CHAPITRE DIX-HUITIÈME
M. DUMONT EN RELATION AVEC LES MORMONS.—IL EMBRASSE LEUR SECTE.—CRUELLE SÉPARA- ‘! TION.— DÉPART DE ST. JOSEPH.
Le mois de Septembre arrivé, Gustave et Alice se reridirent à St. Louis, tel qu’il avait été convenu. M. Lewis, joyeux, les reçut à bras ouverts, et le jour de l'ouverture des classes Gustave fut placé au collége et sa sœur entrait au couvent avêc Clara, fillé unique de ce monsieur.
M. Dumont vint quelque temps après visiter sa famille. A l'époque de ‘ce voyage, un hasard malencontreux voulut qu’il fit connaissance àavec deux ministres Mormons, qui lui firént une péinturé si brillante de leur église nouvelle, des avantages temporels qu’il pouvait y rencontrer, des sérvices incessants que son talent pouvait rendre à leur causé, que, la Bible à la main, ils l’endoctrinèrent ét l’attirérént dans leur parti. |
Vous aimeriez peut-être, aimable lecteur, à connaître quelques détails sur cêtte nouvelie secte, qui fait à la fois la honte et le mystère de cé dix-nruvième siècle, tant vanté par ses lumières et ses progrès. Vers l’an 1840, un nommé Joseph Smith, demeurant dans l'Etat de New- York, trouva dans les tablettes d’un libraire de son villagé, d’autres disent chez une veuve âgée, .un vieux livre intitulé ‘Livre de Mormon.”” D'un esprit aventurier et enclin à la paressé, Cet homme voulut profiter de ce livre pour se faire passér pour un prophète ; il jura que Dieu lui avait révélé dans un songe où était ce livre, qui contenait toutes les ‘doctrines que les saints du derniér jour devaient croire et pratiquer, et ajouta que Dieu lui avait donné l'ordré de le faire propager dans le
monde entier. Doué d’une grande éloquence, il pût en imposer à un assez grand nombre pour fonder une église, Pour mieux réussir, il eut recours à la fourberie et aux
mépriser, forcèrent les autorités de s’en sonne dé ce prophète avec quelques-uns de sés et au mois de juin 1844, le maréchal de l'Etat les fit enfer-
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mer dans la prison du comté, située à Cartage, à quelques milles de ‘“Nauvoo.”’ Deux jours après, une troupe composée de plusieurs centainés de personnes, voulant les chasser complètement, entrèrent dans Nauvoo pendant la nuit, et mirent cette ville à feu et à sang. Après avoir commis ce forfait, ils se tournèrent du côté de Cartage, forcèrent les portes de la prison et mirent Joseph Smith à mort, ainsi que ceux q'i étaient avec Jui. Les Mormons, découragés, traversèrent la rivière et s’arrêtèrent dans l’Etat du Missouri, mais les Missouriens, qui les connaissaient, les firent déguerpir sans leur donner le temps de prendre haleine. Alors, l’un des apôtres, nommé Brighäm Young, se disant inspiré de Dieu, se mit à leur tête ét pr’ la route du Lac Salé, où ils arrivérent, après avoir essuyé les plus grandes privations, en l’année 1847, et là ils fondèrent la ville du Lac Salé, qui existe encore. Quant à leurs doctrines, ce livre vous en fera connaître quelques-unes ; ; vous pourrez alors juger jusqu’à quel point l’homme peut se ravaler, lorsqu'il se permet d'interpréter la Bible à sa manière; mais revenons à notre récit. M. Dumont, après s'être procuré ce qui lui était le plus nécessaire pour son voyage, ne savait comment s'y préndre pour avoit ses deux enfants ; après avoir beaucoup réfléchi, il se dit à lui-même : ‘‘ Il sera mieux que Gustave seul mme suive pour le présent, Louise pourra revenir chercher Alice, car je n’aimerais pas que M. Lewis eut connaissance du parti que je viens de prendre.” Il se rendit à la demeure de ce monsieur et lui dit :
-—Je viens de recevoir une lettre de mon épouse, m' avertissant qu "elle est bien malade et désirant voir Gustave dont elle s'ennuie beaucoup.
—C'est dommage, dit M Lewis, je crains que cètte absence du collège ne cause beaucou de tort à votre fils ; il faut bien cependant qu'il aille voir sa mère malade, puisqu’elle le ES Après tout cé ne sera, je, l'espère, que pour quelques jours ; ; je sais que vous le renverréz aussitôt que possible.
— Certainement, monsieur, reprit M. Dimont, je ne
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tâve pâle et défait, . - Dis-moi donc ce qui a pu t
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que je : ainsi
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ceux qui préfèrent leur volonté à la sienne. Vous. allez répondre, je suppose, que cette nouvelle secte prend sa doctrine dans la Bible ; je le sais, elle fait comme vous avez fait-depuis que vous vous êtes séparé de l'Eglise catholique, elle aussi donne une interprétation contraire aux paroles renfermées dans l'Evangile, Diew permet que celui qui veut l’interprêter à sa manière, soit pour satisfaire sa volonté ou ses passions, il pérmet, dis-je, qu’il se punisse lui-mèmeé par cette volonté qu’il ne veut pas soumettre ; il permet que cette intell'zence dont il a été doué pour l’éclairer et le guider, ne serve qu’à l’aveugler, èt cela à un tel point qu’il ne s'aperçoit pas de l’abîme dans leque! il‘s’est plongé. Ah! papa, je vous en prie, rebroussez chemin avant qu’il ne soit trop tard.
