‹ Gustave MoreauChapitre 46 sur 53 · LE SINGE ET LE DAUPHIN · texte numérisé non relu

LE SINGE ET LE DAUPHIN

Aquarelle pour les Fables de La Fontaine

L’amalgame est complet, l’alliage ennobli d’un seul coup. De là le caractère de constante gravité, la fière tenue qu'il ne lui coûte pas de conserver dans des thèmes de style fort inégal. Mihi res, non me rebus subjungere conor, aurait-il pu répondre en souriant au pédant qui lui eût reproché de peindre Le Rat de ville et le rat des champs ;

car il n’est pas besoin de signature pour reconnaitre dans ce petit sujel la même main qui peignit les dieux et les héros.

J'ai parlé des Molle et une nuits. Un seul artiste au monde eût pu les illustrer dans un art adéquat : celui qui savait, dans le caprice le plus déréglé, trouver des lois et un équilibre. Les images dont se sert la fiction asiatique sont d’ailleurs empreintes d'une étrange stabilité. « Comme à la porte des mosquées le musulman dépose ses sandales, de même l'Occidental laisse au seuil de ce livre ses pensées inquiètes et actives. Le calme des pays chauds qu'il exhale se communique à l'esprit. Peu de passions. ; un fatalisme immuable régit ce monde empli de métamorphoses F de catastrophes. » Aïnsi disait Paul de Saint-Victor du livre d’or des contes; ainsi aurait compris l’intussusception de Moreau.

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