‹ Guillestre et ses environs: aperçu historiqueChapitre 47 sur 68 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Lgrieulliire. — Canaux d^arrosage» digues.

- Intempéries. — II. Commerce. — Foires ^t marché. — III. Industrie. — Moulins»

^"ours. — l^a Fusine. — Le marbre de Guilestre.

agriculture, de tout temps, a été Toccupation princides habitants de Guillestre. Ce fait explique Torigine nombreux groupements de maisons agricoles, que rencontre sur le territoire de Quillestre et dont Lstence date probablement de l'époque gallo-romaine, sont historiquement connus sous les noms de : Villaf a Veteri; Villare ou Villarium; Villaretum, elc ; ^-Vieille, Viula Vitale du testament d'Abbon (739), illa-Veieri, 1469 (p. 445); — Ville-Neuve. 1392 (p. 13), I (p. 130); — Basse et Haute- Ville, 1698 (p. 151', 172); /'iLLAR-RoBERT, 1365 (p. 293'); in Villario Roberlo, ) (p. 445') ; — Le Villar, in Villario, idem ; — Le .ARET, in VMlareto, 1630 (p. 133), 1671 (p. 149'), etc. tes ces dénominations se rapportent à des centres ploitation agricoles plus ou moins prospères. 3S l'époque romaine, dans le territoire de Quillestre^ ultivait le froment, le seigle {annona)^ Torge, l'avoine, haricots, les pois, les lentilles, les raves, les navets, ognons, les choux. La vigne y prospérait sur tous coteaux ensoleillés de Gaboyer, de La Rochette, de Lonjagne) de Chagne, du riou Monarès et jusque î la plaine de Barben ou du Plan-de-Fazy, Une litude d'arbres fruitiers, pommiers, poiriers, pruniers, cotiers, sorbiers,... produisaient des fruits exquis, très beaux noyers fournissaient en abondance une B recherchée pour l'alimentation et pour l*éclairage.

Le chanvre était cultivé sur d*assez grandes étendues de terrain, surtout le long de Rie château de l'archevêque, qui, de ( gardé le nom de Chenebier ou Che a presque complètement disparu de ; De belles prairies naturelles ou a les plateaux de La Chalp et de de Rioubel et de ChagnCy les pentes chaque année, fournissaient un foi servait à la nourriture de toute sort mulets, ânes; bœufs, vaches, veau agneaux; chèvres et menons (boi viande alimentait les boucheries de ( la nourriture des habitants.

Canaux d'arrosa

La nécessité de combattre la na du sol amena de bonne heure les des canaux d'arrosage. Il est que:

dans la charte communale de 13^ de 1469 et dans nombre d'autres anciens canaux paraissent être cei Lonjagnia, de super et subius beù dastre, f» 307 v«), ceux de Rabious, 1629 (p. 121), des Chanals, 1671 (p.

(p. 151). La plupart d'entre eux exi largement utilisés de nos jours.

On dériva, d'abord, leau de ce torrent de Rioubel; plus tard, on eaux du torrent de Chagne et Ton ci au-dessus du pont de Panacelle, ( ce nouveau canal, en 1774 (p. 79). D( furent exécutés dans ce but au cana 49 et 1854-62'). Ils ne produisirent

*) Àrch, des Hautes- Alpes, série S 5. — G'< travaux que la Nécropole de Panacelle fut

appréciables. Et c'est ce qui, postérieurement, a déterminé la commune de Guilleslro à aller chercher, à une grande dislance, les eaux du torrent de Ceillac et à construire le canal actuel ou Canal Salva, qui parait donner salisfaclion aux besoins agricoles des habitants. T^r^'^nuemment, surtout au printemps, lors de la fonte [ges, les anciens canaux d'arrosage étaient plus ns délérioriés ; souvent, aussi, ils étaient remplis viers par les pluies torrentielles, en 1772, par e (p. 248). De là des dépenses d'entretien, dont contre fréquemment des traces, en 1740 (p. 216'J, \ (p. 222'), en 1755 (p. 228'), etc. Le devis dressé, ît. 1757, par l'ingénieur Bédanne pour un aqueduc )r sur deux voûtes, « pour le canal qui arrose 3ure partie du territoire » de Guillestre, est de (p. 258'). En 1771, deux arcades en maçonnerie au s Crozes s*écroulent en partie. L'année suivante un oc atelier de charité » est installé sur le paru canal de La Chalp-Dessus. Il utilise 423 journées le, à 10 sols par jour; 194 journées de femme fant, à 6 s., et 98 journées de maçon, à 35 s. Total, 5 s. (p. 249'). En 1774, un nouvel atelier de charité ibli pour réparer les canaux (p. 251). D'autres ions ont lieu le 26 juin 1782 (p. 2d0).

