‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 35 sur 52 · LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

LUXEMBOURG

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AQUARELLE

NOM AVIC=NCGALATÉE

De patientes et heureuses recherches sur la flore et la faune marines avaient fourni à Gustave Moreau un riche apport d'éléments décoratifs pour sa célèbre GALATÉE du Salon de 1880, qui est entrée dans la collection Ed. Taigny et dont nous reproduisons une réduction à l’aquarelle.

Importunes richesses 1 — dit Emile Michel.

La poésie mystérieuse et subtile de l’œuvre se fut bien passée de cet écrin dans un aquarium. Pourquoi — insiste Paul Mantz — exprimer avec une patience amoureuse le branchage des coraux quand on dessine si mollement la forme humaine ?

« La tête formidable de Polyphème — décrit M. de Fourcaud — appuyée sur sa main gigantesque, rouge de couleur comme une brique mal cuite, suffit à combler l’orifice de la grotte. Quelle tristesse en cette bestialité qui a conscience d'elle-même en face de cette créature exquise !..... Pour moi, M. G. Moreau est une des plus marquantes et

des plus attachantes personnalités de cette fin de siècle. J'accepte ses tableaux et les admire parce qu’ils sont grands, parce qu'ils portent fièrement leur bizarrerie héraldique, parce qu'ils font sonner une corde humaine et parce que j'y reconnais l'inquiétude nerveuse du temps présent. }

Et voici que des admirateurs décidés expriment enfin sans réserve la joie de leurs yeux :

« La grotte — décrit Huysmans — est un vaste écrin où, sous la lumière tombée d’un ciel de lapis, une flore minérale étrange croise ses pousses fantastiques et entremêle les délicates guipures de ses invraisemblables feuilles. Des branches de corail, des ramures d'argent, des étoiles de mer, ajourées comme des filigranes et de couleur bise, jaillissent en même temps que de vertes tiges supportant de chimériques et réelles fleurs, dans cet antre illuminé de pierres précieuses comIme un tabernacle et contenant l’inimitable et radieux bijou, le corps blanc, teinté de rose aux seilis et aux lèvres, de la Galatée endormie dans ses longs cheveux pâles ! »

« Cette adorable Galatée — conclut Ph. de Chennevières — aux lignes si pures, au ton si doux, livrée durant le rêve souriant de son sommeil A l'œil de Polyphème, qui la contemple à travers tout ce que la flore terrestre et NINATITeN Aa pDU rassembler, comme lit de la nymphe, cette Galatée sera dans l'avenir l'orgueil de quelque Louvre. »

Se

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