CHAPITRE DIXIÈME
DE CINCINNATI À ST, LOUIS.—DÉFENSE DE LA CONFESSION. la
La. distance de Cincinnati à St, Louis, est de six cents ls
quatre vingt milles, dont cinq cents par.la-rivière ‘ Ohio”
et cent quatre vingt, millès sur le Mississipi. . Le trajet se M fait ordinairement en trois ou quatre jours ; mais l’eau ls
étant. très basse au moment où: s’accomplissait, notre his- Ms
toire, onze jours s’écoulèrent pour accomplir le voyage ; # le vapeur, ne pouvait, continuer sa. route, deux. heures "" consécutives, sans s'échouer sur. une des. nombreuses bat- Ps tures que l’on rencontre dans l’une .ou l’autre de ces =" rivières. M. Dumont, vexé de ces retards répétés trop à
souvent, employait tous les moyens possibles de revanche,
sur.son fils; en.lui faisant mille questions pour l'embarras- L ser ou le mortifier. Gustave, de son côté, répondait tou- M jours avec respect et ne faisait pas voir la peine que son
père lui causait.
Un jour que le vapeur était échoué depuis plusieurs M heures ; les matelots, épuisés de fatigue, se permettaient M de jurer et de blasphèmer, parce que le vapeur n'avançait pas autant qu’ils l’auraient désiré. M. Dumont crût devoir M4
railler son fils et lui dit :
— Entends-tu ces catholiques jurer et blasphémer ? À (ces matelots étaient pour la plupart Irlandais) On dirait * vraiment, à les entendre, qu’ils se sont confessés ce ma- *
tin. Qu’en dis-tu ?
—Je ne puis partager votre opinion, mon père, répon- M dit Gustave, car si ces hommes s'étaient confessés ce ma-
tin, ils ne blasphèmeraient pas ainsi ; d’ailleurs ce n’est
pas la religion qu’ils professent, qui leur enseigne ou !
permet ces choses.
—Je veux bien croire que la religion ne leur enseigne
pas de jurer, reprit M. Dumont ; tu dois voir cependant que la confession auriculaire ou secrète, telle que prati-
quée dans l'Eglise romaine, ne produit aucun effet salutaire,
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GUSTAVE 69 —Comment cela, s’il vous plait ? dit Gustave. —Parce que ces hommes qui doivent se confesser sou-
vent n’én continuent pas moins de jüurer et blasphèmer,
et cela à un tel point, qu'ils font dresser les cheveux sur
la tête. ; | —Qui vous a dit, mon père, que cès hommes vont sou-
vent sé confessér ? d’après moi, je ne pense pas que le
| conféssional leé voit une f6is par année ; mais, cét Amé-
ricain qui, pourtant, doit êtré protestant, ajouta-t-il “en désignant leur contré-maître, doit aller à confesse tous les jours suivant votre théorie, car il né peut proférer une séulé parole sans jurer ét blasphèmer.
— Je m’attends bien {ue tu vas dire que votre confession est bonne, reprit M. Dumont piqué de la réponse de son fils ; tout cé qui est romain et papiste est bon pour toi. Un bon remède que votre confession ; aussitôt sorti du conféssional, vous vous remettez à péchér de nouveau, même plus qu'auparavant.
—Céla dépend béaucoup de la manière dont est appliqué ce remède, on peui en abuser en s’en servant trop rarement ou en s’en servant mal ; alors le meilleur remède ne peut produire aucun bon effet.
—Applique-le comme tu voudras, dit M. Dumont avec dérision, tu n’en tiréras rien de bon ; n’ayant aucune vertu, il restera toujours inefficace.
— J'espère, papa, que vous ne niérez pas que la conféssion a produit les effets les plus salutaires ; autrement expliquez moi ce mystère : Comment se fait-il que parmi les catholiques, si l’on voit un caissier de banque qui est honnête, un commis qui ne dérobe point, un ouvrier remplissant consciencieusèment sa journée de travail, un serviteur fidèle et dévoué aux intérêts de son maître, une servante respectueuse et respectable, un époux fidèle à son épousé, une mère vértueuse et élevant ses enfants dans 1à crainte de Dieu, un jeune homme servant dé modèle à ses compagnons, une jeune fille remarquable par l'éclat de ses vértus et conservant toujours la fraïcheur et l'innocence de son jeune âge ; comment se fait il, dis-je, que nous trouvions cetté classe de personnés parmi reux
qui fréquentent le plus souvent, les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie ? Si votre objection était fondée, le contraire n'’arriverait-il pas ? La confession est donc bonne, puisqu’elle produit de si bons résultats.