irveillance et la bonne répartition des eaux des d'arrosage était confiées à un ou plusieurs garppelés préiers en 1630 (p. 112'), priers en 1687 et prayers en 1728 (p. 60).

GONSTRUdTION DE DIGUES.

ravaux accomplis contre les torrents de Rioubel, l^ne, du Monarès, de Pals ne semblent pas avoir été bien considérables, et ils n'ont pas laissé de

Trasseirients entrepris pour élablir le canal de Ghagne. Peu tdrrent emporta la plupaii des matériaux extraits de la I, et aujourd'hui, il est assez difQcUe de se rendre compte it de son étendue.

Provence, de Languedoc et des autres provinces du Royaume »^).

De plus, le lundi de chaque semaine, il y a à Guillestre un gros marché, très fréquenté par les populations de toutes les vallées du Briançonuais, du Queyras, de la vallée de Barcellonnetle, de TEmbrunais, du Gapençais, du Champsaur. Ce marché se tenait anciennement, près du château de Tarchevèque. Guillaume de Mandagot, vers 1299 ou mieux en 1296, en autorisa le transfert dans l'intérieur de Guillestre, où il permit de construire une halle de 18 cannes de long sur 7 cannes de large (p. 4*). C'est dans la maison du marché que, dès 1329, Ton conservait les étalons des mesures et des poids qui servaient à la vente en détail des denrées et autres marchandises. Après avoir été vérifiées avec soin, toutes les mesures en usage devaient être marquées aux armes de l'archevêque d'Embrun et des consuls de Guillestre, les étalons étaient eux-mêmes enfermés dans un grand coffre fermé à deux clefs, dont une déposée entre les mains du baile archiépiscopal et Tautre, entre celles des consuls de Guillestre*).

Les foires de Guillestre, nundinas de Guillestra, ainsi qu'on les appelle le 17 févr. 1336 (p. 30r-8), duraient ordinairement trois jours, et même plus, jusqu^à 8 jours. 11 s'y faisait un commerce très considérable de bestiaux : chevaux et mulets, bœufs et vaches, moutons et brebis, etc. Le tarif des droits de leyde et de gabelle de 1536, à percevoir lors de ces foires, est particulièrement instructif et permet de se rendre compte de la nature des marchandises exposées en vente : grains, fers, sel, toiles, draps, cordes, quincaillerie de toute sorte (p. 349'-350;.

Pour le bétail, les foires se tenaient plus spécialement

— 'bs prés et dans les champs du quartier de Ste-Cathe-

et autour des remparts ou barris de Guillestre. Pour

bbé Albert, Hist, du dioc. d'Embrun, t. I. 1783, p. 148-149. barte communale de Guillestre de 1329, n* 25. La pierre de mcm marbre rose, mentionnée précédemment (p. xcii), datait très ïlemeut de cette époque*

les grains, les articles d vente se faisait sur la pi de Guillestre).

Les officiers Ve Tarcli aux foires de Guillestre séance tenante toutes le les acheteurs et les vem d'héberger les officiers rédima, de cette obligal 1614, moyennant 1.200 1

AU XV^ siècle, un coi brun et Guillestre à pro; Une ordonnance du goi Lyon le 5 sept. 1473, avî Embrun, au détriment d morial », tenait une des région précisément à Briançonnais, du Queyr pour Guillestre (p. 410).

!«' sept. 1475, Guillestn de son antique foire de 1

L'archevêque Antoin nouvelle foire (probabl était franche et où Ton i de gabelle. Elle durait i Guillestre, par rarchev( niers actes de souveraij d'Embrun, aient accomj Suivant le curé Albert *] d'après le père Fornier elle serait de 1539.

