‹ Gustave Flaubert, avec des fragments inéditsChapitre 10 sur 63 · Cf. Balzac, la Cousine Bette · texte numérisé non relu

Cf. Balzac, la Cousine Bette

scrupules. A raisonner ainsi sur l'art, à s'y attarder, ne risque-t-on pas de tomber dans une creuse scolastique? Sous prétexte d'obliger l'artiste à étudier le réel selon la méthode la plus précise, ne va-t-on pas, à force de subtilités théoriques, le détourner de cette réalité même? Les vrais maîtres n'ont pas été si malins. « VArt doit être bonhomme^, » S'il est une imitation de la nature, il doit en avoir la simplicité, en même temps que la profondeur : « Les très belles œuvres sont sereines d'aspect et incompréhensibles... Elles sont immobiles comme des falaises, houleuses comme rOcéan, pleines de frondaisons, de verdures et de murmures comme des bois, tristes comme le désert, bleues comme le ciel. Homère, Rabelais, Mi chel-Ang-e, Shakespeare, Goethe m'apparaissenti^ipitoyables. Cela est sans fond, infini, multiple. Par de petites ouvertures, on aperçoit des précipices. Il y a du noir, en bas, du vertige, — et cependant, quelque chose de singulièrement doux plane sur l'ensemble... Et c'est calme ! c'est calme ! Et c'est fort î Ça a des fanons comme le bœuf de Leconte de Lisle ^.. » Qu'on presse un peu Flaubert, et il dé-

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