—Bravo ! Bravo ! s’écria un des passagers : vous avez dit la vérité, jeune homme et je vous en félicite. :
Gustave se tourna du côté d’où venait la voix, et aperçût, non loin de lui, un monsieur paraissant âgé d’une quarantaine d’années, remarquable rar son extérieur noble et agréable, et par sa physionomie qui annohçait une haute intelligence et une grande conviction religieuse.
M. Dumont, croyant avoir beau jeu de ce nouvel adversaire, reprit avec ironie :
—La confession secrète, telle que pratiquée par l’Eglise romaine, n’est autre chose qu’une invention des prêtres, désireux de connaître le fond des cœurs, et de trouver un moyen plus facile de réussir dans leurs desseins perfides ; par ce moyen ils savent s'initier aux secrets des familles, connaître les différends entre le mari et sa femme, et en profitent ha lement pour semer la haine et la discorde.
Pendant que M. Dumont parlait ainsi, plusieurs passagers attirés par la curiosité, et trouvant là une occasion de chasser l’ennui qu’ils éprouvaient s’étaient groupés autour de lui.
—Me serait-il permis de vous demander qui vous êtes ? dit M. Fairman (c'était le nom du monsieur que nous avons vu parler plus haut) ; et sur quoi vous basez la bonne opinion que vous avez des prêtres catholiques ?
— Je suis ministre de l'Evangile, répondit M. Dumont ; c mon opinion est fondée sur les faits.
—Que vous ne pourrez jamais prouver, reprit vivement M. Fairman ; de plus, je vous dirai que tels avancés ne devraient pas sortir de la bouche d'in ministre de l’Evangile, parce qu’ils soft faux ; je veux bien croire, cependant, que la haine ou le préjugé vous a fait prononcer plus de faussetés que vous n’auriez Youiu, et je passerai outre ; mais, monsieur, vous croyez donc les prêtres de l'Eglise catholique tout à fait dépourvus de raison ou d'intelligence ?
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—Au contraire, répondit M. Dumont, la plupart sont très intelligents, c’est ce qui augmente leur culpabilité.
—Votre propre théorie vous confond, reprit M. Fairman ; si la plupart des prêtres ont l'esprit et l’intelligence que vous leur supposez, ne pourraient-ils pas trouver d’autres moyens, que celui de s’enfermer dans une espèce de cachot, qu’on appelle confessional, et là, se priver de leur liberté pendant des heures entières, de jour et de nuit ; y souffrir des postures incommodes et fatiguantes ; y respirer toutes sortes d’haleines qui parfois sont propres à faire bondir le cœur ; et tout cela pour le simple plaisir de connaître les faiblesses de celui-ci ou de celui-là ; ne serait-ce pas le comble de la folie ou de l'ignorance ? Quoi ! la position qu'ils occupent et l'influence qu’ils exercent, ne leur permettraient-elles pas de se glisser dans les meilleurs salons, ou ailleurs, et là, jouir des plaisirs criminels que vous leur imputez, au milieu du luxe et des richesses, comme font les libertins ‘{ Ces moyens, ils les ont à leur disposition, et si la confession n’était pas à leurs yeux une institution divine et sacrée, ils ne s’imposeraient point de pareils sacrifices. Vous savez que la sensualité haïit tout ce qui la gêne.
——Vous ne nierez pas, j'espère, dit M. Dumont, qu'il y a eu de très grands abus dans la confession secrète ?
