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XII I-tHÉSIODE"ET LES MUSES
Le commerce poétique d’Hésiode et des Muses initiatrices enchantait l'imagination de Gustave Moreau. Aux variantes déjà signalées de la composition précédente il faut ajouter quelques autres.
Dans des dessins, datés de 1860, et dans un grand tableau inachevé que conserve le Musée (n° 28), il groupe cette fois les neuf sœurs autour du poète.
L'artiste a lui-même décrit l'œuvre en ces termes, dans une de ces notes qu'il jetait plus tard sur le papier, à la demande de sa mère, pour lui commenter ses tableaux :
« Entouré des sœurs vierges, vyoletant légères autour de lui, murmurant les mots mystérieux, lui révélant les arcanes sacrés de la nature, le jeune
pâtreenfant, étonné, ravi, sourit émerveillé,s’ouvrant à la vie tout entière.
« Néophyte sacré, il écoute les leçons d’en haut
méêlées de caresses et d’enchantements. Tandis que
la Nature, toute dâns son printemps, s’éveille aussi et sourit à son chantre futur.)
Ne regrettons pas trop que le tableau n'ait pas été terminé. 11 y a toujours du danger à pousser jusqu'à la précision du fini l'évocation d’un rêve; l’inacheyé contribue certainement ici à la saisissante fraicheur de ce gracieux mystère. Les gestes légers et timides des muses, la démarche harmonieuse du poète, le frémissement des ailes et des feuilles dans le paysage humide, tout y est sensible et délicat.
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Une autre composition est presque symétrique de celle-ci: LES MUSES QUITTENT APOLLON LEUR PFÈRE POUR ALLER ÉCLAIRER LE MONDE. Le Musée.en conserve des dessins, datés de 1856, et une toile, datée de 1868. L'auteur en a donné lui-même le commentaire suivant :
« C’est le soir. Les beaux oiseaux voyageurs quittent leur nid.
« Le dieu, immobile dans une attitude inspirée, semble rentrer tout en lui-même et planer par la pensée au-dessus de ce qui l’entoure. Ses filles ont reçu de lui le souffle divin d'inspiration et de foi, et elles vont au loin, portant en elles l’idéal divin sous des formes diverses, répandre sur le monde-ces germes de vie qui créent les poètes. h
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