‹ Gustave ou Un héros canadien [microforme]Chapitre 39 sur 70 · E & Y K SR · texte numérisé non relu

E & Y K SR

besoin de renouveler ‘dans'ce livre ;'elle se termina pa: un: triomphe complet ‘pour CE digne prêtre’ et Güstave qui, de temps à autre, fisait les'différents (téxtes de l'Evañgile ‘et ls ‘eytraits ‘de! théologiens ‘tant protestants que catholiques, laissant les! passagers däns l’impé“cibihité-d’üne seul: réplique.”

Un prefond'silénce régnait! depuis plusieurs minutes, lorsque M. Dumont, complètement ‘abattu, crut avoir trouvé üné issue pour ! Sortir de so ‘embarfas et se mit à dire avec assurance :

LL D'après tout ce qué vous venez de dire, vous voulez nous”faire croire qu'il faut :se”soumettre à l'autorité des pasteurs de l'Eglise et accepter leur interprétation des Saintes Ecritures. Si votre doctrine était vraie, St. Luc n'aurait pas louangé les Juifs de Berée, de ce qu'ils lisaient les Saintes Ecrittüres pour eux-mêmes, Voici ce qui est dit aux Actes dés Apôtres, chap. 17e vérs. rte.

‘Or, Cés'Tuifs de Bérée étaient! plus nôbles Que-ceux “de Ti Héssaloniqué ; : 1l$ reçurent la parole avec la plus ‘grande avidité, ékamiinant tous les jours les écritures, ‘4 pourvoir si les -chôsesEtaiènt ‘ainsi.”” » Ces parôles ne

‘sont les pas äséez claires pour :fous démAntrer que St.

Paul ne Iéur 'énséignäit pas ‘de’ se soumettre à aucune autorité, ‘ais: qu’ils ‘devaient lire les ' Saintes 'Ecri‘ures pour s'assurer pér'eux-mêmés, que les choses étaient telles. qu’ensignéés Ipar les Atôtres ?

'Pôur bien éoniprendre cé’ chapitre, reprit le prêtre, il faut le‘Hire du cominenéément à la fin. © Ecoutez bien, je vais lire ce Qui précède les versets que vous avez cités...

‘Après l'avoir lu,'il ajouta : Tout ce que vous venez d’entendre ne démofhtre-t-il pas que St. ‘Paul avait. déjà prêché aux Thessalonicisns ; que ce même Apôtré leur avait prouvé que Jésus-Christ avait souffert, était mort et ensuite ressuscité ; que ce Jésus-Christ était ce Messie ui léur avait'été promis. ‘Plusieurs de ces Juifs crurent “en l1-parolé de-St, Paul et se convertirent aveciun grand nombre de Geñtils, sans pour éela' lire’ les Saintes Ecri- ‘tures, éàr le plus! grand nombre ne savaient pas lire, les Gentils' ne les’ avaient même pas encoré vues. : Nous

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voyons aussi. dans ce. chapitre, qu’un certain nombre de ces Juifs, remplis d’un faux zèle: et, ne, ve point se soumettre, à, l'interprétation, ou. à la prédication. de St, Paul, le persécutèrent.et lé chassèrent hors de la ville, —Semblables en tout point aux protestants de ce. jour, dit Gustave: ie Er —$t. Paul.se rend ensuite à Bérée, continua le être souriant de cette remarque, et là, dans la synagogue, prêche, la même, doctrine ; les, Béréens lui: firent. une meilleure réception et reçurent la parole, avec la. plus grande avidité ;:.c’est pour cela que St. Luc dit ‘ Ceuxià étaient plus nobles. que les. Thessaloniciens.”’ Il faut aussi remarquer .que.St. Paul er prêchant la même doctrine, expKqua les Saintes Ecritures, c’est-à-dire les prophéties concernant la venue du Messie aux Béréens, sans leur laisser le droit d'exercer , leur propre: interprétation ou de mettre en question son autorité, comme.vous voulez le prétendre. e is Les Apôtses n'ont ‘amais exercé d'autorité ou commandé aux autres de leur obéir, dit M. Iumont ;, ils n’ont pas enseigné qu'il fallait se soumettre à leur interprétation ; tout ce. qu’ils. ont fait, ft de, prêcher la parole de Dieu comme nous le faisons.

