‹ Gustave Flaubert, avec des fragments inéditsChapitre 37 sur 63 · Correspondance, t. I, p. 1d · texte numérisé non relu

Correspondance, t. I, p. 1d

LA iMORALE ET LA POLITIQUE DE FLAUBERT 183

on giisse insensiblement au charlatanisme. Ici encore Flaubert ne sépare point la morale de l'esthétique. En art aussi, il faut « cacher sa vie ». Le grand art est impersonnel.

Avec une morale aussi haute et une nature aussi foncièrement bonne, faut-il s'étonner outre mesure que Flaubert ait pris dans la vie l'attitude que l'on sait? En toute connaissance de cause, il a voulu absolument être le contraire d'un homme d'action *. Il a sans cesse professé que l'artiste doit se tenir à l'écart de la politique, dans un isolement superbe, au-dessus des autres hommes. Il a été un des premiers à prêcher « la tour d'ivoire^ ». Il a mis enfin à défendre cette attitude qu'il s'était composée une outrance si paradoxale que beaucoup de braves gens s'en sont scandalisés.

Cependant bien des raisons l'excusent : d'abord ce qu'on pourrait appeler l'inclémence des temps.

1. Il faut prendre le mot dans toute son acception. Flaubert avait même horreur du mouvement à un point maladif. Il restait des heures entières à sa table de travail dans une immobilité presque effrayante. (Cf. Journal des Goncouvt, II, p. 456.) Cette horreur du mouvement lui était venue après les premiers accès de sa maladie nerveuse.

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