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à qui elle n'a point dire qu'elle nanti* nu pre-
mier, no l'attende dans la pièce du bas: maifl u coup d'oeil la rassure : il n'est pas là. — Allons, restez donc ici, puisque cela vous arrange, dit-elle : je vais me coucher... j'ai un mal de tête!... Ali! je prévois que je me lèverai tard demain.
Et madame deBerly quitte Auréli<- et son épeax, émisée de monter à son appartement, où elle eroH trouver Gustave.
Mais 00 pauvre Gustave as désolait sous le lit où il s'était réfugié; la conversation venait de 1 ri apprendre qu'il était dans ta chambre de monsieur et madame Frémont. Les deux époux s'enferment, et vont se coucher: il n'y a doue plus moyen de s'échapper; bien heureux encore s'il n'est pas découvert, car alors quelle serait son excuse?... passer pour un voleur, esta ne lui p même pas possible, puisque Amélie le eOnnait : Julie serait donc compromise!... Allons, il faut rester sous le lit, et s'estimer heureux si personne ne le lait sortir de là.
Gustave s'étend sur le dos, invoque la Providenee pour que M. et madame Frémont ne regardent pas sous le lit avant de se coucher, comme cela arrive aux Ames timorées, et attend dans le plus grand silence, et sans oser remuer ni respirer, que le hasard ou l'amour lui permette de sortir de sa cachette.
Madame Frémont met ses papillotes, le mari se déshabille. — Allons, dit Gustave, je vais être initié aux mystères de la couche matrimoniale; je comptais passer la nuit à faire l'amour, je l'entendrai faire aux autres ; c'est bien différent, mais j'y gagnerai peut-être du coté de l'instruction : il faut prendre son parti.
Cependant la conversation des deux époux n'était pas montée sur le ton de la tendresse : — Délacez-moi. |monsieur, je vous prie... Allez donc... Ah! que vous êtes gauche!...
— Ma femme, il y a un nœud...
— Coupez le lacet, un rien vous embarrasse!...
— Yoilà ee que e'est...
— C'est bien heureux ! je croyais que vous n'en finiriez pas!... Comment! vous mettez un bonnet de coton?
— Sans doute...
— Ah ! que cela vous va mal!... Que vous êtes laid avec cela !
— Cela me tient chaud, et je ne veux pas m'enrbumer dans cette chambre, que Ton dit humide.
— Ah! mon Dieu ! vous êtes déjà comme les vieux... Que ne mettez-vous un gilet de flanelle!...
— Mais c'est ce que je ferai incessamment, car cela préserve de beaucoup de maladies.
— J'espère que vous n'en ferez rien !... quelle manie ! Pour moi, je ne veux pas coucher auprès d'un paquet de flanelle!... cela me gratterait la peau.
— On n en met pas partout, ma femme.
— Ah ! c'est dommage !
Madame Frémont se couche, — Peste ! dit Gustave en lui-même, quelle femme!... Pour une prude, il est bien extraordinaire qu'elle n'aime pas les gilets de flanelle ! Quoi! cette tille... qui tenait continuellement ses yeux baissés quand un homme lui pariait!... Fiez-vous donc aux apparences!
— Eh bien ! monsieur, avez-vous bientôt fait vos quinze tours... vous coucherez-vous ce soir?
— Me voilà, ma femme : je regarde si les volets sont bien fermés...
— N'avez-vous pas peur des voleurs?...
— Non, mais je crains les vents coulis, et à la campagne on prend aisément un torticolis!...
— Ah! mon Dieu, monsieur Frémont! si vous m'aviez • dit avant de m'épouser que vous aviez peur des vents
coulis, des torticolis... et que vous portiez un gilet de flanelle et un bonnet de coton, j'aurais pu faire mes réflexions!... En vérité... on est bien trompé par les appa-
rences!... vous faisiez le rodomont!... le roué, L'infatigable, le fendant! et Dieu sait ce qu'il en est !...