— Que vous faut-il donc pour vaus convaincre ? reprit le prêtre. Ne vous ai-je pas prouvé, hier soir, que les Apôtres ont.exercé.leur pouvoir:en changeant le pain et le vin au corps et au.sang de Jésus-Christ ?. Ne, vient-on pas de vous prouver. que les, pasteurs .de l'Eglise ont le pouvoir.dle remettre les péchés ? Quels, plus grands,pouvoirs que ceux-là? Les, Apôtres n’ont-ils pas exercé une grande autorité en enseignant, aux fidèles qu'il fallait croire à..ces. doctrines ?. La. mort d’Ananie,et de son épouse, ne prouve-telle pas. que St, Pierre avait .une grande autorité, .eu..même temps. qu'il usât..de cette autorité ? Vous dites que. les apôtres n’ont. jamais enseigné à obéir ou à.se:soumettre. à l'autorité des: pasteurs de l'Eglise, . Vous n’avez donc:pas lu ce que dit St. Paul aux Hébreux, chap. 13 ‘ verset, 17e... Écoutez bien je vais le lire.{f,.Obéissez à vos conducteurs. el soyez soumis à leur autorité ; car ce Sont eux qui veillent pour le bien de

vos ânes comme devant en rendre compte,’ Voyons encore ce que Ce même Apñtré dit au 4e chäp. de son ‘rer Spitre aux Corinthiens; en s’adressant à ceux qu'il avait ordonne prêtres. ‘ Que les hommes nous regardent comme les ministres de Jésus-Christ et comme les dispensateurs des mystères de Dieu.’ Tournons ensuite au rer chap. de son épitre aux Romains. ‘* Por lequel nous ‘wvons reçu la grâce et l'apostclat, pour soumettre à là foi tous les peuples en son nom.’ Voulèz-vous encore dés préuves pour vous convaincre ‘que les Apôtres ont enseigné de se soumettre aux pasteurs de l'Eglise P Or, je vous le demande, à quoi pouvons-nous nous soumettre, sinôh à une autorité ? Quelle est cette autorité dont St. Paul parle ? Vous conviéndréz, h’est-ce pas, qu'elle n’était pas civile ; elle est donc spirituelle, et étant spirituelle, elle: est donc divine.

— Mais, dit M. Dumont, pour qu'une autorité soit bien exercée, il faut une ‘organisation complèts, un ministère composé d'un supérieur et d'officiers pour faire exécuter les ordrés, autreraent dit une tête er des membres. Or, l'Evangile démontre que Jésus-Christ fut la seule tête et nous chrétiéns sommes le: membres ; Notre Sauveur n’a jamais mis une tête à sa place ; du temps des Apôtres, il n’y avait point de pape ou d’évêques, possédant une autorité supérieure et absolué, comme nous le voyons dans l’Eglisé romaine. )

—Je vois qu’il va me falloir faire une revue entière de la Bible pour vous prouver que le catholique connait plus que vous, reprit le prêtre en souriant. D'abord pour les Evêques. St. Paul ne dit-il pas au 20e chapitre des actes, verset 28e. ‘“ Ze Sr. Esprit vous a établis évêques pour gouverner VEglise de Dieu.” Les Apôtres n'étaient-ils pas tous évêques ; St. Pierre n’était:il pas évêque de Rome, St. Jacques de Jérusalem, et Timothé qu'était-il, sinon évêque ? Je pourrais vous en nommer plusieurs autres. Tant qu'au Pape, St. Pierre fnt le premier.

—Je le nie complètement, dit M. Dumont.

