coup arrêté par une jeune Israélite qui portait dans ses mains deux colomljcs, et conduisait un agneau blanc. L'inquiétude et la douleur se peignaient sur son visage. Une rougeur modeste couvrait son front, où la pudeur et la piété se confondaient avec la grâce. Elle approche, en !)aissaut les jeux, d Eliezer qui l'admire , et lui adresse ces paroles :

Pardonnez, lévite du Seigneur, pardonnez à une inconnue de vous retenir un inomiMit. Quoique étrangère dans Silo , je ne suis point une inlidèle. Je d.emeure en Benjamin, dans le liameau de Lnza. Mon nom est Rachel. Mon père Abdias adore le Dieu d'isaac. Je viens offrir à l'Eiernel cet agneau , ces deux colom- Ixs, seules richesses dont puisse disposer la fille d un simple pasteur. Daignerez-vous , enfant d'Aaron , les immoler pour moi sur l'autel, et solliciter du Trèi, Haut la grâce que je lui demande ?

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