‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 11 sur 52 · XI /HÉSIODENET LA MUSE · texte numérisé non relu

XI /HÉSIODENET LA MUSE

Deux œuvres de moindres dimensions figuraient aussi au Salon de 1866.

L'une d'elle, UNE PÉRI, bien connuepar l’aquarelle du Musée du Luxembourg, était particulièrement caractéristique du goût de Gustave Moreau pour les matières précieuses. C'était un dessin pour l'émail que Fr. de Courcy exécuta ensuite etexposa en 1868. Remarquons que l'influence de l'Orient s’affirmait en cette œuvre bien avant l'exposition de 1878, qui révéla l’art indo-persan à la plupart des artistes.

Dessin d’une haute saveur et d’une richesse éblouissante, dit Chesneau. Dessin très ridicule et très faible, déclara Burger.

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L'autre desssin, rehaussé et lavé, illustrait ce passage de la Théogonie : «Jadis les Muses enseignèrent à Hésiode d’harmonieux accords, tandis qu'il faisait paître ses agneaux au pied du céleste Hélicon ».

Chesneau décrivait l'œuvre en cés termes : « Le pâtre, jeune et beau, coiffé du bonnet phrygien d’où s’échappeune longue et flottantechevelure, écoute, les yeux fermés, pour plus de recueillement, la parole

inspirée quelui souffle la Muse descenduedel’Oiympe sur ses grandes ailes, tout aérienne, et suspendue comme un léger nuage, frôlant de ses doigts et de son haleine embaumée le front du poète des Travaux et des dours. La composition est pleine de charme, de délicatesse et de grâce antique.Quant à l'exécution de ce dessin en lui-même, elle a le beau caractère des dessins de maître; il est traité au bistre rehaussé de blanc, modelé par fines et libres hachures indiquées dans le sens des contours et des muscles. Le fond du papier, teinté avec art, offre des contrastes de valeurs et de tons qui donnent à cette petite page tout l’attrait et la valeur d’une peinture. h

« On ne peut rien rêver de plus poétique — disait d’autre part dahyer — que cette scène muette entre ces deux personnages. On passerait une heure à songer devant elle... Les plus grands maîtres seuls ont fait aussi bien. ) |

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Gustave Moreau a repris assez souvent ce sujet. M. Leprieur en décrit quatre variantes. Celle qui appartient à M. Taigny est, croyons-nous, l'original exposé au Salon de 1866.

L’aquarelle reproduite ci-contre, dédiée par Gustave Moreau au vicomte Henri Delaborde, est une belle réplique très postérieure, datée de 1891.

Elle a été gravée par M. Emile Sulpis pour la Chalcographie du Louvre.

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