—Pourquoi le niez-vous? Vous ne pouvez vous appuyér ni sur l'histoire ni sur la Bible qui lé prouvent clairement, Moi, je le prouverai par la propre Bible que

eHogre vous lisez, St. Pierre fut le premier pape parceque Jésusr ‘pitre Christ lui a conféré un pouvoir de Jurisdiction sur les rdonné autres Apôtres.

les mi- —Comment cela ? Ù

es »1ys- Parceque à St. Pierre seul, Notre Sauveur a dit : de son “ Tues Pierre et sur cette pierre Je bâtirai mon Eglise.” À eçu la lui seul iladit: /efe donnerai Les clefs du royaume des Peuples M cieux À lui seulila dit (J'ai Drié pour lot afin que fa IF Vous foi ne déj aille pas. Æ£t toi quand Lu seras converti, affermis mettre À frères.’ Ce n’est qu’à St. Pierre que Jésus-Christ a à quoi | conféré le soin de son troupeau en lui disant : ‘‘ Paissez OÉ? À mes brebis, païssez mes agneaux

s Ccn- — Arrêtez, monsieur, dit M. Dumont Jésus-Christ avant elle est À de dire à cet Apôtre : ‘‘ Tu es Pierre etc. "avait déclaré : divine. |“ C'est ta foi qui t'as révélé que ‘’étais le Christ, le fils du it bien Dieu vivant.’”’ Notre Sauveur voulait donc signifier par nistére pierre, la foi en lui.

Kécuter —Alors, reprit le prêtre en souriant, tous ceux qui * Or, qui ont la foi sont des Pierres à qui Jésus-Christ a donné tête et à les clés du royaume des cieux. J'espère, messieurs, que ur n'a lorsque vous ouvrirez la porte vous me laisserez entrer tres, il avec vous.

€ auto- —Mais, dit M. Johnson, St. Pierre lui-même, ne dits dans il pas au 4e chap. des actes, que Jésus-Christ est la pierre | | angulaire de l’Edifice ? il avoue dons qu'il n’est pas la ére de pierre comme vous le prétendez.

it plus —Je le sais, dit le prêtre. Jésus-Christ est la vétitable our les f force et puissance, que signifie ce mot ‘ pierre ” ; mais actes, cette pierre toute puissante doit s’en retourner au ciel où ‘pour L nous ne Ja verrons pas de nos yeux mortels. Notre Sauveur ent-ils Le sait et voit que l’ église qu’il venait d'établir ici bas, va ue de avoir besoin d'une organisation complète, d’un ministère, tait-il, composé d’une tête et de membres visibles pour la diri- ISIEUrS ger ; pour cela, il choisit le plus âgé des Apôtres et lui + dit: Tues Pierre et sur cette. Pierre je bàtirai mon

église". Jésus-Christ veut donc nous faire comprendre

us ap- qu'il est la vraie pierre, mais que cette pierre s’en rétouruvent nant au ciel, ne sera plus visible pour nous: Il veut

le que donc nous faire comprendre qu’il a établi St, Pierre

I ES je tt mire mn tr anse ea

186 GÜSTAVE

son. représentant sur la terre, afin que son Eglise fusse représentée comme s'il était resté ici-bas lui-même. La raison même prouve que Jésus-Christ ne pouvait agir autrement ; en effet que serait-il arrivé si notre Sauveur n’avait pas établi un ministère pour gouverner son Eglise : Pensez-vous que les Apôtres auraient pû maintenir une doctrine et une religion toute de sacrifice, 's’ils n’avaient pas été revêtus d’une autorité toute divine ? Ces mêmes Apôtres auraient-ils obéi à la voix de Pierre, s’ils ne l'avaient pas considéré comme leur chef ? Non, Jésus- Christest Dieu. Il savait queles hommes, faibles et mortels, auraient bientôt oublié sa venue ici bas, les jalousies et ‘es disséntions auraient séparé les ‘chrétiens en autant dé branches qu'il'y aurait eu d'opinions, son Eglise ne se serait pas maintenue et l’œuvre qu'il venait de commencer aurait subi le sort de toutes les œuvres humaines, c’est-à-dire, qu’elle serait tombée dans l'oubli et le néant. Lés hommes Fn général, voyant cet état de choses, auraient nié sa divinité et seraient retournés à leurs idolàtries. Jésus-Christ a donc voulu que son Eglise fut gouvernée et dirigée comme s’il l’eut gouverné lui-même et pour cela il dit à St. Pierre. ‘‘ /e ze donnerai les clés du royaume des cieux,'” il faut que cette force et cette puissance dont. je suis le possesseur, restent visibles ici-bas, voilà pourqiioi je te donne ces clés: ‘Tes confrères, mes ALjtres, ont reçu un pouvoir égal au tien en ce qui regarde la foi ét ma doctrine, mais toi, tu devras présider à leurs assemblées et à leurs délibérations, tel que j'aurais fait moi-même si j'étais resté sur la terre. DE plus, mon Eglise né devant pas mourir, etrer où se tromper, puisque je Sérai avec elle jusqu’à la consommations des siècles, toi, ét avec toi, mès Apôtres, devront transméttre ce POIVRE jusqu'a cé que je ré‘ienne. He —Toutes cés M Se tete À en conviens, dit M. Düurnbnt avec émbarras, et seraient justes si réelle: ment St. Pierre éut dirigé les. adtres Apôtrés, mais non, on ne voit rien dahs la Bible démontränf que tel fut le cas, et l'histoire nous dit qué l'autorité actuelle du Pape

