I. — L*Eglise de Guillestre
Aux paroissiens, à la communauté des lia combait la charge de Tentretien des nefs de V prement dite. Le 17 févr. J336 (v. st.), noble de Risoul réclamait à la communauté de G payement des réparations qu'il avait faites (p. 307'). Le '20 juin 1507, lorsqu'on décida truire et d'agrandir l'église ancienne, alors tro population traita cette importante question en générale, sur la place publique, devant le réal de l'église même : m platea publica ante n ecclesie{^.^^i-S). Le nouvel édifice fut fait plan que Tarcliilecte Galleas avait dressé, < complètement en marbre rose du pays (decori habitants s'engagèrent à amener à pied d'œuvi matériaux, à nourrir les ouvriers et à payer preneurs, Jean Gerbon et Pierre Brun, de la ^ brun, la sgmme de 2.630 florins. Nous ne nous pas d'avantage ici sur ce très intéressant prixà la construclion de l'église actuelle de Guilles tons seulement que cette belle église fut solei consacrée le 15 nov. 1532, sous le titre ou N.-I). d'Aquilon, Beatisshne Virginis Marie de a par Antoine Pascal, évéque de Rosea, vicaire i l'archevêque Antoine de Levis (p. 362). L'anniv cette cérémonie devint, à Guillestre, un jour d( se célébrait en 160G (p. 109), en 1659 (p. 437'), (
Le jour de la dédicace de la nouvelle église maitre autel, Tévèque de Rosea consacra ein l'intérieur de l'édifice, cinq différents autels, en de S. Sébastien, de la Sle-Trinité, de Ste-Gatl SS. Grépin et Grépinien, et de S. Antoine (p. 3 date postérieure (27 août 1672), on trouve encoi
*) Foruier (I, 77) semble vouloir faire dériver co noir Guilone^ N.-D. du Guil, mais ce u'ost pas démontré.
des autels de la Ste Trinité, de S. Crépin, de Ste Catherine et S. Jacques, et, de plus, de Ste-Barbe. D*ailleurs l'autel de N.-D. de Pitié devra être démoli (p. 333). Ces autels divers, qui portaient souvent les noms des confréries mentionnées plus haut, étaient ordinairement entretenus par chacune d'elles.
Durant les guerres de religion (1563-98), qui furent si funestes au diocèse de Gap*), les églises de TEmbrunais n'eurent pas trop à souffrir des dévastations des Réformés. L'archevêque Guillaume d'Avançon (1558-1600) veillait alors sur son diocèse. Après la prise d'Embriiu par Lesdiguières (1585), sans doute la vieille église métropolitaine fut pillée et profanée, mais non démolie*). Une première tentative, faite par Lesdiguières, en juillet 1586, pour s'emparer de Guillestre, échoua complètement; celle qu'il fît, en sept. 1587, fut en partie couronnée de succès, bien qu'il fût repoussé du château de l'archevêque'); mais, nulle part, il n*est dit que Téglise de Guillestre ait souffert de dégâts à cette occasion.
Au cours des siècles suivants, les archevêques visitèrent souvent Guillestre et son église. Ils prescrivirent diverses réparations et de nombreux embellissements, dont les documents ont gardé le souvenir. Des travaux, assez fréquents, furent exécutés dans le chœur, et toujours aux frais des décimateurs. Kn 1724, une nouvelle fenêtre fut ouverte vers le couchant (p. 203). De 1727 à 1730, François ei Claude-Franc. Seautier, de Fauciguy en Savoie, firent 173 pieds carrés de pavage dans le sanctuaire, « en carreaux posés en lausahge », moyennant 32 sols le pied, ce qui, daprès le rapport d'Antoine Philip, entrepreneur des fortifications d'Kmbrun, et de Clnude Vuagnaty architecte à Mont-Dauphin, entraîna une dépense de 1.180 1. (p 333'). A la même époque les frères J.-B. et Castro (sic) Contin firent la « grande
>) Sur près de 100 églises qui exii^taient alors daus ce diocèse, c'esil à peine s'il on resta debout 3 ou 4 (nôrie G. 779, 016, 1778, etc.). «) Foraier, 11, 570 et suiv. Cf. 602-603.
