‹ Gustave, le mauvais sujetChapitre 12 sur 40 · MÉPRISE. — LA PATROUILLE. — LA PETITE BLANCHISSEUSE · texte numérisé non relu

MÉPRISE. — LA PATROUILLE. — LA PETITE BLANCHISSEUSE

— Voilà ce que c'est!. ..-se disait Gustave en descendant le faubourg Saint-Martin; je veux toujours agir sans réfléchir, et je fais sans cesse des sottises ! Avec un peu de réflexion, je ne serais point allé à cette noce, où j'étais fort déplacé, et alors je n'aurais pas mis en l'air le Boisseau-Fleuri!... madame Ratel ne m'aurait pas appris qu'elle pisse au lit quand elle boit de l'eau ; la petite veuve ne serait pas descendue au jardin, elle aurait dansé avec tout le monde; ce nigaud d'ébéniste ne se serait pas battu avec moi ; je n'aurais pas l'œil en compote et le nez enflé ; le marié ne serait pas allé chercher un chapeau dans le petit cabinet noir où sa chère moitié s'était enfermée avec cet imbécile qui aurait eu le temps de lui mettre et de lui ôter trois ou quatre fois ses jarretières; et la pauvre Lolotte ne se serait pas mis le derrière dans l'eau de puits, parce que le feu n'aurait pas consumé le devant... de sa chemise. Que diable allais-je faire dans cette galère !

Que dirait mon oncle s'il me trouvait sous ce costume... avec cette figure abîmée?... Diable! mais j'y songe... il est à peu près une heure du matin. Irai-je chez Olivier maintenant?... S'il ne fallait que m'exposer à ses sarcasmes, je serais le premier à rire avec lui de ma mésaventure ; mais il y a un portier dans sa maison... ce maudit portier dort maintenant... car ces gens-là font le désespoir des jeunes gens!... il faudra frapper, réveiller tout le monde. .. et être vu dans cet état... sale... crotté... ce diable d'ébéniste m'a jeté deux fois à terre... ce chapeau que j'ai pris sans voir clair n'a pas forme humaine,,, et mon nez!,,, mon oeil!... Pour qui me

prendra-t-on?... Je ne veux pas me montrer comme cela!... Il faut donc coucher dans la rue!... Maudite noce!... au diable la Villette, les mercières et les ébénistes !

Gustave était arrivé à la porte Saint-Martin : il restait là incertain s'il tournerait à droite ou à gauche, ou s'il n'avancerait pas du tout. Une idée se présente, elle le frappe, elle lui sourit; il se met à courir vers la rue Chariot.

On se rappelle ou on ne se rappelle pas une demoiselle Lise, blanchisseuse de fin, dont le colonel Moranval a parlé au commencement de cet ouvrage, et avec laquelle notre héros s'est enfui à seize ans de son collège pour aller se cacher dans une petite chambre, rue du Fauconnier. Le colonel avait rattrapé son neveu et reconduit mademoiselle Lise chez sa mère; mais comme on ne tient pas un jeune homme sans cesse renfermé, et qu'une petite blanchisseuse de fin doit aller porter le linge à ses pratiques, les jeunes gens s'étaient revus, d'abord trèsfréquemment et très-amoureusement ; puis moins souvent et avec moins d'ardeur. Gustave avait enfin négligé tout à tait la petite Lise, qui, de son côté, s'était consolée et avait bien tait.

Cependant on conserve de l'amitié pour un joli garçon qui, quoique volage, a toujours des manières aimables. On aime à revoir une jolie femme qui nous a fait connaître toutes les douceurs de l'amour et qui nous en inspire encore quand nous la rencontrons. Ce n'est plus, à la vérité, que le plaisir du moment que nous goûtons avec elle ; mais un moment de plaisir est quelque chose. Gustave et Lise se retrouvaient toujours avec amitié et se procuraient ensemble ces moments-là.

3» Quatre ans étaient écoulés depuis l'enlèvement de la petite, et il s'était passé bien des événements. La mère de la demoiselle était morte; celle-ci travaillait pour son compte ; elle avait pris sa chambre dans un autre quartier que celui où elle était née, parce que ses aventures

avec M* Gustave avaient fait beaucoup de bruit dans la rue Saint-Antoine, et que les commis du Petit- Saint- Antoine Se permettaient de ricaner lorsque la petite blanchisseuse passait devant le magasin. Mademoiselle Lise était désormais sa maîtresse ; elle voulait faire ce que bon lui semblait, mais elle ne voulait pas être en butte aux propos des mauvaises langues : elle alla donc louer une chambre dans la rue Chariot ; là elle était proche des petits spectacles, elle pouvait espérer la pratique de quelque acteur de l'Ambigu ou de la Gaîté, et cela pouvait lui procurer des billets (vous voyez que la demoiselle est prévoyante) ; du reste, elle était fort tranquille, et se conduisait aussi honnêtement que peut le faire une jeune fille qui gagne vingt sous par jour et veut porter des chapeaux. Gustave s'était rappelé Lise; elle lui avait donné son adresse à leur dernière rencontre, et le jeune homme savait que les petites ouvrières en chambre ne se logent jamais dans les maisons à portier.

