‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 3 sur 52 · EU DES POUR LAN PIIENA · texte numérisé non relu

EU DES POUR LAN PIIENA

(musée GUSTAVE MORE AU )

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IIW—= LANSUEAMITE

Ayant d'abandonner l'atelier de l'avenue Frochot poursefixer définitivement rue de La Rochefoucauld, dans la maison familiale transformée aujourd’hui en musée, Gustave Moreau avait entrepris quelques autres toiles qui, par leurs tendances, scandalisèrent plus vivement encore le digne Monsieur Picot.

Voici, au musée, des peintures datées de 1850 à 1854, où l'influence de Delacroix, de Géricault, de Diaz est évidente : deux HAMLET (n'$ 145 et 801); un VALET DE CHIENS (n° 716); une CONVERSATION ESPAGNOLE (n° 802) ; un SHAKESPEARE GARDANT LES CHEVAUX A LA PORTE D'UN THÉATRE (n° 676); de nombreux CAVALIERS (n® 657, 668, 715, 748). Voici des dessins pour de grandes compositions : les ESCLAVES JETÉS AUX MURÈNES, et aussi les FILLES DE THESTIUS, que nous retrouyerons plus tard ; 1e DARIUS EN FUITE du Salon de 1853, dont le sort actuel nous est inconnu; les ATHÉNIENS JETÉS AU. MINOTAURE,, du musée de Bourg, qui figurèrent à l'Exposition de 1856.

Une des plus belles toiles de cette période“est LA SULAMITE du Salon de 1853, que“conserve aujourd'hui le musée de Dijon. Le peintre a illustré le passage plein de mystérieux émoi du Cantique des Cantiques : « Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé;... mais mon bien-aimé s’en était allé ;... je l’ai cherché, et je nel'ai pas trouvé. les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée; ils m'ont frappée et maltraitée; ‘les gardes des murailles m'ont Ôté mon voile... »

Il ne semble pas que ces œuvres aient beaucoup arrêté les critiques. Plus tard, cependant, quelques-uns y feront allusion lorsque de nouveaux envois soulèveront des discussions sensationnelles. Rétrospectivement, Larroumet, Ilouant la beauté symbolique de LA SULAMITE, ajoutera : «11 est visible que le débutant est déjà imprégné d'art et de poésie romantiques...; pour peindre cette toile, "il" faut avoir vu les tableaux de Delacroix... )

Plus encore ‘que Delacroix, C'est. Chasseriau qui est présent ici. LA SULAMITE est sœur ‘de sa DESDÉMONE. Et l’on pourrait, à cette époque de la vie de Moreau, multiplier indéfiniment les epreuves WtdemcetteWi1iiation Ne tne des DITS frappantes serait fournie par deux eaux-fortes, à peu près inconnues, croyons-nous, conseryées dans l’œuvre de Moreau au cabinet des Estampes; ce sont deux scènes du ROI LEAR que l’on rencontrerait sans surprise à la suite de l’OTHELLO de Chassériau.

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