Correspondance, I»"' série, p
-\ Id,, I" série, p. 10 J.
en retrouver « ce qu'elle a de chaud » et de vivant. Il ne voit pas l'antiquité avec les yeux des anciens. Ce serait tomber sûrement dans le pastiche et dans le conventionnel que de leur emprunter leur forme d'art : « La forme antique est insuffisante » pour nous, hommes du xix® siècle. Notre pensée et notre âme se sont modifiées depuis Homère, notre œil a d'autres exigences que celui de Phidias. Restons donc ce que nous sommes, si nous voulons être sincères et originaux, ne pas nous exposer à décalquer les poncifs antiques ^ Voyons l'antiquité comme nous voyons la réalité d'aujourd'hui. En d'autre termes, appliquons k l'antiquité « les procédés du roman moderne ».
Mais, parce que Flaubert se représente le monde antique comme la manifestation la plus magnifique de la vie, il est amené à l'étudier dans ses époques les plus intenses, les plus turbulentes, les plus mêlées. Chocs de peuples, grouillements cosmopolites, c'est cela qui l'attire dans l'histoire de Rome et de la Grèce. Il les aime surtout lorsqu'elles sont contaminées par l'Orient. Carthage, Alexandrie,
1. C'est pourtant ce qu'ont fait la plupart de nos écrivains depuis Fénelon et André Ghénier jusqu'à Leconte de Lisle et à ses imitateurs contemporains.