‹ Guillaume Tell, ou La Suisse libreChapitre 30 sur 52 · livre · texte numérisé non relu

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saires veillent avec plus de soin a découvrir, à punir la moindre étincelle de ce feu sacre. Je

n'ose compter encore sur les habitans d'Altorff ; ils tremblent, ils sont gémissans sous la

verse du despotisme ; ils voient toujours la hache levée sur le premier qui oserait regarder le gouverneur. Le peuple d'Altorff ne l'attaquera point, mais il ne le défendra pas. Il faut conquérir Altorff. Dans les villages qui l'entourent, j'ai trouve cent compagnons prêts à mourir avec moi ; ils sont armes, ils sont braves, c'est tout ce que je puis offrir. Parle. Melctal, rends-nous compte de tes efforts en Underwald, et arrêtons irrévocablement l'heure, l'instant où nous réunirons nos forces, où nous irons mourir ou devenir libres.

Ami. s'écrie [Melctal avec un accent dont à peine il est maître, j'étais loin de compter sur les forces qui sont déjà dans vos mains, et j'étais certain du succès. Cent cinquante jeunes guerriers sont déjà prêts dans Underwald ; aujourd'hui même je les ai tous vus ; ils m'ont choisi pour leur chef : ils braient tous de combattre. Amis, ne perdons pas un instant ; rendons-nous, des cette nuit même, sous les murailles d'Altorff : reunissons nos guerriers

au milieu même de cette ville ; attaquons le fort sur-le-champ, le peuple nous secondera ; nous punirons le gouverneur ; je veux que les yeux lui soient arrachés à la même place où

mon père Mais je m'égare ; pardonnez

au plus malheureux des fils : je veux, dis-je, que, malgré la nuit, malgré la neige qui couvre la terre et rend les chemins difficiles, nous soyons demain, à l'aube du jour, au milieu de la place d'AltorfF, et qu'un combat engagé surle-champ nous rende maîtres de la citadelle, ou nous fasse tous périr.

Oui, nous péririons, lui répond Verner d'une voix calme, et cette mort, glorieuse sans doute, serait inutile à notre pays. Tu n'as donc pas entendu, Melctal, ce que nous a dit Guillaume ; les cent amis dont 1 est sûr dans Uri sont dispersés dans les villages, il lui faut du temps pour les rassembler ; et quatre mille satellites sont toujours réunis auprès du tyran. Le peuple d'AltorfF gémissant, comprimé sous le poids terrible de la présence de Gésier, de sa garde, de ses soldats, n'osera point se joindre à nous. Nos faibles troupes, arrivant en tumulte l'une après l'autre, n'obtiendraient pas l'entrée de la ville, et seraient détruites

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