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ÉTUDES POUR &PHAÉTON

(Musée Gustave Morceau.)

» comme l’eau, vibrer comme le son, briller comme la lumière, pénéêtre la

»trer chaque atome, descendre jusqu’au fond de la matière, » matière! »

Un élément exotique est venu, petit à petit, modifier, sans la corrompre, la pureté initiale des sources mythologiques où Moreau s’abreuvait comme à une urne de Jouvence : l’alliage oriental

20 GUSTAVE MOREAU Nous serions porté à dater l'événement des expositions rétrospectives qui ont fait connaître {ant de formes nouvelles, si les curio-

sités sagaces d’un artiste aussi inquiet n'avaient pas été dirigées

déjà vers la patrie de tous les symboles, vers l'Asie. Il est, en effet,

à remarquer que les arts de l'Asie reculée, vicrges jusqu'alors, se virent livrés, vers le milieu du siècle, à l'examen universel; ce n'est guère que depuis une trentaine d'années que les documents scientifiques intéressant la Perse, la Chaldée, l'Inde, l'Extrême-Orient, sont tombés dans le domaine publie : miniatures persanes, levés d’architectures moresque, arabe et hindoue, étoffes et bronzes de Chine ou du Japon, photographies de décors ignorés, résultats de missions et de fouilles lointaines sont à portée de tous. Il y à cinquante ans, il n’était pas question de Ceylan, d’Ellora ou d'Angkor, et dix personnes en Europe avaient, dans leur cabinet, des lumières sur le bouddhisme. Figurez-vous un lecteur du Voyage du jeune Anacharsis à qui l’on donne les Lettres de Jacquemont, puis Salammb.

Ainsi, en étudiant l'Orient, Gustave Moreau remonte le cours de la migration des mythes; il aboutit là où ils sont éclos; il n'ya plus de frontières à son iconographie de la Fable. Mais qu'on ne voie là aucun souci puéril de la couleur locale, car le plus pauvre document donne carrière à sa fantaisie : la triomphante aquarelle du musée du Luxembourg, L’Apparilion, a pour cadre une salle ruisselante d'émaux dont, peut-être, une mauvaise gravure de journal illustré lui suggéra l'ordonnance. Chez l’artiste-né, il n'y à que

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choix et divination.

Quand on pense à la morne platitude où l'art a ‘adémique de commande avait réduit l’allégorie, on ressent un sursaut à cette renaissance de la beauté antique. Insuffisamment formulée par des mains moins adroites, elle n'aurait cependant pas élé viable et l'histoire de l’art aurait à peine enregistré, une fois de plus, l'erreur d'un peintre que son cerveau fait dévier de la route praticable. Ici, nous rencontrons une technique de haut aloi, un impeccable métier mis au service de l’Idée.

Les mots vont me manquer, peut-être, pour marquer la valeur intrinsèque de telle petite toile ou de tel léger panneau. Mais on sent bien que l’œuvre de Moreau ne serait pas de grand art si la part matérielle n’y était prépondérante, et il convient de mettre son style hors de pair, tout en le reconnaissant indéfinissable.

Ni classique, ni romantique, le maître-ouvrier aborde ses sujets

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