HERCULE ET LES OISEAUX DU LAC STYMPHALE
d’un laurier dru, qu'importent à celui-là le monstre dont la stature se déroule si haut et la menace de ses quatorze prunelles ? Derrière l'Héraclès des Grecs apparaît, splendide, le démiurge aryen que le soma rend fort, Indra vainqueur d’Ahi.
À un pareil antagoniste il fallait un adversaire digne de lui. L'Hydre est une construction magnifique, une imposante machine de mort, dressée là comme le chef-d'œuvre du chaos. Au milieu d’un charnier où de pitoyables débris humains nagent dans le sang et dans
la pestilence, elle élève, d’un mouvement lent qui semble perceptible, un tronc luisant d’où s'épanouit un bouquet de têtes enragées ; tordant leur col d'acier, chacune a son sifflement et son venin, et la vitalité qui les noue en un seul faisceau affiche despotiquement sur les marais de Lerne la logique et la beauté d’une bestialité parfaite. L'architecture de ce monstre-là, c'est celle du