XV... — PROMÉTHÉE
(musée GUSTAVE MOREAU) PHOT. BULLOZ
QIMT ALEUROPE
En continuant à feuilleter les comptes rendus du Salon de 1869, on comprend que l'artiste ait peu recherché dans la suite le jugement du public et se soit désormais tenu le plus souvent à l'écart des expositions.
On reprocha comme d'habitude aux figures leur archaïsme et leur rigidité. Le Jupiter taureau — dit Radiguet — semble sortir d’une bergerie en bois peint. «Europe — ajoute E. Roy — est une statue pâle, sans vie, moins grecque que romaine... Ces figures ne manquent ni de beauté ni de style, mais une recherche pénible s’y fait sentir et malgré les efforts faits pour exprimer l’action, le groupe paraît pétrifié dans l’air immobile. »
« On est d’abord étonné — ajoute Gautier — de la tête humaine attachée au corps du taureau... Cette tête humaine ou plutôt divine, de style éginétique, avec ses cheveux bouclés et sa barbe cannelée, fait
penser aux taureaux ninivites, gardiens du palais de Korsabad et dépayse un peu l’aventure, qui prend un air assyrien : ensuite l'artiste, pour souder cette tête au puissant poitrail du taureau... a été obligé de l’asseoir sur un col énorme et monstrueux ndiur effet désagréable. Europe... a une grande tournure avec la draperie volante qui palpite derrière elle. Ses traits rayonnent d’un tranquille orgueil... Malgré tous ses défauts, l’auteur de l’'DIPE n’en est pas moins un artiste d’un goût rare et singulier. )
« On est choqué d’abord — dit de même Paul de Saint-Victor — par ce monstrueux dupiter dont le buste humain s'échappe d’un corps de taureau. Le fanon surtout embarrasse...; cette peau pendante autour d’un cou d'homme a un faux air de jabot. Quoiqu'il en soit, la tête du dieu est superbe; elle rayonne d’une majesté vraiment olympienne..… Europe a la tournure d’une déesse de Fâris Bordone. Mais cette ressemblance superficielle ne soutient pas le second regard. Le torse, peint par morceaux,"est d’une dureté masculine, les carnations semblent meurtries à force d’avoir été triturées. Les fleurs du coloris se fanent et se ternissent sous le pinceau de M. Moreau. Avec tous les travers résultant de son faux système, M. Moreau n'en est pas moins un très noble esprit, tourné au grand, amoureux du rare, doué de fantaisie et d'imagination poétique...»
Se
ERUMRNO"PLE
(MUSÉE
BULLOZ
PHOT
MOREAU