daté dû septième siècle.

Eglise même.

it agir Auveur iglise :

ir une vaient nêmes ‘ils ne Jésusortéels, sies et autant lise ne COmMainés, néant.

hoses, idolit gou- ‘me et lés du > puis- 1-bas, , mes garde leurs is fait , mon Puisècles, re ce

viens, réelle:

, non, fut le Pape

—L'histoire qui dit cela est fausse, reprit le prêtre, et tous les protestants bien renseignés connaissent mieux que cela, St. Irénée, qui a vécu au deuxième siècle, nous a donné’une liste des papes depuis. St. Pierre jusqu’à son temps, et la liste des papes, que nous. avons depuis, est reconnue; par tous, proiestanis comme catholiques, comme bonne et exacte, trouvez-moi un seul historien honnête qui dise autrement. : L Hi 5

--J'ai trouvé tant de contradictions dans l’histoire, dit M. Johnson, que je ne sais qui croire des auteurs. Vous ne prouverez jamais par la Bible que St. Pierie fut Pape de Rome. a r.

—Bel argument que celui-là, reprit le prêtre, vous rejetez l’histoire parce qu’elle vous apprend. des choses que vois ne voudriez pas connaître ; Pourquoi acceptezvous ce'qui a été écrit par des hommes'hostiles et interressés à abaisser l'Eglise catholique ?. Pourquoi .croyezvous ceux qui disent et affirment que cette Eglise s’est, corrompue et livrée à tous les crimes et à tous les abus ? Pouruoi: re,;etez-vous ét ne croyéz-vous pas ceux qui prouvent tout le contraire ? Serait-ce parce que ces preuves mêttent à «éant, vos objections ou vos avancés ? Soyez donc logiques, si. vous rejetez. les. uns rejetez les autres puisqu’ils se contredisent: .Que.dis-je! vous dites que vous voyez des contradictions dans la Bible, rejetez là donc: . Permettez-mo; de vous dire que ce n’est pas la manière d'agir dé tout homme bien pensant. Mais laissons l’histoire de côté, puisqu'elle ne: vous plaît pas.et revenons à 1’ Evangile qui, malgré ses prétendues contradictions, va nous-prouvét que St. Pierre fut pape, ouvrons d’abord le-rer chapitre, des actes, versets 15, et.suivants, vous y verréz que: St.:Pierre à présidé et dirigé les procédés pour l'éleétion de St. Mathias comme, Apôtre,'il fut le seul-qui pärlât:au nom des autres: Apôtres assemblés ; «ce: fut À. ini que furent présentés, Barrabas et Mathias ; côntinuons.au r5e.chapitre mêmes actes ; on y voit qu'un grandi débat :avaitieu lieu entre: les chrétiens d'Antioche,-et qu'il, fut convenu que'St. Paul et Barnabé se rendraient à Jérusalem, et là s’assembleraient

