Correspondance, t. IV, p
rer contre son cœur K » Son ardente sympathie lui embellissait toutes choses, jusqu'à sa Normandie que, dans ses heures moroses, il affectait de dénigrer. Il en a célébré les moindres villages ^. Il chérissait son vieux Rouen, il l'a décrit non seulement avec une patience et une sagacité d'antiquaire (voir la description de la cathédrale dans Madame Bovanj), mais avec uii accent de dévotion, où se mêlent la reconnaissance du gastronome et l'orgueil patriotique. Et voilà comment cet homme, qui n'admettait d'autre idéal que celui de la Justice et de la Beauté, qui aurait voulu vivre à mille lieues de ses semblables et qui enviait la solitude du Bédouin sous sa tente, s'est trouvé lié à un coin de terre par des souvenirs et des affections de toute espèce, — et cela au point de n'en pouvoir plus bouger. Son imagination folle a beau l'emporter vers des rêves de voyages impossibles, il a beau se monter la tête dans son cabinet de Croisset, — c'est son Croisset qu'il aime. Sa maîtresse ellemême ne parvient pas à l'en faire sortir.
Voilà sans doute bien des correctifs à la hautaine, à r inhumaine théorie qu'il professait. Comme