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pos de ce dernier, une anecdote bien significative : « Un jour il était rentré complètement ivre. Mon oncle Faperçut assis, ou plutôt tombé sur une chaise, dans sa cuisine. 11 l'aida à gag-ner sa chambre et à s'étendre sur son lit. Narcisse alors, d'un air suppliant : « Ah ! Monsieur, mettez le comble à vos bontés, retirez-moi mes bottes ! » Et ce fut fait par le maître si indulgent. »
S'il n'est pas doux pour les démocrates, il ne Test pas davantage pour les conservateurs. Non seulement il les houspille dans sa Correspondance, mais il les ridiculise dans ses romans. On dirait qu'il s'y acharne. Le marquis de Yaubyessard, dans Madame Booary, le vicomte de Cisy, dans VÉducatlon sentimentale, le comte de Faverges, dans Bouvard et Pécuchet sont tout près d'être des grotesques. Ils peuvent fraterniser avec ceux du parti adverse, les Regimbard et les Senécal, — les « citoyens » piliers d'estaminets et les pions doctrinaires. Déjà dans Madame Bovary, Flaubert nous avait fait pressentir l'alliance du pharmacien Ilomais et du curé Bournisien.
Ils ont beau professer des doctrines contraires, conservateurs et démocrates sont une même race d'hommes aux yeux de Flaubert : ce sont des
bourgeois. lis sympathisent dans une lâcheté commune, dans une même impuissance d'agir. Us sont « ivres d'autorité », prêts à acclamer tout pouvoir fort qui se présente, et, pour sauver leurs rentes et leur tranquillité, prêts à toutes les compromissions. Chez les uns comme chez les autres, même désarroi intellectuel et moral, même incohérence. Par la faihlesse de leur volonté, par la nullité de leurs idées, ils sont au niveau de la populace. Ils ont ses plaisirs, ils hsent les mêmes journaux, ils se régalent de la même musique, ils ont la même crasse ignorance ^
Quand ils veulent agir, les conservateurs s'y prennent exactement de la même façon que les démocrates. Ils flattent la foule, quitte à l'asservir après. Comme leurs adversaires, c'est uniquement sur la foule qu'ils s'appuient. Le comte de Faverges, qui veut renverser la monarchie de Juillet, répand des hrochures. qui sont des appels au peuple et qui réclament énergiquement le suffrage universel -. Et ce conservateur est un partisan du comte de Chamhord.
Conservateurs et démocrates ont encore en