‹ Guingamp (volume 2)Chapitre 15 sur 39 · ET DES CHOSES REMARQUABLES ENSUITE · texte numérisé non relu

ET DES CHOSES REMARQUABLES ENSUITE

En Tan 1233, le 4 octobre, jour de saint François , les Frères-Mineurs Gordelliers arrivèrent à Guingamp , et la même année y furent établis en leur emplacement , donné par illustre prince Guy de Bretagne , comte de Penthièvre et cadet du duc Jean IIIe ; et mourut icelui Guy , en l'an 1330, après madame Jeanne d'Avaugour , sa compagne , qui mourut Tan 1227 , le 28 août, et fut la dite Dame enterrée au dit couvent, en habit de S te Glaire, l'un et l'autre dans leur tombeau , dans le chœur de l'église.

Ce même Guy fit, par sa diligence et ses soins, canoniser saint Yves, patron des Bretons, qui prit l'habit du Tiers- Ordre de S. François au dit couvent de Guingamp , peu d'années avant son trépas.

L'an 1319, le 23 janvier, Louis d'Avaugour, évêque de Saint-Brieuc, mourut et fut enterré dans l'église des Frères- Mineurs de Guingamp , proche le sépulcre de madame Jeanne d'Avaugour ; il donna entr'autres choses deux mitres, dont Tune est en broderie d'or et d'argent d'une assez notable valeur.

En l'an 1328, illustre dame Marie de Beaumont, dame

d'Avaugour, fut enterrée au dit couvent, en habit de Ste

Glaire.

On

On répond ici à ceux qui disent que ce sont les seigneurs d'Avaugour qui sont fondateurs du couvent des Frères- Mineurs de Guingamp , que la conséquence qu'ils tirent des illustres d'Avaugour, n'est qu'à cause de Jeanne d'Avaugour, femme de Guy de Bretagne , qui avait eu Guingamp du duc Jean III , soit en partage ou échange pour le pays de Limousin, et ainsi ils se trompent, puisque le couvent était sur les terres de Guy, cadet, comme dit est , du duc de Bretagne ; et, en effet, les ducs sont toujours dits fondateurs par succession ou autrement.

Et de vrai , en l'an 1362, Charles de Blois , duc de Bretagne , fait défense aux Frères-Mineurs de Guingamp de permettre aucun enterrement dans le chœur de leur église, à la réserve des fondateurs , parce que lui et madame la duchesse sa femme font élection de leur sépulture au dit Couvent; ce qu'ils n'auraient, ce semble, fait si ce avaient été les seigneurs d'Avaugour qui auraient donné le fonds du dit couvent.

En l'an 4364, le 29 septembre , le duc Charles de Blois mourut à la bataille qu'il eut à Auray, avec Jean de Montfort (ils prétendaient tous deux le duché de Bretagne), et il fut enterré au dit Couvent , dans le tombeau de Guy ; les reliques du quel Charles et son cœur furent enchâssés en un carré de plomb , qui sont à présent à Notre-Dame de Grâces , et ont toujours été en grande vénération et le tient-on pour saint. Et, en effet, à la recommandation de Charles VI, roi de France, sous le pontificat d'Urbain V, on travailla à sa canonisation , qui fut cessée par la mort du dit Urbain. Albert-le-Grand, Jacobin, en fait mention dans la légende des Saints de Bretagne. Ce môme Charles donna de rente annuelle, par fondation, au dit Couvent, soixante livres monnaie, qui étaient beaucoup en ce temps-là.

L'an 1384 mourut madame la duchesse femme du duc Charles, et fut enterrée au dit Couvent, en la même voûte.

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L'an 4403, illustre prince Jean de Bretagne, premier né du dit Charles de Blois , comte de Penthièvre , fut enterré dans la même voûte du dit Charles, son père.

L'an 1565, illustre prince Jean de Bretagne, duc d'Estampes, gouverneur de Bretagne, mourut et fut enterré au dit Couvent, en la voûte du dit Charles.