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en conseil avec les autres Apôtres pour délibérer sur la question en litige; les Apôtres s’assemblent et discutent assez longuement, voyons à présent ce qui va arriver, le verset 7e va nous l’apprendre, écoutez bien: “ Æ7 après un grand débat, Pierre se leva et leur dit; mes frères, vous savez qu'il y a longtemps que Dieu m'a élu parri vous, afin que les Gentils entendissent par ma bouche la parole de l'Evangile et qu'ils crussent.'' I] n'eut pas plutôt parlé que la multitude se tût. Avant d’aller plus doin, messieurs, je vous dirai que c’est ainsique le pape et les évêques font aviourd’hui, les évêques s’assemblent en concile et délibèrent sous la présidence du pape, lorsqu’iis ont parlé et que les délibérations sont finies, le pape se lève et prononce la décision ; mais contiruons notre preuve. St. Paul, avant de commencer ses labeurs apostoliques, alla visiter St. Pierre ; il le dit lui-même dans son épitre aux Galates verset 18e “‘7"aZ//ai à Jérusalem pour voir St. Pierre, je demeurai quinze jours avec lui.’ Pourquoi est-il allé visiter St. Pierre ; pour conférer sur l'Evangile qu’il devait prêcher aux Gentils, lisez le chapitre suivant et vous le verrez. Nous voyons aussi que St. Pierre se prononce avec autorité sur les écrits de St. Paul, dans son deuxième épitre, verset 15e. ‘* C’esé aussi ce que Paul vou à écrit selon la sagesse qui lui a été donnée, lettres dans lesquelles il y a quelques endroits difficiles à entendre, que des hommes ignorants et légers détournent à de mauvais sens aussi bien que les autres éc'dures pour leur propre ruine.” : Eh bien ! messieurs, vous faut-il encore des preuves ? N'est-ce pas ainsi que lé Pape agit aujourd’hui? St. Pierre dit ‘ Dieu m'a élu parmi vous, étc.” Après les débats, St. Pierre se lève, prononce la décision, et les autres Apôtres se taisent: St. Paul et Barnabé, quoique Apôtres tous deux, sont obligés d’aller à Jérusalem, où était St. Pierre, pour décider la question soulevée par les chrétiens d’Antioche. Il me semble que cela est suffisant pour démonter que St. Pierre exercait une suprématie sur les Apôtres et sur'toute l'Egl'se. Non seülemént l’Evangile démontre que St. Pierre tut le premier pape, l’histoire aussi prouve que ce pouvoir dé juris-

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diction. fut accordé à tous les évêques de: Rome, de St, Pierre à nos jours. D’ ailleurs, j je le repète, Ia FA Em me dit que si Jésus-C Christ n'avait pas donné une tête visible à son Eglise, c’est-à-dire un centre d’unité pour la garder dans une même foi et la réunir dans un même troupeau, cette Eglise ne se serait pas: maintenue dans uné inviolable intégrité, elle se serait séparée en autant. de branches qu’il y aurait eu d'opinions, N’en êtes vous. pas la preuve ‘yous-mêmes ? Ne -prêchez-vous pas Jésus- Christ ? N’éssayez-vous pas à enseigner sa doctrine À Cependant, combien de branches séparées comptez-vous dans le protestantisme ? Ne regardez-vous. pas queïquesunes de ces branches comme séches et inutiies, propres à être jetées au feu ? Pourquoi ? Parceque vous n’avez pas un centre d'unité, parce que vous ne voulez point obéir à l’autorité ; parce que. vous avez cru et croyez encore qu'il vous. est perrais d’ interpréter à votre manière la. sainte parole de Dieu ; parce que vous rejetez de la Bible tout ce qui ne plaît pas à votre volonté, et vous vous permettez de réfaire et reviser le reste. pour satisfaire vos caprices ou la mettre en accord avec votre opinion. Voilà. pourquoi, messieurs, votre volonté est la seule autorité à. laquelle vous voulez obéir. Je vous ai cité plusieurs textes de l’Evangile qui prouvent l'autorité divine et infaillible dont les pasteurs de l'Eglise de Jésus-Christ. sont revêtus, l’histoire démontre que les Apôtres et leuts successeurs ont exercé cette autorité, l’exercent encore et l’exerceront jusqu’à la fin des temps ; le ministre anglican que voici, nous dit que son Eglise reconnaît et exerce: cette autorité, parce qu’elle vient de la primitive Eglise ; le schisme Grec reconnaît cette autorité dans ses pasteurs. Cette autorité descend. donc directement des Apôtres sans interruption ou diminution ; comme telle, ne devons. nous pas obéir à tout ce qu elle ordonne, parce que, venant de Jésus-Christ, elle est divine ei infaillible ? J'espère vous l'avoir suffisamment vrouvé dans cètte discussion.

