‹ Gustave Flaubert, avec des fragments inéditsChapitre 32 sur 63 · Correspondance, IIIc série, p · texte numérisé non relu

Correspondance, IIIc série, p

conte; il « représente » tout simplement. Il est, suivant l'expression de Schopenhauer, le « pur sujet connaissant », le miroir prodigieusement vaste et limpide, qui reflète un mirage antique.

Mais le « sujet connaissant » qui reflète le spectacle de l'univers voit toutes choses dans un éternel présent. Et ainsi, pour lui, tous les faits qui composent l'histoire universelle se présentent sur le même plan. Tout lui est égal : un événement d'hier et une catastrophe contemporaine des guerres puniques ou des Pharaons de Memphis. 11 voit les sacriflces humains] de Moloch du même œil que les comices agricoles dTonville, et la procession des filles deTanit comme le cortège d'une mariée de village.

On saisit tout de suite la différence qu'il y a entre cette méthode et la tournure d'esprit des écrivains romantiques, prédécesseurs de Flaubert. Pour ceux-ci, en effet, l'histoire, bien loin d'être toujours vivante, était une chose morte et qui, même, ne les intéressait que parce qu'elle était morte, parce qu'elle offrait des personnages, des costumes, des spectacles, un art qu'on ne reverrait plus. Ils l'abordaient avec un sentiment de curiosité, qui primait tout le reste : c'était le rare,

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