Notre héros arpente les boulevards, il arrive rue Chariot; mais il a oublié le numéro : comment faire? parbleu ! frapper à toutes les allées : tant pis pour les personnes que cela dérangera dans leur sommeil et qui s'en trouveront mal ; tant pis pour les malades, pour ceux qui rêvent avoir ce qu'ils n'ont point; tant pis pour l'auteur qui rêve un succès, tant pis pour le rentier qui se voit devant une bonne table; tant pis pour l'amant qui obtient un aveu; tant pis pour le poëte qui se croit reçu à l'Académie ; tant pis pour la coquette qui désole vingt amants ; tant pis pour la vieille qui se croit rajeunie ; tant pis pour le joueur qui rêvait un quaterne à la loterie; tant pis pour le malheureux qui ne sait pas comment il donnera le lendemain du pain à ses enfants : tant mieux pour la femme qui est couchée avec celui qu'elle adore ; tant mieux pour celui dont le bonheur est pariait et à qui la réalité ne présente qu'un avenir couleur de rose ! Mais au total il y a plus de tant pis que de tant mieux.

-- Bon! voilà une allée... frappons... et frappons fort... On ouvre une fenêtre au second : une tête coiffée d'un bonnet de coton s'avance pour regarder dans la rue.

— Qui est là?... que demandez-vous?

— Youdriez-vous bien m* indiquer la demeure de mademoiselle Lise, blanchisseuse de fin?

— Que la peste vous étouffe , vous et votre blanchisseuse !... Vit-on jamais une chose pareille ! réveiller toute une maison à une heure du matin pour demander une adresse!...

— C'est une affaire pressée.

— Si la garde passait, je vous ferais arrêter...

— Vraiment!... et moi, si vous ne vous taisez pas, je vais jeter des pierres dans vos carreaux.

Le monsieur se retira, ferma sa fenêtre en envoyant de bon cœur Gustave au diable.

Notre héros, sans se décourager, avança une quinzaine de pas et frappa à une autre allée.

— Cette fois, dit-il, frappons avec plus de douceur: tâchons de ne réveiller les habitants que par degrés.

Il lâche légèrement le marteau d'une petite porte verte; on ouvre de suite une fenêtre au premier.

— Pour cette fois, dit Gustave, on ne dormait pas, ou l'on a le sommeil bien léger!... — Est-ce toi, mon ami? demande une jeune femme d'une petite voix douce. — Oh! oh!... encore une aventure... Allons, voyons ce que cela deviendra. Et notre étourdi répond un oui étouffé. — C'est bien mal de te faire attendre si longtemps!... tu sais bien que mon mari est de garde au Château-d'Eau... et qu'il ne quitterait pas son poste pour venir coucher avec sa femme... Attends... je vais te jeter le passe-partout, car je ne puis descendre, je suis en chemise.

La petite femme se retire de la fenêtre, et Gustave se gratte l'oreille, très-indécis sur ce qu'il doit faire. — Une petite femme dont la voix est très-douce, et qui vous attend chez elle au milieu de la nuit pendant que son mari fait sentinelle près du Chàteau-d'Èau, cela est

bien séduisant...; mais enfin ce n'est pas Gustave que cette dame attend, et lorsqu'elle s'apercevra de sa méprise, elle sera confuse, désolée; puis si l'ami vient après, comme c'est présumable, ce sera bien une autre affaire; il faudra encore se quereller, se battre, mettre une maison sens dessus dessous!... Non!... ce serait une folie, et décidément il ne faut pas accepter le passe-partout.

Tel est le résultat des réflexions de Gustave. Voilà, je pense, une conduite bien sage pour un jeune homme accusé d'être mauvais sujet; mais, entre nous, je crois que le petit amour-propre de notre héros fut en partie cause de cette belle résolution. Un jeune élégant ne se sent pas le courage de se montrer pour la première fois à une femme sous un costume qui ne lui va pas et avec un œil poché et un nez meurtri; la première impression pourrait ne pas lui être agréable, et quand on est habitué à faire des conquêtes, on ne s'expose pas volontairement à se faire rire au nez.

La petite dame reparaît à la fenêtre; elle noue un mouchoir après une clef, et va jeter le tout à Gustave, lorsque celui-ci fait entendre distinctement sa voix.