— Madame, je pense que c'est pour les qualités solides qu'on se marie...
— Les qualités!... mais où sont-elles donc, monsieur, vos qualités solides?... Allons, venez vous coucher.
Frémont souffle la chandelle, et s'approche de sa chère moitié.
— Comment, monsieur vous avez soufflé la chandelle?
— Certainement, vous savez bien que je n'ai pas l'habitude de garder de la lumière pour dormir.
— Pour dormir!... ah! oui... c'est bien vrai... vous n'avez pas d* habitude...
— Comment ! cela vous fâche, ma chère amie?
— Ah! vous êtes d'une gaucherie!... c'est bien la peine que je tasse mettre une glace dans mon alcôve!
— Une glace!... Je ne pense pas que vous vouliez vou:> en servir la nuit?...
— Oh! non, monsieur, avec vous, je le vois, tout cela ne sert à rien.
M. Frémont se couche, sa femme ne dit rien; Gustave avait beaucoup de peine à contenir l'envie de rire que la conversation conjugale lui avait donnée. Pendant cinq minutes on ne rompt point le silence; cependant on ne s'endormait pas, car Gustave entendait se retourner fréquemment dans le lit. Enrin Aurélie reprend la parole : — Ah çà, monsieur, est-ce que vous allez vous endormir comme cela?...
— Mais il n'y aurait rien d'étonnant, je pense, à ce que je m'endormisse... j'ai beaucoup couru ce matin dans Paris... je suis très-las.
— Vous êtes las ! voilà tout ce que vous savez me dire ; je ne suis point lasse, moi, monsieur, et je n'entends pas que cela se passe ainsi...
— Mais, ma femme, hier...
— Hier!... voyez donc la belle chose pour se vanter!...
GUSTAVE 16o
Comment, monsieur, après six semaines de mariage, c'est comme cela que vous vous conduisez!... c'est affreux!... c'est abominable!... nous nous séparerons si cela contiuue...
— En vérité, madame, vous m'étonnez!... je n'aurais jamais cru, quand je vous épousai, que vous me tiendriez un jour un pareil langage ! vous, madame, si réservée dans le monde; si sévère sur la décence!... sur les mœurs!... vous qui me querelliez quand je chantais le Sénateur ou le Grand Clerc à papa; qui ne conceviez point que l'on allât à l' Opéra-Comique voir Joconde ou les Femmes vengées, et qui- avez renvoyé deux femmes de chambre parce qu'elles avaient des formes trop marquées, et une cuisinière parce qu'elle levait les yeux en servant la soupe et le bouilli : c'est vous qui aujourd'hui me faites des reproches, parce que j'ai besoin de me reposer un peu!...
— Eh ! monsieur, qu'a de commun tout ce que vous venez de me conter avec les devoirs du mariage?... Oui, sans doute, j'aime la décence en public!... mais je sais bien pourquoi l'on se marie... La religion nous ordonne de nous prêter aux désirs de notre époux... de les prévenir même... elle nous permet de jouir des plaisirs de l'hymen en procréant des êtres à notre image, à notre ressemblance; vous êtes un impie, monsieur, qui ne suivez pas les commandements de Dieu.
— Allons, madame, point de colère!... vous savez bien que je vous aime tendrement...
— Vous le dites, voilà tout...
— Ah!... je vous l'ai prouvé souvent. . Embrassonsnous, ma chère amie, et faisons la paix...
— Vraiment... je suis trop bonne de vous céder... Au!... qu'est-ce que vous faites donc?...
Ici Gustave ne distingua plus la suite de la conversation; les craquements du lit l'empêchèrent d'entendre les paroles d'Aurélie; mais, à l'ardeur qu'elle paraissait
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mettre dans ses discours, il ne put s'empéchor d'en\ i-i un moment la place qu'occupait M. Fréniont.