D'après l'enquête fait Callignon au sujet des brun, on peut juger de de S. Pons et de S. Luc

') Hist. du dioc, d'Embrui *) Hist, génér. des Alpes, 1

la dernière reprinse des armes en France, en ce pays, estoient belles, grosses et grandes, et de grand' desduite de toutes sortes de marchandises, où il y abordoit grand' quantité de marchants de Daulphin6, Provance, Piedmont et Terre-Neuve », etc. (p. 318).

Fréquemment, à cause des foires de Guillestre et afin d'éviter des désordres, les troupes de passage, au lieu de faire étape à Guillestre, allaient loger ailleurs, ordinairement à St-Grépin. Ainsi, le 20 avril 1638 (p. 134), le 7 mai 1649 (p. 138'), etc.

Lorsque la foire de S. Pons coïncidait avec les trois jours des Rogations, l'administra tion diocésaine accordait la ce dispense de la chair » ou de la viande ; c'est ce qui eut lieu en 1649 (p. 138) et en 1680 (p. 158).

Il arrivait quelquefois que des maladies épidémiques ou contagieuses décimaient les bestiaux de diverses régions. On ne manquait pas, dans ces circonstances, de prendre à Guillestre des précautions. Le 2 févr. 1736, le subdélégué Fantin des Odoards défend d'amener, à la foire de Guillestre, des bètes à corne de Piémont, où sévit l'épidémie (p. 105-6). Le 3 mai 1758, on place des gardes aux ponts de Ste-Marie ou Pont Rouge sous Mont-Dauphin, au Sijyioust e\k Chagne, afin- d'empêcher l'arrivée des bestiaux du Briançonnais,où une maladie contagieuse régnait parmi les bètes à corne (p. 231 *).

Les mesures de précaution ou de surveillance contre les voleurs n'étaient pas négligées. Le 12 juil. 1732, le vibailli Silvestre signale la présence de deux voleurs à la dernière foire de Guillestre (p. 210'). Le 3 juil. 1764, le subdélégué Fantin invite les habitants à se précautionner

*) Les bestiaux, à GuiUestre, étaient parfois atteints de maladies euses. En 1732, le consul Laurans demande à Tarchevéque iser le curé de Guillestre à « donner la bénédiction aux bestiaux jet de la malladie qu'ils avoient à la langue i> (p. 209'). Même ) en en 1758, a attendu la maladie des Dettes à corne » (p. 231), ne violente épizootie fit périr, en l'an 8, quantité de bœufs et les (p. 286, Arch. des Hautes- Alpes, M 13. n<» 18).

contre la bande de m sidérables à Césanne En 1778, les foires naient pas à jour fi:

TEmbrunois, Brianç( lonnette, Provence, Juifs et autres étra soient tenues à l'avei d'octobre (p. 80). Cet

En 1804, outre k S. Luc, de La Tousss existante en 1649 (V( la première fois la fc à quelle date cette fo

Les revenus de la nement à Guillestre i produisent, en 1662, offrit, pour la foire d écus (p. 438). En 173i Pons furent de 106 1 (p. 214').

Me

L'industrie n'a ja Gomme en beaucoup trouvait à Guillestn de nombreux mouli l'archevêque d'Embr

Ce moulin était s loin du château arc talent le long de Rioi en avait également s chemin de Risoul, et Rioubel et de Ghagn(

*) Fornier, Hist. génér.

net, à cause de la construction, à une date postérieure, de diverses fabriques de fer et de drap. Déjà nous avons dit (p. XLVii, n<> 6) que Guillaume Bérard, le 18 sept. 1737, fit bâtir au Martinet une petite chapelle en Thonneur de St Martin, qui existe encore.