— Veuillez recevoir mes excuses, madame; mais je crois que nous nous trompons tous deux. — Grand Dieu !... ce n'est pas lui !... — De grâce, madame, ne vous éloignez pas sans ni' entendre... — Monsieur... vous allez croire des choses... c'est mon frère que j'attendais... et comme il est brouillé avec mon mari... voilà pourquoi j'avais choisi ce moment pour lui parler... — Madame, je ne doute pas de ce que vous venez de dire... vous pouvez d' ailleurs compter sur ma discrétion. . Vous voyez que j e mérite quelque confiance, puisque je n'aipas accepté le passepartout que vous alliez me jeter si je ne m'étais fait connaître. — Cela est vrai, monsieur... — Veuillez donc me dire si vous connaissez dans cette rue une jeune fille blanchisseuse de lin... — Une petite brune? !... — " Oui, madame. — Un peu marquée de la petite vérole ?... Justement. — C'est la petite Lise? — C'est cela même, ma-

SÔ il -TAVE

dame... Vous la connaisse?? —Oui, monsieur; je suis une

de ses pratiques... Ah! c'est-à-dire non, monsieur,

elle ne méconnaît pas... mais elle blanchil une de m<

amies.

— Bon, dit Gustave. La dame craint que je ne sache par Lise son nom et celui de son mari... Madame, pourriezvous me dire le numéro de sa maison.' c'esl elle que je cherche: j'ai quelque chose de três-pressé & lui apprendre. — Le numéro, je ne le sais pas. mais je puis vous indiquer la maison... Tenez, monsieur, à droite après la rue Sainte- Foi... Ah! ciel! une patrouille!... c'est mon mari!...

Ici la dame, qui s'était penchée pour désigner à Gustave la demeure de Lise, rentre précipitamment dans sa chambre, dont elle referme bien vite la fenêtre.

Gustave se retourne, il aperçoit en effet une patrouille de la garde nationale qui venait de détourner la rue Boucherat et marchait droit à lui. Un des soldats de la patrouille était le mari de la petite dame, et il avait prié son caporal de faire passer la ronde rue Chariot, parce qu'on est bien aise de pouvoir dire le lendemain à ses voisins : J'ai veillé cette nuit sur vous.

Mais le mari avait aperçu de loin sa femme à sa fenêtre causant avec un homme dont la tournure était suspecte; il quitte son rang et court à Gustave en criant : — A moi, caporal, alerte!

Gustave regardait venir la patrouille, incertain s'il l'attendrait : le mari le joint, le saisit au collet et lui ordonne de le suivre au corps de garde. Notre héros répond par un coup de poing qui renverse le pauvre homme sur une borne, puis il court vers l'autre bout de la rue. Le caporal ordonne à ses soldats de poursuivre le fuyard ; mais Gustave va plus vite que des gens qui ont fusil, sabre et giberne, et qui ne sont pas habitués à porter tout cela; il ne se soucie point d'ailleurs de finir la nuit au corps de garde. Il aperçoit sur son chemin une allée dont la porte n'est pas fermée; il entre, rejette la porte sur lui, et grimpe quatre à quatre un escalier tortueux qu'en plein

jour il n'eût pas monté sans regarder vingt fois à ses pieds. Pour échapper à la patrouille, il escaladerait les toits et marcherait sur les gouttières. Lorsque la tête est montée, on fait des choses que de sang-froid on n'oserait pas entreprendre.

Gustave s'arrête enfin... il était arrivé aux mansardes, et il fallait bien qu'il s'arrêtât : il n'y avait plus de marches à monter. Oùira-t-il?... il n'en sait rien lui-même. . . il pousse au hasard une porte devant lui : elle s'ouvre... et Gustave recule et s'éloigne, parce que, sans voir clair, il y a des endroits qu'on devine parfaitement.

La patrouille qui poursuivait Gustave avait remarqué la maison dans laquelle il s'était caché. Elle frappait à son tour à la porte de l'allée et sommait les habitants d'ouvrir et de leur livrer le coupable. Gustave entendait du sixième étage le bruit qu'on faisait dans la rue; il descend au cinquième, il va descendre encore pour parle menter à la porte de l'allée... une voix bien connue frappe son oreille.

— Ah ! mon Dieu ! quel bruit on fait cette nuit dans la rue !... il n'y a pas moyen de dormir !... — C'est elle ! dit notre héros, je suis sauvé !...

Il frappe à une porte du côté d'où partait la voix.

— Qui frappe?... — C'est moi, Lise... c'est Gustave... ouvre-moi vite... — Gustave!...

La petite blanchisseuse saute à bas de son lit et court ouvrir sa porte... Elle pousse un cri d'effroi en voyant le jeune homme, qu'elle ne reconnaît pas sous le costume qui le déguise. Celui-ci entre précipitamment, referme soigneusement la porte et se jette sur le lit de Lise en s'écriant : — Enfin me voilà sauvé!... Je brave ici le corps de garde, les maris et les patrouilles!...

