‹ Gustave, le mauvais sujetChapitre 2 sur 40 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'oncle et le neveu

— Mille escadrons ! toujours de nouvelles fredaines * encore un billet de six cents francs qu'il faut que je paie pour monsieur!... - C'est une dette d'honneur, mon oncle. — Morbleu ! monsieur, toutes les dettes sont des engagements sacrés; mais ce n'est point une raison pour en faire, lorsque je sais prévenir tous vos besoins. Savezvous, mon neveu, que vous êtes un bien mauvais sujet? — Moi, mon cher oncle? mais je ne vois pas en quoi j'ai mérité... — Ah! vous ne voyez pas... eh bien! je vais vous le faire voir, moi, monsieur ! Asseyez-vous là, Gus tave, devant moi; restez tranquille, si vous pouvez mais, morbleu! ne m'interrompez pas!... — Mon cher oncle, je sais trop ce que je vous dois... — Silence! Hortense Moranval, votre mère et ma sœur, était une bonne femme, aimable, rangée, économe... - Elle avait toutes les qualités... — Taisez-vous, monsieur; je sais ce qu'était ma sœur; je sais aussi qu'aveuglée par son amour pour son cher fils, elle ne voyait pas qu'il était emporté impatient, menteur, joueur... — Ah! mon oncle! — Morbleu! vous tairez-vous ! . . . Votre père était un homme d'esprit; ses talents, son mérite, son caractère agréable, le faisaient rechercher dans toutes les sociétés. Il se serait fait un nom dans la profession d'avocat qu'il exerçait avec honneur... mais la mort l'enleva brusquement à son épouse, à ses amis!... Vous étiez trop jeune encore -pour cpprécier cette perte, vous ne pouvez vous souvenir de ce cher Saint-Réal ! . . . — Du moins, mon oncle, je saurai toujours chérir et révérer sa mémoire... — Si vous la révériez, monsieur, vous ne feriez pas tant de sottises!... Mais revenons : j'ai passé une partie de ma vie à l'armée; lorsque dans les rare*

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