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11I. — PONTE NOMENTANO
De nouvelles influences vont encore s'exercer sur G. Moreau au cours de cette période de formation. Dès le mois de janvier 1856, nous le rencontrons en Italie. Les dates inscrites sur certains de ses croquis nous permettent de le suivre peu après, de façon presque ininterrompue, à travers la péninsule, de la fin de 1857 à 1860.
A Rome, où il séjourna longtemps, les pensionnaires de l’Académie de France l’accueillirent comme s’il eut été des leurs et il dessina souvent d’après le modèle à la villa Médicis. C'est de là que date son amitié avec Elie Delaunay. Bonnat, Degas, s'étaient joints aussi au groupe. Dès cette époque notre artiste avait déjà pris sur ses camarades l’ascendant qu'il EU CCOUJOUTS SU les jeunes gens : ( Nous étions tous fous de Moreau I » — racontait récemment M. Bonnat.
A Rome, à Florence, à Venise, à Milan, à Naples et Pompéi, le jeune homme dessina et peignit avec
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ardeur d’après les maîtres. Le choix de ses modèles est extrêmement significatif.
Les chefs-d'œuvre classiques l’arrêétent à peine; ce qu’il ne se lasse pas de copier, ce sont les primitifs, sculptures éginétiques, vases archaïques, mosaïques et émaux byzantins, fresques de Simone Memmi et d’Orcagna, et enfin tout le Quattrocento : Masaccio, Gozzoli, Paolo Ucello, Cosimo Rosselli, Botticelli, Ghirlandajo, Mantegna (dont on le rapprochera si souvent), Bellini, Signorelli, Léonard, Lorenzo di Credi, Boltraffio, Sodoma, et, avec une particulière ferveur, semble-t-il, Carpaccio et Luini.
Allez-voir les primitifs, disait-il souvent à ses élèves à la fin de sa vie. Et quand ceux-ci suivaient le conseil, il leur arrivait plus d’une fois de rencontrer au Louvre le maître lui-même interrogeant encore ses modèles préférés.
En même temps que ces études, Moreau a rapporté d'Italie un grand nombre de petits paysages qui mériteraient d’être mieux connus. Ce sont pour la plupart de petits croquis à la plume, légèrement rehaussés de sépia, d’une harmonie et d’une limpidité charmantes. Beaucoup plus tardive, une autre série de croquis d’après nature, datés d'Étampes en 1885, confirme l'impression que Moreau eut été, s’il l’eut voulu, un très rare paysagiste.
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