L'an 1401 , révérend père en Dieu monseigneur Pierre Morel, évêque de Tréguier, lequel fit de grands biens au dit Couvent; il dressa la bibliothèque, il fonda une chapellenie dans l'église principale de la ville de Guingamp , et en donna la présentation au gardien du dit Couvent , quel droit on a fait perdre depuis les dix ans. (I).

Le seigneur comte de Laval, une des signalées maisons de Bretagne , donna de rente , au dit Couvent, il y, a plus de 150 ans, comme le pense, par acte, un tonneau de froment valant 32 boisseaux, chaque boisseau valant un écu. C'est aujourd'hui monseigneur De Guémené qui paie.

L'an 1444 mourut noble chevalier Sylvestre , seigneur de Langarzou , et fut enterré au dit Couvent , auquel il donna, de fondation perpétuelle, trois tonneaux froment par an , qui ont été , par des peu affectionnés à l'Ordre , changés en deux cents livres par an ; il y a le tiers de perte.

L'an 1521 , mourut noble seigneur Yves de Boscerff , seigneur du dit lieu et du Bois de La Boche ; il fut enterré au dit Couvent, en habit de S. François. Il donna à perpétuité, de fondation, 36 boisseaux froment, qui valaient 36 écus. C'est à présent monseigneur le marquis du Liscoët qui est chef de cette fondation et fort affectionné aux religieux du dit Couvent.

L'an 1431 , noble chevalier Jean, vicomte de Pommerit, mourut en l'habit de S. François et fut enterré au dit Couvent, après y avoir fait de grands biens.

(i) Le litre même de cette chapellerie existe , et prouve que les religieux élevaient ici une prétention lout-à-fait erronnée.

L'an 4422, Allain Kerpuns, seigneur baron de Crapado, mourut au dit Couvent, en habit de S. François , et y fut enterré, après y avoir demeuré deux ans.

L'an 1490, Louis-Pierre Henry, seigneur du Runiou, etc., donna de rente de fondation un tonneau froment au Couvent de Saint-François de Guingamp, où il fut enterré.

L'an 1543, écuyer Jean Rolland et demoiselle Marie Fougue firent fondation à perpétuité , au Couvent des Frères- Mineurs de Guingamp, de 30 boisseaux froment par an.

Il y a, au dit Couvent, une bulle de Sixte IV, d'heureuse mémoire , qui , confirmant celle de Martin V, donna pouvoir aux religieux de l'observance de recevoir, au nom de l'Eglise Romaine , toutes les choses offertes ou données par testament ou autrement, à perpétuité ou pour un temps, et ordonne un syndic qui les pourra recevoir et même demander en jugement, en cas de refus des héritiers du testateur ; la dite bulle datée du jour de devant les calendes de mars de l'an 1471, le premier an de son pontificat.

Ii y a aussi plusieurs autres bulles données en faveur du dit Couvent, qui était fort chéri des ducs; entr'autres, du bienheureux Charles de Blois, comme on voit par la bulle qu'il obtint du pape Clément VI , en l'an 1345, par laquelle les religieux du dit Couvent sont dispensés de l'étroite pauvreté, et leur donne pouvoir de posséder en commun, avec défense d'aliéner aucune chose du monde, des dons de ses prédécesseurs , de lui , de sa femme ni de ses défunts , à peine d'excommunication : donné à Avignon, le 9 des calendes de mars , l'an 3 de son pontificat. Cette même bulle fut confirmée par Urbain V, à Viterbe , le 6 des calendes de septembre, l'an 7 de son pontificat.

Les personnes de ce temps qui disent avoir vu le Couvent des Frères-Mineurs de Guingamp debout, disent que ce pouvait être un des plus beaux de l'ordre , et il est fort croyable qu'il était beau, puisque plusieurs ducs dcBre-

tagne et quantité de personnes illustres y ont été enterrés.

En Fan 1581 , très-haute et puissante dame Marie de Bauquaire , dame de Martigues , duchesse douairière de Penthièvre, veuve de très-haut, puissant et illustre prince Bastien de Luxembourg, duc de Penthièvre, pair de France, prince de Martigues, etc., après la mort de son prince et époux , non moins touchée de piété que de la recommandation de son dit époux, fit deux fondations au dit Couvent, Tune pour satisfaire à la volonté de son dit époux, l'autre pour elle (on appelle ces fondations, les fondations de Monsieur et de Madame), et pour fonds d'icelles, donna trois mille livres, qui produisent aujourd'hui quelques huit vingts livres de rente.