— J'avoue, reprit M. Fairman, qu’il y a eu et qu’il peut encore y avoir de mauvais prêtres qui, comme de nouveaux Judas, ont trahi leur divin maître et avili leur vocation ; mais, grâce à Dieu, ils ne sont pas en grand nombre, et sont promptement découverts. Tout ceci, cependänt, ne parle pas en votre faveur, car 1ous comptons parmi ces mauvais prêtres, les promoteurs et les pères du protestantisme, Luther, Calvin, Zwingle et autres, étaient tous de ceux que vous venez de mentionner ; ils ont quitté leur habit religieux de leur ordre ; ils ont trahi leurs serments, parce que le célibat ne leur allait pas. Je ne vous parlerai pas des débauches qui caractérisèrent leur vie, après s'être séparés de l'Eglise ; l’histoire est là pour le prouver; les historiens protestants mêmes ne peuvent s'empêcher d'admettre que ces hommes, regardés
pis
par tous les protestants comme leurs chefs et fondateurs, n'étaient au fond que des libertins, je citerai seulement l'historien Cobbett. Ecoutez bien ce qu’il dit :
46 Jamais le monde ne vit, dans un même siècle, une collection de misérables, tels que Luther, Calvin, Zwingle, etc. jile seul point de doctrine sur lequel ils étaient d’accord, était l’inutilité des bonnes œuvres,”
—Admettons pour un moment, dit M. Dumont avec embarras, que quelques hommes seuls mêmes fussent coupables en matière de confession ne serait-ce pas assez pour la condamner &t la faire rejeter avec horreur, afin d'empêcher la répétition des abus ?
—Vaut autant dire que si quelqu'un abuse du remède le plus excellent, l’on devra le rejeter entièrement, reprit M. Fairman en souriant, vous admettez pourtant qu’il est nécessaire de se cor ser.
Qui certainement, répondit M. Dumont ; nous devons nous confesser à Dieu, lorsque nous l’avons offensé, à notre prochain, si nous lui avons fait du tort, et publiquement, c'est-à-dire aux membres de notre Eglise, si nous leur avons porté scandale; tel que cela se pratiquait au temps des Apôtres et des premiers siècles de l'Eglise, et tel que nous, protestants, le faisons encore aujourd'hui.
—Nous aussi, catholiques, confessons nos péchés à Dieu, par l'entremise du prêtre, reprit M. Fairman, et nous devons réparer le tort que nous aurions pû causer à notre prochain, avant d’en obtenir le pardon ; mais nous n’aimons pas à ajouter de nouveaux scandales, en déclarant devant toute une assemblée de fidèles, des péchés qui ne devraient jamais être connus d'elle, surtout des jeunes gens qui en font partie.
—L'Evangile nous ordonne, de nous confesser les uns les autres et cela publiquement, dit M. Dumont impérativement ; ainsi vos objections n'ont pas leur raison d’être.
—Où trouvez-vous cet ordre dans l'Evangile? Citez moi un seul texte ?
—Sans recourir aux textes, c'était la pratique des chrétiens du temps des Apôtres, et nous devons suivre leur exemple.
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—Il est vrai, que nous voyons les premiers chrétiens se cônfesser publiquement, mais ceci ne prouve pas que, dans certains cas, ces mêmes chrétiens ne.se confessaient pas privément aux prêtrés d’alors. 1
—S'ilen avait été ainsi, l'Evangile en aurait parlé ; mais, non, il ne dit pas un mot qui nous laisse entrevoir, que la confession secrète fut en usage ; encore moins la confession aux prêtres, elle est donc contraire aux desseins de Dieu. |
—Et moi, j'affirme qu’elle est conforme aux desseins de Dieu ; j'2jouterai qu’elle est conforme à la raison. Pour le prouver, je me permettrai de vous adresser les quéstions suivantes ; à quoi vous servirait, de savoir si tel marchand, ne conduit pas sés affaires aussi honhêtement qu'il le pourrait ; que telle personne est l’esclave d’un vice honteux ; que tels jeunes gens, considérés extérieurement comme bons et vertueux, ne sont au fond que des scélérats ? Ces aveux vous rendront-ils meilleurs ? Seront-ils propres à vous édifier ? Non, n'est-ce pas? Ils seraient plutôt un sujet de scandale pour vous, et vous porteraïent à détester ou mépriser ceux qui s’avoueraient ainsi COupables. Non, je le répète, cette méthode ne saurait atteindre le. but, que Jésus-Christ s’est proposé en instituant le sacrement de Pénitence, car peu de chrétiens se seraient empressés de déclarer.leur péchés au public; Jésus-Christ a voulu que son Eglise agisse comme une bonñe mère qui, tout en corrigeant ses enfants, ne divulguè pas au dehors leurs défauts. C'est en agissant de :la sorte, qu’elle conserve ieur bonne réputation et les fait aimer des autres autant qu’elle les aime elle-même. TOC
—Touùte chose a son bon :côté, dit M. Dumont, et la confession secrète, quoique mauvaise, peut avoir le sien ; mais, je lé répète, elle n’est pas celle que les Apôtres ont enseignée et ordonnée, pas plus celle que les prémiers chrétiens ont pratiquée... Elle est donc: tout simplement uné innovation ou plutôt une invention papiste, un commandement des hommes et non de Dieu. R
—Alors, soyez assez bon de me dire, qui, le premier a fait ce commandement ; et si vous le connaissez, veuillez
‘À De !
