‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 24 sur 52 · XXV. — SAINT SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

XXV. — SAINT SÉBASTIEN

Après six ans d'absence, Moreau reparaîit au Salon en 1876 avec quatre envois : SAINT SÉBASTIEN, HERCULE ET L’'HYDRE, SALOMÉ, L’APPARITION.

« M. Gustave Moreau, — dit Paul de Saint- Victor — fait au Salon une rentrée supérieure à toutes ses expositions précédentes. Son originalité se dégage des imitations italiennes qui l’avaient longtemps entrayée; elle s'affirme et elle se relève avec un surprenant mélange d'’habileté technique et de fantaisie poétique, d’idéalité exaltée et de rendu raffiné. Un fumeur d’opium qui aurait à son seryice des mains d’orfèvre pour sertir et monter ses rêves donnerait l’idée de cet artiste unique dans notre école. »

Et puisqu'on ne peut cette fois accabler l'artiste Sous le souyenir de Mantegna, c’est à son imagination que l’on s’en prend. « Idées d’illuminé, exécution d’illuminé I » — s’écrie Castagnary. « Tout cela tient de l’hallucination et touche à l’extrayagance » — déplore Cherbuliez.

« Les talents très robustes — explique C. Clément

dans les Débats — peuvent seuls supporter la solitude ; les esprits délicats s'y énervent et s’y dépensent en tentatives stériles... Il s’y tendent,

SYNCrISDentiEL y perdent le sens du possible et du réel. 11s y perdent aussi le goût et le tact des choses simples vraiment grandes, et, avec les meilleures et les plus nobles intentions, ils arrivent à des conceptions débiles, fiévreuses, chimériques qui semblent inspirées par les hallucinations d’un RENE RON)

Le SAINT SÉBASTIEN, (aujourd'hui au Musée Gustave Moreau, n° 245) fut le moins remarqué de ces envois. « Vision fantastique d’une haute expression religieuse, d’un faire très énergique» — dit Lafenestre.

« Cette peinture très montée de couleur — ajoute P. Mantz — est surtout intéressante au point de vue de l'exécution. À des dessous préparés d’après les méthodes ordinaires, elle superpose des rehauts à la cire. Le procédé est très particulier et il ne déplaira pas aux curieux qui aiment à savoir comment les choses sont faites. )

Le Musée contient en outre plusieurs dessins préparatoires, datés de 1869, et aussi une autre toile (n° 214) très différente de composition. Le torse du jeune martyr occupe seul tout le premier plan. Ses yeux s’agrandissent dans une expression tragique, tandis que la foule des bourreaux se devine à peine, défilant dans le fond. Les collections Peytel et Baillehache en contiennent aussi d’autres variantes.

So

z011n8 ‘10Hd (nvauon 34Avisn9 33snn)

NIILSV933S LNIVS — ‘AXX

Page 1