La piété de ma dite dame n'a pas été bornée par ce seul bienfait , non plus que celle de Madame Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre, douairière de Mercœur, princesse de Martigues, veuve de très-haut et illustre prince monseigneur Philippe-Emmanuel de Lorraine, vivant duc des dits duchés , prince du Saint-Empire et du dit Martigues, etc.; car, par l'incursion des diverses guerres civiles avec les ennemis de l'Eglise Romaine en l'an 1591, le Couvent de Saint-François de Guingamp et celui de Saint-Dominique ayant été ras^s rez de terre, messire René Chomar, prêtre doyen de Notre-Dame-de-Grâces, éloigné d'un mille de la ville de Guingamp, s'étant démis en faveur des religieux du dit Couvent de Saint-François entre les mains de mes dites dames , leurs altesses firent don du dit doyenné aux dits religieux, en l'an 160o, avec des sentiments aussi bien de leur très-grande pitié que piété vers les dits religieux, leur faisant don; voici leurs termes : « La chapelle de Notre-Dame-de-Grâces, avec les logis, édifices, cours, jardin, fruits et revenus qui en dépendent, et tous les droits qui nous appartiennent en icelle , à cause de la fondation qu'en ont fait nos prédécesseurs , seigneurs du dit Guin-

garnp , et de nos autres droits entiers seigneuriaux et ducaux. )> Ce sont les termes de mes dites dames. Cette chapelle est médiocrement grande , bâtie en pierres de taille , avec une tour et pyramide au-dessus de pareille étoffe ; tour de plus de 50 à 60 brasses de haut , avec des garides fort adroitement travaillées , icelle tour garnie de quatre grosses cloches qui font une sonnerie qu'on peut appeler une des plus belles de l'Ordre, aussi bien que la plus belle tour : on ne saurait aujourd'hui bâtir une pareille avec l'église et fondre de pareilles cloches , pour 80 à 100 mille livres.

Les ornements , tant de la dite chapelle que de l'ancien Couvent, se peuvent dire des plus beaux de la Province.

ïl y a simplement cinq calices, dont l'un est d'une fort notable grandeur , les autres médiocres. Les prêtres de l'église principale de Guingamp prétendent un calice de notable grandeur et valeur , qui leur fut baillé à garder pendant les troubles de la guerre, lors de la démolition de l'autre Couvent, par un doyen de Nolre-Dame-de-Grâces; il y a en écriture sous la patte d'icelui : Notre-Dame-de- Grâces. Il y a plusieurs autres argenteries , comme reliquaires garnis de reliques de plusieurs saints qui sont présents des ducs, bénitiers, aspersoir, encensoir, navette, cuillère , pax tecum , deux croix , l'une plus grande qu'on porte en procession , qui était autrefois garnie de pierreries à l'estime de plus de mille écus ; il va encore une autre d'assez belle grandeur, et plusieurs autres moindres qu'on peut estimer 3 à 400 livres ; l'autre moindre, et que porte l'hebdomadier en procession, est de pareille étoffe d'argent, dorée et enrichie de deux morceaux assez notables de la vraie croix de Notre-Seigneur; il y a aussi deux custodes, Tune dans le sacraire où est le Saint-Sacrement , l'autre dans le coffre où est le trésor, en soleil pour exposer le Saint- Sacrement, et l'une et l'autre d'assez notable grandeur.

Il y a dans le sacraire un morceau du bois de la couronne de Notre-Seigneur, de la longueur de deux doigts presque. Le peuple a tellement expérimenté la vertu de cette sacrée relique dans l'infirmité de la vue, que même beaucoup qui ne voyaient presque point, après qu'on leur a mis cette relique sur la prunelle de l'œil (chose tout-à-fait remarquable qu'on n'y peut souffrir un fétu ; cette relique n'y fait aucune douleur), ils en ont reçu incontinent guérison, et l'on vient de plus de 50 lieues rendre dévotion à cette sacrée relique et à la Vierge , l'image de laquelle est une des bien faites du monde , et en sa peinture et en sa sculpture.