—Le pape n’est autre chose que l’antéchrist, dit M. Dumont tremblant de dépit de se voir encore une fois

battu et humilié, il n’y a que lui qui s’asseoit sur le trône dé "Dieu en sé déclarant estll le. ‘St. Jean, dans son AROFAUTE à prédit Sa vénué, tout en nous le’ faisant connaître. Il n’y 4 qué Dieu qui puisse être "infaillible ; ainsi tout ce que vous venez de dire tombe‘dans le néant. FU ef 4 so à ON JA IQ SION 911 88 150 ‘—-Dites-donc plutôt que c'est votre raisonnement qui sort du néant, reprit le prêtre ; jarhais protestant honnête et raisonnablé n’a donné cé nom au pape. ” Vous avez cité St, Jean, pourquoi he’le citérais-jé pas, moi aussi. Qué dit-il au 2€ chäp. dé son Epitre 1e, vers. 22°: <ECeluï-1à est antéchrist qui nje le Père et le Fils. Ensuite au 9e chapitre de son Epitre 2e: Car plusieurs séducleurs sont entrés ans le monde qui ne Confesse point que Jésus-Christ est vènu dans Une chair véritable; telui qui ne le confesse point est un sédutteur el Un altéchrist."” Que dit-il encore, écoutez bien; ‘‘Z7 fout esprit gi ne confesse point que Jésus-Christ est venu dans Sa chair n'est point de Dieu, et C'est la l'antéchrist que vous. avez oui dire, et il est déjà dans le monde.” Il s'agit ici d’une double hérésie que St. Jean veut faire disparaître, l’une niant la divinité du Sauveur et l’autre sôn humanité. Vous ne devez pas ignorer que cès deux hérésies ont affligé l'Eglise dès les premiers siécles et quels combats elle à dû leur livrer pour les étouffer. ‘Ce n'est donc pee St, Jean qui dit que le pape est antechrist, mais bien vous ; lé pape n’a Jamais nié la divinité ou l'humanité de Jésus-Christ; Ccep ndant, il‘ ÿ a dés protestants, lisant et se basant sur la Bible comme vous, qui le nient. Un de ceux qui discutaient. tantôt vous. à dit qu'il n'y avait pas de divinité en Jésus-Christ. Pourquoi n'avez-vous pas imité St. Jean en lui disant : ‘* ous que dites que Jésus- Christ n'est Das Dieu, vous êtes un PR TO Ne donnez-donc pas ce nom à célui qui est fe vicaire de Notre Sauveur, à celui qui a SE combattu pour sa cause, qui à mieux ahné mourir en le confessant qué vivre en le niant, à celui qui à souffert l'exil, la prison, la’ barbarie, plutôt que de l’abandonner ou manquer au devoir que ce divin’ Sauveur lui avait imposé. Que dis-je ! pourquoi

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Fils.” usieurs é point x celui hist.” “quine ir n'est vez ou | d’une >, l'une manité.

ies ont ombats onc.pas is bien inité de isant et Un de vait pas OU, pas e Jisus- Ne done Notre 1 cause, re en le arbarie, r que ce JourqUoi

lise, dont il ést le chef. Monsieur, n'est-ce pas le préjugé, Ta haine .et le dégoût que vous entretenez contre tout ce qui ést Catholique êt non là raison, qui vous. portent à vous servir d’argüments et dé moyens désmennêtes pour vous venger de la défaite que vous venez de subir ? Las | FAR

M: Dumont, rouge de colère, se léva subitèement et disparut, . M. Johnson allait l’imiter, lorsqu'il lui vint à l’idée une remarque tirée de M. Bénsôn, écrivain anglais.

