TOM
4o6 LÉHÉMAN,
sans réussir à le sauver..;, daignez donc m^écouter
tranquillement.
LEHEMAK.
Parlez, parlez ; j ^écoute tr^quillement.
JQRNÊB.
J'ai bien pensé que vous ne vous éloigneriez 4es lieux où Ton retient Fédéric qu'à la dernière êxtrérnité , et tout en admirant vos généreux motifs, j'ai voulu cependant prendre toutesles mesures nécessaires pour que vous ne fussiez pas la victime dé votre attachement pour lui. .
Qu'avez you^ fait pour cela?
JORNER.
"^ Une heure m'a suffi. Je savais que c'était ici que l'on devait, vous conduire , que la tour où Fédéric feèrait renfermé, était le seul lieu où Ton pût mettre sûrement un prisonnier , que lorsqu'une fois vous y seriez entré , toute communication avec le château vous serait rijgoureusement interdite... c'est là-dessus que j'ai réglé toutes mes démarches. Trop heureux si votre éloignement les eût rendues inutiles!
Voyons, voyôrfs, ce que fbtre zèle a imaginé pour me servir.
JCKRNEEi
D'abord , Sorb^ , mon camarade , conunande la patrouille qui fera la ronde cette nuit.
., . • - , . • .N , LEHEMAK» - •' • •
i, . 3orbac ! /un, bri^vei hoip0»e ! bi«n ! bien !
OPÉRA-GOMIQUE. 407
JOli^NER.
Comme la tour est environnée de fosses très profonds, ainsi que vous pouvez le voir...
LEHÉIEAN»
Je le sais , je le sais !
Mon frère , ouvrier attaché au château , touché de mes prières , sachant que je vous dois la vie , connaissant une issue qui , des fossés , conduit dans la foret , a consenti de placer cette nuit une échelle contre le mur.
LEHEMAN.
Une échelle , cette nuit ! à merveille !
JORNER.
De mon côté, chaifgé de visiter l'intérieur de la tour, j'ai disposé les barreaux de cette fenêtre, de manière qu'avec de légersefforts^vouspourrez...
LEHEMAN.
Les barreaux ne tiennent pas... continuez.
JORNER.
Lors donc qu'on aura battu la retraite et que la grosse cloche aura tinté...
LEHEMAN.
Trois fois, je m'en souviens^
JORNER.
La patrouille se mettra en marche selon Tusage, et pour que Sorbac puisse la conduire du côté opposé à celui ou l'échelle sera placée...
LEHEMAN. <:(wOK"'N„
Que faudrà-t-il faire alors ?
4o8 LÉHÉMAN,
JORKER.
Vous aurez soin de souffler la lampe qui sera sur la table.
JUËHEMAN.
La lampe qui sera sur la table ?
JORNBR.
C'est très essentiel , car sians cela >la patrouille pourrait se trouver en bas au moment où vous descendriez , et malgré toute la bonne volonté de Sorbac , elle ne manquerait pas de vous arrêter-
LEHEMAN.
J^entends.
JORNER.
Et puis ... faut-il vous le dire ?
LEHEMAN.
Oui, dites tout... tout !..
C'est aussi Tinstant fatal où Ton entrera chez le prince... on a pense que lorsqu'il serait plonge dans son premier sommeil, la mort serait moins affreuse pour lui.
LEHEMAN , avec .un soupir désespéré.
Dieux ! mais , mon ami , si Fédéric profitait?...
JORNER.
C'est impossible!
LEHEMAN.
Impossible ,- tu dis, et pourquoi ?.... pourquoi donc cela est-il impossible ?
JORNER.
Les deux soldats qui seront en faction, déjà trompes par moi , consentent bien à laisser fuir un
OPÉ R A- COM lOUE. 4^09
vieillard , qu'ils regardent sans conséquence. Mais si Fédéric, ce prisonnier si important, tentait de le suivre , si deux personnes , enfin , cherchaient à s'évader...
LEHEMAN.
Si deux personnes?...
Comme il y va de leur vie ^ ils tireraient sur toutes deux sans pitié ; par ce bruit , ils jetteraient Tal arme dans toute la garnison , vous seriez perdus y vous , le prince , mon frère , moi et tous ceux qui ont voulu vous servir.
LEHEMAN.
Je vois..* que Ton a pris toutes les précautions pour que moi seul je puisse m'évader.
JORNER.
J'ai fait tout ce que j'ai pu...
LEfiEMAN*
Et moi , je ferai... je ferai aussi tout ce que je dois : mais résumons... après la retraite et le son de la cloche...
JORNER.
Il faut partir... mais n'oubliez pas avant d'éteindre la lampe.
LEHEMAN.
Oui , parce que si je ne Téteignaîs pas?
La patrouille resterait alors de ce côté , et vous verrait descendre»
LEHEMAN.
Mais aussi les assassins...
/MO LÉHÉMAN,
JORKER.
Entreraient toujours : c'est à neuf heures que le courrier doit repartir pour porter à Léopold la nouvelle de la mort de Fédéric.
LKHÉMAN.
A neuf heures !... et il en est à présent ?
JORNER.
Huit. . . passées.
LEHEMÂN.
Huit passées ! courons , mon cher Jomer , un ami à revoir , un malheureux à consoler !... ( A part) à sauver Y j'espère! (Haut.) Ah! nous n^avons pas un instant à perdre...
( Us rentrent dans la tour. )