Cf. Journal des Goncourt, III, p
et des tripoteurs, mais ils seront incapables d'édifier une de ces fortunes colossales dont se joue l'audace des aventuriers américains ; ils perpétreront bien mille petites vilenies, mais ils ne commettront jamais « un beau crime ». Aussi quelle chose amorphe, quel gâchis que la vie qu'ils mènent ! Voici l'un d'eux, M, Dambreuse, banquier et titré, mais cachant sa noblesse par courtisanerie démocratique. Il meurt tout à coup, rongé par une foule d'ambitions mesquines, déçu par la Révolution de Février qui a réduit à néant ses petits calculs, trompé par la politique comme par sa femme et obligé de compter avec un nouveau régime qui va naître. Il meurt et tout le monde s'effare de constater le peu de place qu'il tenait : « Elle était finie cette existence pleine d'agitations î Combien n'avait-il pas fait de courses dans les bureaux, aligné de chiffres, tripoté d'affaires, entendu de rapports ! Que de boniments, de sourires, de courbettes ! Car il avait acclamé Napoléon, les Cosaques,, Louis XYIII, 1830, les ouvriers, tous les régimes, chérissant le Pouvoir d'un tel amour qu'il aurait j)aijé pour se vendre... K »