*) Cf., ci-dessus, p. 57.
vilre » du fond du chœur (ib.). D'après une ordonnance du 2 juin 1714,1e maitre-autel, qui était précédemment au fond du chœur, devait être changé « au milieu du presbi (p. 333'); mais il ne fut refait qu'en 1728; la piei marbre rose qui y fut placée fut payée, à Seautier, (ib.). D'autres restaurations furent faites à cet au
Vers la même époque, la sacristie fut refaite en c des anciens remparts, à côté du chœur, et dans lep gement de la petite nef de Tégiise, conformémen plans et devis dressés, en 1719, par le « s' d'Eyglii génieur » à Mont-Dauphin (p. 333). En 1719, la g'ran de Téglise fut entièrement pavée (p. 198). En diverses constructions ou boutiques qui masquai devant de l'église furent démolies (p. 205). En 17i arrêt du Conseil impose, sur la communauté, une s de 2.700 1., pour réparer l'église, et cette impositi approuvée par l'intendant du Dauphiné, de La Poi 362'). Les réparations sont exécutées en 1753 (p. 22 1759, réglise est entièrement blanchie (p. 74 et 2c 17 juin 1788, J.-B. Ricard, m« serrurier d'Embrun^ gtyge à faire « une balustrade en fer pour Tapui d( munion », de 4 loises 1/2 de long, au prix de 50 1. h (p. 265').
Sous la Révolution, en l'an 2, Téglise de Guillesl convertie en magasin de liquides, vinaigres et ea vie, pour l'armée (p. 275'). Elle fut dépouillée d argenterie, de ses linges et de ses cloches, sauf u des a signes extérieurs du fanatisme » existant « tour du ci-devant temple » (p. 276).
Nous déplorons surtout la perte de la « croix en j doré, que l'ancienne tradition apprend avoir app; autrefois aux cy-devaut Templiers; elle étoit coi de 325 fleurs de lis, et, l'ayant fait briser, elle a doi quantité de dix marcs deux onces » (p. 276*). Cette ne semble pas mentionnée dans l'inventaire du tré
*) ËQviron 2 kilos 600 grammes,
réglise de Guillestre dressé le !«' juil. 1458 (p. 358-9), bien qu'il signale duas cruces magnas tncbras (p. 359) ; mais elle figure dans l'inventaire des « meubles et joieaux » du 16 avril 1649, qui ajoute quelques traits à la description précédente. Nous croyons devoir reproduire ci-après, en entier, ce document, à cause de son réel intérêt. La « grande crois d'argent fleurdalizée, aïaul une grande poume au pié et unze petites poumes d'argent surdaurées », se conservait alors « au-dessoubz l'autel St-Antoiue ».
II. — « Invantaire des ineubles et joieaux aparlenantz à f église pan^ochète du Lieu de Guillestre », le 16 avril 1649.
L'an mil six centz quarante neuf et le sezîeme jour dir mois d'apvril, advand midy, au lieu de Guilhestre et dans réglise perroclièle, par-devant moy Flielip Grévolin, not« roïal et procureur de lad® église, et en présence des tesmoings bas només, a compareu messire Pierre Bérard, prebtre et jadis curé dud. lieu, curé à présent du Puy- St-Pierre en Briansonois, lequel, aïant la présance de sieurs Gaspard Robert et Honnoré Marlin, conseulz modernes dud. Guilhestre, s*". Jean Devilla, m« Barlhél. Brun et aullres particuliers dud. lieU; leur a remonsiré, qu*en calité de curé dud. Guilh% il a lieu et a emcor à son povoir les meubles et joieaulx apartenaniz à l'église dud. Guilli®, desquelz il désire s'en descliarger et iceulx remettre emtre les mains et au povoir desd. sieurs conseulz. alandu qu'il désire et est pressé de soy retirer aud. lieu de St-Pierre, priant lesd. sieurs conseulz voloir iceulx faire invanlorier et eu faire charger tèles personnes qu'ilz adviseront. Ht, à l'instant, en présance de messire Claude Telmon, prehlre et curé dud. Guilhestre, led. messire Bérard a prodhuit et fait voir le St-Siboire d'aigent surdauré, avec sa garniture pour porter le St-Sacrement, et, à rinslant, remis dans le tabernacle; a fait voir trois napes sur le grand autel, un tapis de cateluce rouge et
blue, qualtre chandeliers loiton, coslé (liid. autel avec leur cadre.
