‹ Gustave ou Un héros canadien [microforme]Chapitre 20 sur 70 · NT AE Û · texte numérisé non relu

NT AE Û

« L'homme instruit ne peut pas résister au point de l’évideïce rique, qui établit, que la confession a été un des principaux de la croyance dé l'Eglise, dans toute la période des quatre s à »

rémiers siècles.

L'illustre Leïbnitz, dans son ouvrage sur la @éologie, parle en ces termes de la confession :

‘4 La rémission accordée dans le baptême ôu la confession est également gratuite, également fondée sur la foi dans le Christ ; quoique les chrétiens, lorsque la ferveur dans ‘la piété était plus grande, fissent usage autrefois’ de la confession et de la pénitence publiques, cependant, pour s’accommoder à notre faiblesse, il a plû à Dieu de faire connaître aux fidèles par son Eglise, que la confession particulière faite à un prêtre suffisait, y ajoutant le sceau du secret, afin qué la confession fut plus à l’abri de tout respect humain. La confession n’en est pas moins pour cela de droit divin,

A présent messieurs, qu'avez-vous à répondre ? Etesvous satisfaits des t"moignages de ces trois grands protestants ? Vous voyez, qu'ils affirment que la confession secrèteaux Apôtres de l’ Eglise, a été pratiquée dès les premiers siècles ; vous ne nierez pas, non plus, que ces trois. hommes ne savaient ce qu’ils disaient dans leurs écrits.

M. Dumont, confus et humilié, ne savait que répondre ; il était aisé pour l’œil observateur, de voir que les autres passagers étaient dans le: même état, ils se regardaient tous pour se demander lequel d’entre.eux pourrait. les tirer d’embarras. M. Lewis, se décida enfin de rompre un silence, qui les convainquait d’incapacité ou d’ignorance et répondit :

— Ces hommes pourraient se tromper, monsieur, l’histoire qu'ils étudiaient aurait, pû les induire en erreur.

—Et vous, messieurs, qui avez pris.part à cette discussion, vous ne vous trompez pas, je suppose ; ces hommes étaient pourtant de grands génies:

Alors M. Fairman, en se tournant du côté des passagers, résuma la discussion: en ces termes : en est-ce assez messieurs ! Au commencement de cette discussion, nous vous avons prouvé que laraison, seule, pouvait justifier la confession secrète aux prêtres de l'Egiise, sans pour cela recourir à l'Evangile qui Gémontre que Jésus-Christ

K® GUSI'AVE

veut que l’on confesse ses péchés ; vous n'étiez pas satisfaits de cela, et pour répondre à vos désirs, nous avons ouvert ce même Evangile, et nous avons prouvé que les Apôtres ont reçu le pouvoir de remettre les péchés, non-seuléfffent de les remettre, mais aussi de les retenir ; il s’est alors présenté une question : Comment peuventils les pardonner ou les retenir sans les connaître.” Vous n’avez pu répondre à cette question, et il m’a fallu yrépondre, non pas, remarquez bien par moi-même,—mais par les témoignages des Apôtres de l'Eglise d’Angleterre, et enfin de vos plus grands génies protestants. Je parle de ceux qui furent assez honnêtes pour écrire l’histoire avec exactitude ; et qui tous montrent, que l’on doit se confesser à ceux qui ont reçu ce pouvoir. De plus, je pourrais vous citer beaucoup de pères de la primitive Eglise, les grands théologiens catholiques, mais il me semble que vous devez être satisfaits, je dirai même convaincus que la confession secrète éxistait et a été mise en pratique depuis les Apôtres, qui l'ont enseignée et pratiquée euxmêmes.

—Qui, et c’est une vieille invention que celle-là, ajouta Gustave en souriant.

Un ©‘ hourrah” poussé par les matelots, qui venaient de dégager le vapeur, tira M. Dumont et les autres passagers de leur embarras, et tous profitèrent dé cette excuse pour s'éloigner. Seul, M. Lewis s’était approché de Gustave et lui dit avec bonté.

—]Je suis vraiment surpris, jeune homme, de voir les catholiques aussi instruits sur la Bible et l’histoire ; j'ai toujours été porté à croire qu'ils étaient ignorants et superstitieux, d’après les rapports qu'on m’en a faits.

—Permettez-moi de vous dire, monsieur, dit Gustave,

u’on vous a grandement trompé.

—Ve men apperçois, reprit M. Lewis, car tout ce qui

ent d’être dit mérite considération ; j y penserai.

—Que Dieu le veuille, dit Gustave en s’éloignant pour rejoindre sa sœur qui l’attendait.

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