Ce lieu de Notre-Dame-de-Grâces est en fort grande vénération pour les miracles qui y ont été faits par les mérites et les intercessions de la sacrée Vierge^ lesquels à la vérité on a été peu soigneux de mettre en lumière, soit par négligence , ou plutôt par une raison qui n'est pas moins coupable, qui est d'appréhender que le peuple ne croie que ce soit plutôt pour tirer'de l'argent de leur offrande que pour publier les dits miracles à l'exaltation du Saint Nom de Dieu et des mérites de la sacrée Vierge. Mais, en effet, tous ceux qui se sont voués à Notre-Dame-de-Grâces dans leurs périls, tant sur mer que sur terre, ont été soulagés et préservés ; comme on peut prouver par l'accident qui arriva dans la maison de monsieur Desvilliers, de la ville de Guingamp , le grenier duquel effondrant , les grains tombant avec le plancher, couvrirent son fils aîné étant dans le berceau, sans lui faire aucun mal, son père et sa mère l'ayant voué à Notre-Dame-de-Grâces; ils sont tous vivants. Et par l'accident qui arriva à un marchand vivant de Bordeaux , lequel tombant en une extrémité de maladie, jusqu'à avoir perdu la parole et le mouvement de tous ses sens , ayant invoqué Notre-Dame-de-Grâces, revint incontinent en une si parfaite santé qu'il fut jamais. Il vint quelques semaines après Pâques dernier rendre ses vœux.

Il se fait assemblée à la dite Chapelle le jour de l'Assomption de Notre-Dame, qu'on appelle ici jour du pardon de la dite église de Notre-Dame-de-Grâces, où il se trouve environ quinze ou vingt mille personnes. Il y a ce jour-lâ indulgence plénière pour sept ans, qui ont commencé en

La situation du lieu du Couvent de Notre-Dame-de- Grâces est parfaitement belle et agréable , avec un enclos proportionné en grandeur à la beauté du lieu, qui est à la vérité plus agréable en son aspect qu'en ses richesses , car il n'est que de trois cent livres de revenu , qui consiste en terres, dixmes, et quelque peu de bois taillis. Les offrandes ou casuel pouvant valoir quatre à cinq cents livres. Le revenu assuré , tant de l'ancien que nouveau Couvent de Notre-Dame-de-Grâces, vaut 4,200 livres, sans comprendre le casuel.

11 y a deux grands corps de logis bien bâtis , logement du doyen, dont l'un sert pour loger les hôtes, avec deux volières garnies de quelques cents couples de pigeons de fuye.

On a acquis plusieurs terres pour rendre l'enclos plus parfait, qui contient de muraille quelques trois mille toises dans son circuit.

Notre Saint-Père le Pape, Paul V, donna bulle en faveur des religieux de Saint-François de Guingamp , pour posséder la chapelle de Notre-Dame-de-Grâces avec tous les fruits et revenus et tout ce qui en dépend , conformément au don que mesdames les duchesses en firent aux dits religieux. La dite bulle est datée du 6 novembre l'an 1605 , l'an premier de son pontificat.

Il s'est fait une seule fondation au dit Couvent de Notre- Dame-de-Grâces , par messire Ollivier Perrot, prêtre, depuis que les dits religieux y sont, de la valeur de 40 livres de revenu annuel.

En l'an 1633, l'onzième avril, fut posé la première pierre

d'un corps de logis contenant en longueur 50 à 60 pieds , dans lequel il y a une cuisine, la dépense ensuite, le réfectoire après et une chambre d'hôte ; le tout, bout à bout, et au-dessus est le dortoir, où il y a seize chambres égales et deux plus petites , les toutes suffisantes pour loger ce que le Couvent peut porter de religieux (vu la cherté des ouvriers à présent), et à côté de ce corps de logis un cloître; les dites chambres du dortoir meublées de chaslits , paillasses, et couvertures et matelas en quelques-unes. Ce corps de logis a été commencé et fini par les soins et la diligence du R. P. F. Guillaume Le Court, gardien , qui mourut par une mauvaise récompense de ses travaux , six mois après avoir logé ses religieux et soi-même dans le dortoir neuf (4).

