D£LY
N'en doute pas; tu portes dans tous mes sens,,, mais achève , Gulnare , j'aime encore mieux éprouver ton pouvoir que de le peindre.
SEID, bas y et frappant sur Fépaule d*Osmiii.
Mahomet! quelle différence! comn^e nous la vendrons bien !
OSMIN , désolé , à part , et^ se reculant.
Quel horrible tourment !
GULNARE , à Dély.
Je vais te faire entendre un de ces instrument dont l'Europe a enrichi nos climats.
SEID
Bon ! ( Il frappe dans ses mains , on apporte un pSano et uqe
harpe, )
GULNARE
Mes doigts peu exercés ne répondront peutêtre pas au d&ir que j'ai de te intenter ; mais
j^essayerai au moins ; on profite de tous les avan? tages quand on a besoin de plaire • . •
Et tu es bien sûre d ^ réussir.
GULNA&E.
En vérité , Dély , je Tespère.
OSMIN , bas.
£11^ publie déjà te malheureux Osmin.
( Guinare va pour se mettre au piano.) DELY y à Seid.
Ne chante-t-elle pas ?
SEID, à Dély.
Sans doute. ( A Guinare , bas. ) Il désire TOUS entendre chanter ; la harpe , si vous m^en croyez ; une tête avantageusement placée , le bras qui s arrondi , la main qui se développe ^ les doigts qui se promènent , un bout du pied , un aperçu de la jambe!... la harpe, vous dis-je... il n'y tiendra pas. ( A Dély. ) Elle va pincer de la harpe. ( A Osmin. ) Et vous , au lieu de soupirer, accompagnex-la sur
cet instrument ; (il lui met dans les mains une the'ort>e.) cela
fait contenance«M te dos tourné... position qui vous sert ; elle en sera plus libre , et vous plujs triste ! . . . jimoroso...jCtsX votre genre... piano ^ si vous vantez tes écouter, et forte ^ quand il ne faudra plus les entendre.
GUPïARE , te mettant à la barpe.
Jç crains d'abuser. . •
DÉLY.
Me croirais-tu asses( malheureux pour tti en^ nuy er des tsdens ?
io GULNARE,
GULNARE
Vous êtes grand,- Seigneur!. . .
DELY.
Je ne crois pas t'en avoir fait apercevoir.
GULNARE
Oh ! non... pardonne.
DÉLY.
Chante donc. ( Gulfiare chante. )
ROMANCE-
Rien , tendre amour , ne résiste à tes armes , Pour mieux tromper, tu les ornes de fleurs.
Mais quand je veux ne chanter que tes charmes ;, Amour! pourquoi fais-tu couler mes pleurs? {bk.)
Un jour voyant mon amant dans la peine , Croyant son CŒiir irrité contre moi...
, Ma main cherchant à rencontrer la sienne, Semblait lui dire : ami, console-loi. {bis.)
Mais c'est en vain!... le cruel la retire ,
Par son mépris , il accrott ma douUar ,
Ma voix gémit... mon cœur J>at et soupire ,
Il n'entend plus , ni ma voix , ni mon cœur, {bis.)
OSMTS , malgré lui , bas , s'oubliant.
Gulnare!
SEU) , vite y bas, et hii replaçant .le théorhe dans les mains. Osmin
accompagne arec Tair troublé.
Que faites-vous ?
GULNARE
Bientftt le temps k l'ingrat vient apprendre Combien son doute avait dû m'outrager ; Il avait tort... je n'en fus que plus tendre , Car, c'est ainsi qu'amour sait se venger! {bis.) -
OPÉRA-COMIQUE. ^i
DIÉLY.
Charmante !
OSMIN, bas.
Cruelle !
DÉLY.
Mes transports... mes désirs... je ne puis les cacher.
GULNARE
Tu m'encourages, Dély, j^aime la louange, et surtout dans ta bouche... Je n'ai point voulu borner mes talens à ceux que tu viens de voir , plusieurs danses me sont familières ; si cela pouvait
t' amuser...
néiiY.
Le ciel t'a accordé pour plaire des ressources bien plus puissantes : Tesprit et le sentiment ! Ah ! Gulnare !... j'ai trouvé dans ma vie tant de femmes qui savaient danser , et si peu qui sussent sentir !
Je ne tWfrais que pour... Ciel! c'est encore Ibrahim.