m'apprendre le moyen extraordinaire qu’il a employé, pour décider tant de chrétiens, à se soumettre à un joug aussi lourd et aussi pénible, que celui de déclarer ses péchés à un prêtre, pécheur comme eux.
—Oh ! cette méthode a été introduite graduellement
durant les âges obscurs: les siècles de barbarie autrement #
dits.
—Mais, un pape, un évêque ou un prêtre, doit avoir commencé ; veuillez donc, je vous prie, me donner son nom et me dire, s’il n’a pas rencontré d’opposition ?
—Ïe ne pourrais vous le nommer, répondit M. Dumont avec embarras ; l’histoire, interrompue pendant ces siècles
de barbarie, ne peut nous éclaircir parfaitement sur ce M
point, ce Jont je suis certain, c’est que la confession secrète n'existait pas avant cette époque. Tant qu'aux
moyens pris pour l’introduire, je vous dirai, qu'il n'était ..
pas difficile de tout faire croire alors aux masses supertitieuses et ignorantes.
Je vois que vous ne pouvez pas répondre à mes questions, reprit M. Fairman; cependant je crois devoir vous apprendre, puisque vous paraissez l'ignorer ; que l’histoire n’a jamais été interrompue, grâce à cette Eglise que vous
détestez ; c’est elle, qui l’a conservée et continuée pour la | transmettre à vous comme à moi. Ensuite, monsieur, une M" discussion pour être loyale, doit être basée sur des faits et
des preuves ; prouvez-moi ou plutôt je vous défie, de me
prouver que la confession secrète au prêtre n’existait pas
avant ces siècles de barbarie, comme vous le désignez.
—Mais pourquoi vous confessez-vous aux prêtres ? L. repartit un monsieur à figure vénérable et qui paraissait M
appartenir à la haute société.
—Pour recevoir ou plutôt pour obtenir 1: pardon de nos péchés, répondit M. Fairman. Honte ! sacrilège !
s'écrièrent ensemble plusieurs passagers qui écoutaient h cette discussion, jamais nous n’aurions cru les catholiques à
aussi ignorants.
—Il n'yaque Dien qui puisse pardonner le péché, disait un autre.
—]Je ne vois pas comment les prêtres peuvent s’arroger À
employé, à un joug clarer ses
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le péché, :
= remis, Ou de dire ; levez-vous et marchez.
t s'arroger !
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GUSTAVE 75 ce droit, dit le monsieur que nous avons vu intervenir et qui se nommait Lewis.
— Ils blasphêment en parlant ainsi, et commettent un sacrilège en faisant croire une telle doctrine, ajouta M. Dumont triomphant.
—Que Dieu seul puisse pardonner le péché, c’est toute vérité, dit M. Fairman, et c'est ce que croit et enseigne notre Eglise.
— Alors, pourquoi se confesser aux prêtres ! reprit M. Dumont ?
