HERCULE ET L'HYDRE DE LERNE
et fatale ? L’arme des héros d'élection, qui ne manque jamais le but, c’est leur vibrante volonté, c'est leur audace d’airain, c’est l'indomptable génie qui les anime : ce n'est point l'arc ou la massue. L'étalage de robustesse physique par quoi les siècles de décadence caractérisaient la suprématie brutale de l'Hercule populaire, censé condamné aux travaux les plus vils, cette membrure épaisse et redondante ne
sauraient convenir à l’incarnation de la force spirituelle affrontant le Mal d’un élan spontané. Mais voici le type nouveau, voici le véritable Hercule. Ses proportions sont d’une expressive élégance; l'énergie latente y est soulignée par les plans d'une musculature souple et fine ; grand et grandissant à mesure qu'on l’observe, nu, terrible, laissant flotter sur ses reins la dépouille de Némée, le front crêté