Ce fut le R. P. F. Pierre Rissit, profès du dit ancien Couvent , qui fut cause du bâtiment de la Chapelle Notre-Damede-Grâces , et le sollicita autant par sa piété et bon exemple et par la dévotion qu'il portait à la Vierge, que par ses autres soins et instructions pour l'entreprise du dit bâtiment. Il mourut le 12 février 1517.

Le R. P. F. Jean Lacheptier fut le premier gardien de Notre-Dame-de-Grâces , homme de très-grande probité , comme le témoignent les anciens de ce temps qui l'ont connu ; et après lui, le R. P. Rroussaye , docteur de Paris, qui a grandement travaillé au bien de cette maison , tant par sa bonne vie et bon exemple , que par les soins temporels qu'il a apportés pour l'avancement du Couvent.

L'ancien obituaire fut brûlé dans le jardin du vieux Couvent, ou autrement perdu (ainsi que beaucoup d'autres titres, par la perte desquels les Frères souffrent aujourd'huy), de sorte que l'on ne peut pas cotter ici les personnes il-

(]) Dom Guillaume Le Court fut assa.ssiné par deux de ses moines : îl y a sur cet événement un guerz , publié par M. A. Desjar», dan» Y Annuaire des Coles-du-Nord de i85i.

lustres qui ont paru dans le dit Couvent en piété et en doctrine ; il est pourtant très-certain qu'il a été presque toujours gouverné par des personnes signalées comme docteurs de Paris et autres facultés , et il est d'autant plus croyable, qu'il est vrai que les ducs ont toujours fort chéri et ont eu un soin fort particulier du dit Couvent.

Dans les archives, sont les actes concernant les fondations ci-dessus , savoir :

La fondation de Charles de Blois.

La fondation de monsieur et madame de Martigues.

La fondation de monsieur le prince de Guémené.

La fondation de monsieur le marquis Dossivat, sur Langarzou.

La fondation de monsieur le marquis du Liscouët , sur le Bois de La Roche.

La fondation de monsieur de Keranroux, aujourd'huy de Essac, sur le Runiou.

La fondation de Kergoffiou.

La fondation de dom Ollivier Perrot, prêtre, et plusieurs autres petites fondations faites au dit ancien Couvent, plus tous les actes concernant les rentes de la chapelle de Notre- Dame-de-Gràces. Tous lesquels actes ci-dessus, et enfin tous les actes du dit Couvent, sont spécifiés dans l'inventaire qui en a été fait et commencé, le dernier jour de septembre 4636, par les soins et diligence du R. P. F. Guillaume Le Court, et fini le 31 décembre de l'an 1636.

Quant à la bibliothèque , il y a quelques neuf cents tomes de livres, les uns in-folio, les autres in-quarto et in-octavo, entre lesquels sont parties des Pères et autres auteurs divers et aussi d'autres humanités, tous lesquels livres ne sont pas encore en ordre , pour le peu de temps qu'il y a qu'ils sont dans la bibliothèque neuve.

On a oublié à mettre en son lieu les miracles arrivés dans la paroisse de Goudelin , dans laquelle il y avait une peste

générale, de laquelle mourut plus de 150 personnes, laquelle cessa incontinent après qu'ils eurent rendus leurs vœux en procession en la dite église de Notre-Dame-de- Grâces , et depuis les sept à huit ans en ça.

Nous soussignés , supérieur et religieux du Couvent de Notre-Dame-de-Grâces, certifions que le tout ci-dessus a été recueilli dans les Mémoires et Archives du Couvent, en ce qui concerne les antiquités; et, quant aux miracles qui sont arrivés, sur la relation de ceux mômes à qui ils sont arrivés.

Ce jour 3 mars 1647.

Signé : Huet et autres.

(Pris sur une ancienne copie.)

No 6.

Addition au Chapitre X du Livre I.

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