De là sommes enlrés à la sacn au dernier du grand autel, où y coffre de bois blanc fermant à cl treuvé un calice quy a la coupe i vre surdauré, la patène d'araiu s d'estain, avec sa patène estaiu patènes toile fine, une patène < deux corporaliers rouges; sept leurs ; une chesuble bleue de sali et isabèle mi-eusé de camelot; eusé; qualtre misailz, y en aïen Te ygiteurs; six napes mi-eus<^s:
cuir dauré neufz et un vieux, et aultre de camelot vert, aultre de presque neufz; un paresol rouge satin bleu ramage pour faire une aubes de toile grossière, mi-cus fine mi-eusé; deux roquetz mi-< avoit une crois de letton servant
Dans l'armoire qu'est au-desso y avons Ireuvé une grande cro aïant une grande poume au pië d'argent surdaurées ; une bancin pour tenir l'eau baptismale ; un < rouge garny de galon d'argent ; de filet en resoir; un de resoy de de tafetas bleu ou izabèle; deux avec de franges ; deux pères bui pour la grande crois ; une bandi de Nostre-Dame, garny de dan ou masapan. dans laquèley a de et de bouquelz artificielz, pour | aultre boite ronde y a un grand son verre devant ; le molle des h
*) Disque, ordiiiaircrnciit en cire, p pascal, bëiiit par lo Pape lous los 7 uns ( 1882, p. 11).
De là soumes emtrés à la sacrestie, et y avons treuvé un garde-robe, h deux armoires, daus lequel y avons treuvé: une chape; une chasuble; deux diacres, estole et manipoulz, de satin bleu, à demy usôs ; trois am[i|z de satin bleu ramage, neufz ; aultre cliesubie satin bleu, amit et estole, neuf; une chape et une chesuble satin rouge ramage, neufve, son estole et manipoul; un tapis de satin bleu et bandé de noir pour la ch[è]re ; deux diacres de satin bleu, demy usés, et unde cateluce vert et blanc; une chape, deux chesubles, estoles et amilz de satin blanc remagés, neufz; une chape, chesuble et diacres noirs, de peu de valeur; un devant d'autel de camelot ramaja ; deux chesubles verdes de salin ou lafetas, fort uzées; une chesuble de camelot ramaja de rouge et bleu, à demy uzée; huit napes pour l'autel, de toile grosière, demy uzées ; une nape pour l'autel de la Trinita ; deux napes pour le paupilre; ung reliquère fermant à clef, dans lequel y a deux petilz cofres, avec leur clef, où sont les saintes reliques de divers sainiz*), et son voile de satin vert; wn A[g]nus Dey, acès grand, d'argent surdauré, dans une bource. Au mesme reliquaire, quattre cuissins rouges et bleus de cateluce; deux cuissins de rasoy ; un tableau vieux du grand autel; un devant d'autel de cateluce, blue, vert et rouge, demi uzé; trois aultres napes; deux aubes de toile prime, neufves; un emsensoir neuf et un rompu de letton ; un grand verroulh de fer pour fermer les fonlz baptismales, avec son lapis de toile, garni de franges ; le livre des baptistères, mariages et mortuères, leneu par led. sieur Bérard, curé*).
Toulz lesquelz meubles sont esté remis par led. sieur Hérard aux dilz sieurs consulz. Et, à l'instant, en présance dud. sieur Bérard,lesd. sieurs conseulz les ont remis aud. sieur Claude Telmon, curé, quy s*en est chargé et promis en randre compte aux conseulz et communauté dud. Guilhestre, en estant requis de leur part.
«) Cf. l'iovenlaire du !•' juil. 1158 (p. 358'). • * Voir p. 363 et suiv.
Du despuis, a esté dil emtre les parties qu'il, sieur Bérard, demeure bien deschargé des dilz joieaulx et mubles ; lesquelz seront remis es mains et au povoir de tèles persones qui seront només par lesd. sieurs conseulz et conseilh et led. sieur Telmon deschargé d'iceulx» quoy que soit dit sy dessus d*en estre chargé.
P. BÉRARD ; C Telmon, prebtre et curé de Guilhestre ; RouuERT ; H. Martin ; J. Devilla ; Bomany-, présent. Et moy not. roïal dud. Guilhestre, requis, soussigné.
Grévolin, notaire.
Minutes da not. Philippe Crevoliu (aux Arch. dép. des Haules-AIpe.«, E. 96, ^» 207 v».210 v).