‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 18 sur 203 · D£LY · texte numérisé non relu

D£LY

N'en doute pas; tu portes dans tous mes sens,,, mais achève , Gulnare , j'aime encore mieux éprouver ton pouvoir que de le peindre.

SEID, bas y et frappant sur Fépaule d*Osmiii.

Mahomet! quelle différence! comn^e nous la vendrons bien !

OSMIN , désolé , à part , et^ se reculant.

Quel horrible tourment !

GULNARE , à Dély.

Je vais te faire entendre un de ces instrument dont l'Europe a enrichi nos climats.

SEID

Bon ! ( Il frappe dans ses mains , on apporte un pSano et uqe

harpe, )

GULNARE

Mes doigts peu exercés ne répondront peutêtre pas au d&ir que j'ai de te intenter ; mais

j^essayerai au moins ; on profite de tous les avan? tages quand on a besoin de plaire • . •

Et tu es bien sûre d ^ réussir.

GULNA&E.

En vérité , Dély , je Tespère.

OSMIN , bas.

£11^ publie déjà te malheureux Osmin.

( Guinare va pour se mettre au piano.) DELY y à Seid.

Ne chante-t-elle pas ?

SEID, à Dély.

Sans doute. ( A Guinare , bas. ) Il désire TOUS entendre chanter ; la harpe , si vous m^en croyez ; une tête avantageusement placée , le bras qui s arrondi , la main qui se développe ^ les doigts qui se promènent , un bout du pied , un aperçu de la jambe!... la harpe, vous dis-je... il n'y tiendra pas. ( A Dély. ) Elle va pincer de la harpe. ( A Osmin. ) Et vous , au lieu de soupirer, accompagnex-la sur

cet instrument ; (il lui met dans les mains une the'ort>e.) cela

fait contenance«M te dos tourné... position qui vous sert ; elle en sera plus libre , et vous plujs triste ! . . . jimoroso...jCtsX votre genre... piano ^ si vous vantez tes écouter, et forte ^ quand il ne faudra plus les entendre.

GUPïARE , te mettant à la barpe.

Jç crains d'abuser. . •

DÉLY.

Me croirais-tu asses( malheureux pour tti en^ nuy er des tsdens ?

io GULNARE,

GULNARE

Vous êtes grand,- Seigneur!. . .

DELY.

Je ne crois pas t'en avoir fait apercevoir.

GULNARE

Oh ! non... pardonne.

DÉLY.

Chante donc. ( Gulfiare chante. )

ROMANCE-

Rien , tendre amour , ne résiste à tes armes , Pour mieux tromper, tu les ornes de fleurs.

Mais quand je veux ne chanter que tes charmes ;, Amour! pourquoi fais-tu couler mes pleurs? {bk.)

Un jour voyant mon amant dans la peine , Croyant son CŒiir irrité contre moi...

, Ma main cherchant à rencontrer la sienne, Semblait lui dire : ami, console-loi. {bis.)

Mais c'est en vain!... le cruel la retire ,

Par son mépris , il accrott ma douUar ,

Ma voix gémit... mon cœur J>at et soupire ,

Il n'entend plus , ni ma voix , ni mon cœur, {bis.)

OSMTS , malgré lui , bas , s'oubliant.

Gulnare!

SEU) , vite y bas, et hii replaçant .le théorhe dans les mains. Osmin

accompagne arec Tair troublé.

Que faites-vous ?

GULNARE

Bientftt le temps k l'ingrat vient apprendre Combien son doute avait dû m'outrager ; Il avait tort... je n'en fus que plus tendre , Car, c'est ainsi qu'amour sait se venger! {bis.) -

OPÉRA-COMIQUE. ^i

DIÉLY.

Charmante !

OSMIN, bas.

Cruelle !

DÉLY.

Mes transports... mes désirs... je ne puis les cacher.

GULNARE

Tu m'encourages, Dély, j^aime la louange, et surtout dans ta bouche... Je n'ai point voulu borner mes talens à ceux que tu viens de voir , plusieurs danses me sont familières ; si cela pouvait

t' amuser...

néiiY.

Le ciel t'a accordé pour plaire des ressources bien plus puissantes : Tesprit et le sentiment ! Ah ! Gulnare !... j'ai trouvé dans ma vie tant de femmes qui savaient danser , et si peu qui sussent sentir !

Je ne tWfrais que pour... Ciel! c'est encore Ibrahim.

Page 1