—Mais, Monsieur, dit-il ‘en s'adressant au prêtre, n’at-on pas raison d'attribuer au pape le caractère de l’antechrist, lui qui, tout en se déclarant infaillibie, s’arroge es attributs de la divinité, s'assied sur l'autel da Dieu et se. fait rendre des honneurs auxqüels aucun homme n’a droit, dés honneurs qui ne sont dûs qu’à Dieu.

—Vous ne connaissez donc nila vie du pape, ni les. déyoirs qu'il remplit tous lés'jours. Le pape, monsieur, confesse ses péchés à un prêtre comme OA ES CHIETERS catholiques ; chaque, jour, en célébrant la mésse, il s’incline profondément. et confésse devant Dieu et tôut le peuple qu’il:a péché en pensées, en paroles'et en actions ; il démände aux fidèles assemblés d’intercéder pour lui, déclare, dans la partie la plus solennelle du saint sacrifice, qu’il espère le pardon de ses offenses, non à Cause de ses propres mérites, mais par la miséricorde et la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ. ‘ A présent, difésle moi, l’antechrist agit-il ainsi ? : (

—Il est certain, dit Gustave, que vous ne verrez jamais le chef d’une église protestante donner autant de signes d’humilité,

—Il n’y a personne d’infaillible, dit M. Johnson, le pape peut se tromper comme tout autre.

— Vous ne comprenez pas comment et quand le pape est infaillible, reprit ie prêtre ; infaillible ne veut pas dire impeccable ; un juge peut être le plus grand scélérat en dehors de ses fonctions, et cependant ne jamais se tromper dans ses jugements. (Ce n’est pas, remarquez-bien,

la personne du pape qui est infaillible, c’est l’autorite dont il est investi; ce sont encore les évêques assemblés en concile qui, avec le pape, la tête de l'Eglise, sont infaillibles ; et pourquoi ? parce qué Jésus-Christ a nromis que le Saint Esprit les éclairerait et dirigerait leurs délibérations; parce que Jésus-Christ à promis d’être avec eux jusqu’à la consommation des siècles et que les portes de l'enfer, c’est-à-dire l’erreur et le mensonge, ne van. dront jamais contre l'Eglise que ce pape et ces évêques dirigeraient ; parce que Jésus-Christ, comme Dieu, leur a donné une autorité divine et infaillible dont il est revêtu luimême. Je crois, messieurs, vous en avoir fait la preuve . complète ; cependant si, dans le cours de ce voyage ou plus tard, vous trouviez quelques textes dans l'Evangile démontrant que j’ai tort, je serai toujours prêt à vous écouter. Sije vous dis ceci, c’est afin de continuer à vous prouver que cette autorité divine et infaillible a réellement été donnée aux apôtres et à leurs successeurs, que le pape et les évêques ne s’arrogent point une auto: rité qui ne leur appaïtient, qu’ils ne sont point des usurpateurs ; enfin, parce qué mon plus grand désir est de vous faire connaître l’Eglise catholique, alors vous serez convaincus qu’elle est celle que Jésus-Christ a établie. Puis, il ajouta: Bonsoir, mesdames ét messieurs, j'espère que mes remarques ne vous ont point offensé ; je vous assure que je n’en ai pas eu l'intention. Et, après les avoir salués, le digne prêtre se retira, laissant tous les passagers absorbés dans leurs réflexions.

De ce jour, personne n’osa parler ou discuter de religion, craignant, je suppose, de nouvelles défaites.

utorite sembiés e, sont nromis rs délire avec s portes van.

évêques , leur a t revêtu fait la de ce es dans urs prêt 3 contifaillible esseUTrs, ne auto- [es usurrest de us serez établie.

j'espère je vous près les tous les

de reli-

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