LES AMIS DU PEUPLE
Peuple, ta mission est sainte
Et l'avenir est avec toi ;
Marche, sans colère et sans crainte,
Dans le devoir et dans la loi.
Mais ceux qui ne pourraient te rendre
Tout le bonheur qu'ils t'ont promis,
Tes flatteurs, crains de les entendre :
Peuple, prends garde à tes amis !
Non, tout n'est pas bien en ce inonde,
Les hommes ne sont pas parfaits ;
Mais seule la paix est féconde ;
La discorde nous rend mauvais.
Redoute les tribuns farouches :
Entre tes mains qu'ont-ils remis?
Du pain? — Non pas... mais des cartouches
Peuple, prends garde à tes amis !
Ils t'appellent du nom de frères Lorsque l'orgueil fait leur fureur ; Ils s'adressent à tes misères Et ne parlent pas à ton cœur.
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Us calculent sur tes entrailles, nsolents, lorsque tu gémis, nquicts lorsque tu travailles :
Peuple, prends garde à tes amis.
Ils disent : le peuple nous aime; Ils disent : le peuple est à nous ; Réponds : le peuple est à lui-même ; Il combat pour lui, non pour vous !
Ils vantent la blouse et l'écuelle Quand ils sont bien gras et bien mis.
Pour eux le peuple est une échelle ; Peuple, prends garde à tes amis !
Tu dois vaincre par les idées ; N'attends rien du fer, ni du feu ; Et, pour qu'elles soient fécondées, Compte sur toi-même et iur Dieu.
Les épis jetés en semence Parle soleil seront jaunis; Si tu crois à la Providence, Peuple, prends garde à tes amisl
Le chansonnier se ralliait peu à peu aux idées républicaines (1). Il est un républicain modère certainement, mais u l'orléaniste » a dû rougir du geste intéressé des d'Orléans, réclamant leurs biais,
I Nous aurons donc la République,
La liberté, ce graftd principe !
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après la perte de deux de nos provinces, et une indemnité de guerre de cinq milliards.
Et si Nadaud n'était pas rouge de ce soleil levant, comme toute âme éprise d'idéal et de justice, le citoyen allait vers la lumière !
Nous avons eu quelques aperçus de la vie agitée et pleine d'imprévue du chansonnier.
« 11 allait, de l'est à l'ouest, du midi au centre, mais, invariablement aussi, et fidèlement, il revenait au nord, sa patrie I heureux de revoir sa famille et ses nombreux amis, soit de Roubaix, Lille ou Douai ».
Dès son retour de la Villa Pandore[l), à Nice, où il passait tous les hivers, il touchait Paris, etgagnait Roubaix.
Inutile de dire combien était attendu et fêté ce retour du Trouvère !
Une fois dans son pays, dans les joies de ce retour à la terre natale, au foyer des anciens, dans ce qui sera toujours exquis et cher, Tes Souvenirs (renfonce, Nadaud faisait vibrer sa lyre aux échos de son cœur et saluait son vieux clocher, par ces vers d'une grâce louchante :
(1) Ou Villa Noél.