‹ Gustave Flaubert, avec des fragments inéditsChapitre 51 sur 63 · L'Éducation sentimentale, p. 461. — Noter que le bour · texte numérisé non relu

L'Éducation sentimentale, p. 461. — Noter que le bour

A côté du bourgeois homme d'affaires et politicien, il y a aussi le bourgeois instruit et sentimental, — autre variété que Flaubert ne déteste pas moins vigoureusement et qui se reconnaît encore à la mollesse du caractère, à l'indécision de la volonté. Celui-là c'est le dilettante, le bibeloteur, le monsieur qui a des désillusions, « qui se figurait Venise autrement qu'elle n'est», qui patauge dans la passion comme dans l'art et qui, par paresse. Unit par s'endormir dans un bien-être opaque, tout entier à de petites satisfactions de luxe, à de petits jeux de société, à de petites émotions anodines fabriquées par des romanciers ou des poètes à sa ressemblance. C'est Léon, le clerc de notaire, Frédéric Moreau, Emma Bovary.

« Voilà — concluait Flaubert, — voilà la race commune des gens (jui sont à la tèlc de la société. Dans quel gâchis nous pataugeons ! quel niveau ! quelle anarchie ! La médiocrité se couvre d'intelligence. Il y a des recettes pour tout, des mobiliers voulus et qui disent : « Mon maître aime les arts. Ici on a l'àme sensible. Vous êtes cliez un

peois dont il s'aj^it est un fils dégénéré des grands bourgeois de la Révolution et de l'Empire dont le César Birotteau de Balzac est le type.

homme grave ! » Et quels discours ! Quel langage î Quel commun ! Où aller vivre, miséricorde ! Saint Polycarpe avait coutume de répéter en se bouchant les oreilles et en s'enfuyant du lieu oii il était : « Dans quel siècle, mon Dieu, m'avez-vous fait naître ! » Je deviens comme saint Polycarpe *. » Il est à noter encore une fois que ce qui frappe Flaubert dans la vie des bourg-eois, c'en est le désordre. En homme qui ne sépare point la morale de Festhétique, il en est choqué comme d'une faute contre l'harmonie. Et pourtant ce sont ces hommes, qui passent pour des « hommes d'ordre ». Flaubert n'a pas assez d'invectives pour conspuer ce mensonge.

Aussi, avec quel entrain il flagelle les institutions bourgeoises ! Comme il démasque les nullités en costume de préfet, de diplomate, de ministre ! <( M. L... est conseiller municipal de Darnétal. Ici nous renonçons à peindre. Ses parents sont dans le ravissement. Je t'assure que, quand je pense à cela, je me sens emporté dans un océan de rêveries... ^ » Ce qu'il attaque ici, outre la sottise du personnage, c'est l'institution du suf-

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