— Parce que Dieu l’a voulu, de plus, s’il est vrai que Dieu seul à le pouvoir de pardonner le péché, il est également vrai que Dieu dans sa sagesse, sa miséricorde et sa justice, peut prescrire ce qu’il juge convenable pour obtenir ce pardon, et qu'il peut exercer ce pouvoir suprême par le moyen de ses ministres. : Le représentant d’un roi peut être investi d’un pouvoir souverain du droit de pardonner, comme du droit de vie et de mort,
— Dieu n’a pas pu donner ce pouvoir suprême à l’homme pécheur comme nous, reprit M. Dumont ; et Il n’a jamais permis d'exercer un pouvoir qui n'appartient qu'à Lui ; je nie tout avancé contraire.
— Pourquoi le niez-vous? dit M. Fairman, et n’appeiez pas ‘‘un avancé ”’, ce qui est réel; Jésus-Christ à opéré un miracle, pour prouver que ses ministres, quoiqu’ils soient homines, ont le pouvoir ‘le remettre les péchés.
—Comment cela? je n'ai rien vu dans l'Evangile qui prouve ce que vous dites.
— Vous n'avez donc pas lu le 9e chapitre de l'Evangile, selon St. Mathieu du 2e au ge versets, reprit M: Fairman ; voici ce qu'i dit: |
‘ Et voilà que des hommes lui présentèrent (à Jésus) un paralytique couché sur un lit, ‘ Jésus voyant leur foi dit au paralytique ; mon fils ayez confiance, vos péchés vous sont remis: ‘ Et quelques- + uns d'entre les scribes, dirent en eux-mêmes: celui-ci blasphême. | ‘‘ Jésus ayant vu leur pensée dit : pourquoi pensez-vous le mal dans
vos cœurs, . ‘ Quel est le plus facile de dire, vos péchés vous sont ‘6 Or, afin que vous | sachiez que le Æ##/s de l'homme, a lé pouvoir de reméttre les péchés Sur la terre; levez-vous, dit-il-alors au paralytique, prènez votre lit
su . L LS | fl AT BTE EE LAS
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et allez dans votre, maison. ‘Et il se leva aussitôt et alla dans sa maison ; à cette vue la :nultitude fut saisie de crainte et rendit gloire à Dieu, qui avait donné. une telle puissance aux hommes,”
—J'ai cru remarquer, dit Gustave en souriant, que les scribes, en cette circonstance, ressemblaient beaucoup aux protestants de nos jours; car, comme eux, ils disent ‘# c’ést un blasphème. “
—Ne soyez pas si sévère j jeune homme, s'écrièrent plusiéurs voix avec indignation.
—Ce jeune homme n’est pas trop sévère, reprit M. Fairman, sa remarque est juste et bien appropriée ; ce sont les paroles mêmes que vous avez prononcées.
—Je sais, dit M. Dumont, que Jésus-Christ avait le pouvoir de pardonner lé, péché, et. qu Il a même usé de ce pouycir durant son':séjour ici-bas ; Il était Dieu et sa puissance est infinie, mais Il n’a pas donné ce pouvoir à qui Que 'ce soit, ni aux anges, ni aux hommes,
-—Non: seulement Jésus-Christ à usé de ce pouvoir icibas, reprit M. Fairman ; mais Il l’a donné premièrement à St. Pierre au 16e chapitre de St, Mathieu, verset 19e, remarquez bien ce qu'Il dit :
‘ Et je te donnerai les clés du royaume des cieux, et tout ce que tu licras sur la terre, 52ra lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre, seta délié dans les cienix.” Il le donne ensuite à tous les Apôtr:s, au 18e chapitre du même Fran verset 18e, ‘ En vérité je vous le dis ;. tout ce que vous aurez lié sur la terre, sera lié dans lesciel ; et tout ce que vous aurez délié sur la terre, sera délié dans le ciel.”
Je connaïs ces textes tout aussi bien que vous, dit M. Dumont ; mais pour tout homme ‘intelligent, ces paroles
lier et délier ”’ signifient qu’on doit pardonner les injures, et non que les Apôtres, ont reçu le pouvoir de remettre ou retenir les péchés,
C'est cela, dirent plusieurs passagers,
—Vous voulez plaisanter, messieurs, n'est-ce pas ; reprit M. Fairman,
—Non, non, répondirent-ils, nous sommes sérieux.
obligés de pardonner les injures.
FAO | je vous demandera, si nous sommes, toujours