‹ Guillery comedie en trois actes, en proseChapitre 32 sur 55 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

brid’oi e.

Non, sans adresse ; mais c’était pour elle. On disait : « A l’auberge de Nanterre. »

TRUPHÊME.

On y fait des gâteaux.

brid’oie.

Je cours à Nanterre, trois lieues à pied !

TRUPHÊME.

As-tu vu la Rosière ?

brid’oie.

Il y a huit auberges à Nanterre, j’entre partout; je demande, on me rit au nez ; je me fâche, on rit plus fort ; je m’avise qu’ils ont peut-être changé de rendez-vous, et qu’ils sont au Pré-Gaillard. Je cherche une voiture; pas de voiture! je reviens à pied, trois lieues de route.

TRUPHÊME.

Trois et trois font neuf.

brid'oie.

Je cours, je trotte, je me perds, je me retrouve, enfin, j’arrive ici, les jambes rompues, la tête perdue, et l’esprit à tous les diables.

Pauvre ami ! Tu as tant couru saris boire !

brid'oie.

Si je m’adressais à la justice ?

TRUPHÊME.

La justice? c’est aujourd’hui dimanche ! Elle est à la campagne, et elle cueille des melons. Elle reviendra demain matin, entre dix et onze. D’ailleurs, qu’est-ce que tu gagnerais à conter tes infirmités à la justice? Tu sais bien qu’entre l’arbre et l’écorce, il ne faut pas mettre le droit. Moi, vois-tu, ma femme aura beau faire, j’ai bien dîné. Dire que j’ai failli dîner chez moi ! Le fait est que sans ce grand sec, tu sais ce grand sec qui rodait sur la place, j’aurais mangé un oison de douze ans cuit à la casserole. C’est cela qui est dur!*

GU1LLERY.

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