L'archevêque possédait également à Guillestre des fours, auxquels les habitants étaient tenus de faire cuire leur pain. Ces derniers, suivant acte du 24 oct. 1332, payaient aux fourniers un pain sur 30 (p. 4'). Mais, le 17 août 1364, l'archevêque Bertrand de Ghâteauneuf abandonna aux habitants ses droits de fournage, moyennant une pension annuelle et perpétuelle de 20 florins d'or fin (p. 5). Dès lors, celte pension fut exactement payée à Tarchevèque jusqu'à la Révolution, ainsi que le constatent de nombreux documents. Le « Grand fourt » fut construit en juin 1675 (p. 154). Son toit fut refait en nov. 1698 (p. 173'). En 1766, les frères Bérard s'engagent à construire deux nouveaux fours, à condition qu'on leur donnera le vieux, situé à « la Ville-Vieille », où on ne peut accéder l'hiver <c sans risquer de faire chulte et perdre les pattes » (p. 76). On décide alors de « placer le four banal de la communauté à l'emplacement qui se trouve dans le valla (fossé) de la ville, auprès du mur du rampart tenant au cimetière, près la porte de Barcelonnette », etc. (ib.).

Un martinet ou fabrique de faux existait le 23 juil. 1685 sur la rive droite de Rioubel, non loin de l'église de Guillestre. Cette usine, avec « canaux et bélière », quatre grosses mailles, enclumes, a trois dames où sont attachées lesd. enclumes », « 6 paires de tenailles, 2 marteaux de main et 1 masse », fut alors affermée par m* Pierre Jacques, fils de feu Pierre, de Guillestre, agissant à son nom et à celui de ses beaux-frères Charles et André Vinay, à « m« Nicolas Demontans, du lieu de Taringe (Taninge) en Faussiny en Savoye, maistre faiseur de dailles », pour six ans, au prix de 33 1. par an*).

*) Miaules de J.-B. Albert, not. de Guillestre, n« 4, f« 121-2 (aux arcb. des Htcs-Alpos).

La fusine de la Gomb

Plus anciennement, des fusii pour Texploitalion du fer, avaie Combe du Queyras. On les y trou tées en 1408'), elles furent réo:

probablement sans grand succès Baile accorda la fusine de la Gom de Ghâleau-Dauphin (voir ci-des 1645, des offres sont faites à la co « touchant la fabrique du fer dam (p. 16'). Le nom de la Fusine e pont de La Fuzino, le 22 février encore le 6 sept. 1700 (p. 177).

Le marbre de Gi

Une industrie très ancienne e ou marbre de Guillestre, dont du pays ont été ornés, en part chapelles. On sait que Téglise de ( en grande partie construite avec ( carrière ont été tirés les matériai truire les ponts de Ste-Marie sur Tancien pont de St-Glément, les de Mont-Dauphin, etc., et, de no qui ont servi à édifier la splen et les soubassements du Musée d<

Rappelons encore que les bo portés par radeaux sur la Dui Toulon, ont été employés dans au XVIIP siècle (p. 135' et suiv.).

*) Voy. Bull.. soc. (Vétud. des Htes-Alj.

«) Inv. des Arch. de VIsère, B. 3718, n

Les eaux thermales du Plan-de-Fazy.

Une autre source de profits, mais peu productive jusqu'ici, pourra provenir de l'exploitation des eaux thermales du Plan-de-Fazy. Ces eaux, utilisées dans la région, jouissaient déjà d'une certaine vogue au XVIPsiècle. Qu'il suffise, pour le démontrer, de rappeler la cuee faite aux bains du Plan-de-Fazy par le marquis d'Herville, gouverneur de Pignerol, la marquise sa femme et leur suite. Au XVIII» siècle, les militaires des garnisons de Mont-Dauphin, d'Embrun, de Briançon et de Tournoux, fréquenement les bains du Plan-de-Fazy (H.suppl. 210). chirurgien-major de l'hôpital de Mont-Dauphin, e des eaux du Plan-de-Fazy et son travail fut is le Jouirai de Médecine et de Chirurgie de 1783-84. Les médecins Nicolas et Fodéré en itres. En 1806, le D"" Farnaud,' médecin de la tntrale d'Embrun, composa, à la demande du oucette, un long Mé7noire qui a été cité dans des Hautes-Alpes (éd. de 1848, p. 175 et 710). ment actuel, construit en 1824, aux frais du nt des Hautes-Alpes, a coûté de 18 à 20.000 fr. sèment a été cédé gratuitement par le départeîommune de Guillestre le 28 août 1845, mais à intretien*).

is Htes-Alpes, K, 35 ; M 6, 39 et 50.

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