Lise a pris sa lampe de nuit, qu'elle approche de la figure de Gustave. — Mais c'est vraiment lui !... Oui, parbleu! c'est moi... Au fait, je dois être bien tuéconnaissable au premier coup d'œil !... — Ah ! mon Dieu !... dans quel état !... un œil tout noir... le visage en sa nu •... et

ses habits !... Ah! quelle horreur!... pour un jeune homme comme il faut!... —Quand tu sauras tout ce qui m'est arrivé !... Mais tiens... les entends-tu frapper comme des sourds à la porte de l'allée ?... — C'est donc pour vous qu'on fait ce tapage-là ? — Oui, ma chère amie ; j'ai mis le désordre à la Villette, la jalousie dans le cœur d'un ira ivon ébéniste, le désespoir dans l'âme d'un nouveau marié et le feu à la chemise de sa femme !... — Ah ! mon Di< 'ii !... le mauvais sujet !...vous vous êtes donc battu'.'... — Oui : et tu vois que, quoique vainqueur, on peut être blessé... — Mais ces gens qui frappent à la porte... — Laissons-les frapper. — Que veulent-ils donc? — BTarrêter... c'est une ronde nocturne que j'ai mise aux abois, parce que... Ah ! à propos, dis-moi, connais-tu dans cette rue, à deux cents pas d'ici, une dame mariée qui demeure au premier, au-dessus d'une petite porte verte? — Oui, sans doute, c'est madame Dubourg. — Est-elle jolie, madame Dubourg ? — Fort jolie ! une figure espiègle... un nez retroussé... — Ah ! diable ! si j'avais su tout cela plus tôt... et son mari? — C'est un monsieur de quarante ans, un joli cœur !... il porte desjabots... —Il porte encore autre chose, à ce que je crois. — Comment donc ? est-ce que vous connaissez madame Dubourg ? — Nullement : je la verrais dans la rue, que je ne la reconnaîtrais point. Mais laissons cela... Écoute... entends-tu encore frapper?... — Non... — Voyant qu'on ne leur répondait pas, ils ont pris le parti de s'en aller... j'en étais sûr. — Mais pourquoi couraient-ils après vous? — Je te conterai tout cela. — Voyons... il faut que je bassine votre œil et votre nez... car vous êtes dans un état... — Tu ne m'attendais pas, n'est-il pas vrai, Lise? — Oh! certainement... — C'est bien heureux pour moi que tu sois seule. — Comment, seule?. .? est-ce que je ne demeure pas seule? — Oui!... oui!... mais cela n'empêche pas... on reçoit quelquefois des visites qui se prolongent un peu tard dans la nuit. — Oh! monsieur, je ne reçois point de ces visites-là...** — Bah!... vraiment?.. * — Voyez donc!... cet air surpris!...

— Tu es donc bien sage à présent? — Est-ce que je ne l'ai pas toujours été? — Oh! si fait; mais on peut être fort sage et avoir une petite connaissance... — Non, non je ne veux plus de petites connaissances... les hommes sont trop faux !...trop perfides... pour qu'on les aime. — Tu as bien raison, ma chère amie... Prends garde... tu me mouilles tout le visage avec ton eau-de-vie et ton eau...

— Le grand malheur !... n'êtes-vous pas bien heureux que Ton vous soigne, que Ton panse vos blessures... quand c'est pour d'autres!... Ah! le mauvais sujet!... votre oncle a bien raison de vous gronder! — Tu trouves!... pauvre Lise!... est-ce que tu ne m'aimes plus?... — Je le voudrais bien !... mais je vous aime toujours malgré moi... car vous ne méritez pas qu'on s'intéresse à vous... Allons, finissez, monsieur, laissez-moi... je vais vous jeter tout cela au visage!... — Parbleu! mon visage n'a plus rien à craindre... Tu es charmante, comme cela... en bonnet de nuit... — C'est bon, c'est bon... ah! quel démon!... Monsieur Gustave, je me fâcherai... — Tu as les yeux plus brillants qu'à l'ordinaire... — C'est de colère qu'ils brillent... Eh bien! que faites- vous donc?...

— Tu le vois, je me déshabille... — Et pourquoi faire? — Mais pour me coucher, apparemment. — Ah! vous allez vous coucher? eh bien! ce serait sans gêne... — Est-ce que tu voudrais que je passasse la nuit levé? latigué comme je le suis, je serais mort demain... — Mais c'est qu'il le fait comme il le dit... et moi... où me mettrai-je?..

— Mais à côté de moi, je pense. — Ah! par exemple!.... ça serait joli!... au moins si vous me promettiez d'être sage!... Ah!-., au fait... puisque monsieur est si fatigué... je ne dois rien craindre... Eh mais ! je crois qu'il s'endort... couchons-nous vite!...

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