—Quoi ! toi un papiste ! un idolâtre ; vas-tu essayer de me montrer ce Que j'ai à faire ?
Assez ! s’écria Mad. Dumont en:se levant, Gustave est meilleur que toi et moi, lui seul est dans la vraie Eglise de Dieu. Puis, levant la vue au ciel, elle ajouta : Oui, mon Dieu, je reconnais à présent que la sainte Eglise catholique est celle que votre divin Fils a établie. Veuillez m'accepter dans son sein : Pardonnez à mon cœur trop longtemps rebel, rêécevez-le avec bonté et traitez-le avec miséricorde ; je vous l'offre tout entier, gardez-le sous votre sainte protection pendant toute ma vie et surtout pend?nt ces jours d'épreuves qu’il me faudra essuyer. Oui, mon Dieu, aussitôt qu’il me sera possible, je vous promets de me jeter dans les bras de l’Eglise catholique, là seulement je pourrai trouver la vérité et la paix de l'âme ; là, je pourrai épancher mon cœur éprouvé dans le sein de votre divin Fils. Se tournant ensuite du côté de Gustave, élle lui dit : Prie pour ta mère, chér enfant, que je puisse avoir ce bonheur ; puis elle ajouta en s’adressant à son éponx : Et vous, monsieur, si votre décission est de vous rendre au Lac Salé, je vous préviens que vous irez seul, moi je réstérai ici, adviénne que pourra.
Gustae, heureux et attendri d'entendre ainsi parler sa mère éleva son cœur vers Dieu : Mon Dieu, dit-il, que vos desseins sont impénétrables ; vous permettez
qu’au même moment où mon père s'éloigne de plus en plus de vous, ma mère s’en rapproche. Je vous remercie de ce grand bienfait ; faités-moi la grâce de, voir mon père bientôt suivre son exemple.
—C’est ta nouvelle religion qui te fait refuser de me suivre, dit M. Dumont en s’adressant à son épouse. Eh bien ! fais ce que tu voudras.
—Ne parle pas ainsi, dit Mad. Dumont avec dignité ; dis donc plutôt que c’'t la tienne qui est nouvelle, à peine si elle compte quinze années d’existance ; c’est cette nouveauté, je suppose, qui te fait croire que mon devoir d’épouse m'oblige de te suivre dans un bouge d’iniquités ; c'est elle qui te rend si insouciant, que je te suive ou non ; c’est la même qui ta poussé à méconnaîitre les bienfaits de monsieur Lewis, qui fait tant pour Gustave et sa sœur, en te servant de faux prétextes pour les avoir
avec toi...
—Qui t'a donné le droit de me faire pareille répri-
-mande ? Ne connais-tu pas ton devoir ?
. — J'ai le droit de me défendre, dit Mad. Dumont ; avec ton interprétation de l'Evangile tu as perdu ton
-cœur,ton âme et ton honneur en t’associant à une secte
‘infâme qui ne respecte ni loi, ni mœurs, et l’abîme pro- ‘fond dans lequel tu t’es plongé te fait oublier ton épouse et tes enfants ; il me reste une consolation : mes enfantts ne te suivront pas. |
—Et moi je dis qu'ils me suivront de gré ou de force, dit M. Dumont en frappant sur la table, Je suis décidé à suivre les saints de Dieu, ainsi prépare toi pour le voyage, sinon, agis à ta guise.
—Je suis toute décidée, reprit Mad. Dumont, je ne te suivrai pas, ét j'espère que Dieu ne m'abandonnera pas.
—Mais que vas-tu faire seule ici ? demanda M. Dumont, :. pe
—Ne t'inquiète pas de moi, répondit Mad. Dumont ; laisse moi ce qui m'appartient, mon père vit encore ; avec lui et-mes enfants je me tirerai bien d’affaires, mon ‘Gutaye m'aidera. sere
—Ne me parle pas des enfants, je te dis encore une fois
qu'ils vont mesuivre. 2
lus en nercie r mon
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nité ; lle, à t cette devoir uités ; ve ou tre les ustave s avoir
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force, cidé à
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ont ; core ; 5, mon
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—Papa, dit Gustave d’une voix émue, je vous dois l'obéissance et le respect, mais ce que je vous dois, je le dois aussi à mman, ét comme vous avez tort en cette circonstance, js vous dirai de suite que jé ne quitterai pas ma mère pour ajouter à son malheur.
—Ah ! toi aussi tu te rebelles, dit M. Dumont ; rous allons voir si la loi ne vous fera pas agir.
—Belle religion que tu as là, dit Mad. Dumont. Astu trouvé dans la Bible que tu pouvais laisser ton épouse et lui ôter ses enfants. Il est bien pénible pour moi de te parler ainsi, mais la loi qui te protège nous protègera aussi.
—Et tant que je serai vivañt, ma sœur ne fera pas ce voyage, dit Gustave, je ne veux pas qu’ellé se trouve dans un milieu aussi corrompu. Eh bien ! puisque loin de l’écarter du péril, vous voulez vous-même l’y jeter, moi je l’empêcherai, et Dieu aidant, je réussirai.
—Comment, toi, mon fils tu me parles ainsi, dit M. Dumont livide de rage, nous allons voir qui gagnera dans cette affaire. Prenant son chapeau, il sortit pour se rendre chez un avocat, remarquable comme solliciteur de divorce.
Gustave, en voyant sortir son père, se jeta dans les bras de sa mère et se mit à pleurer.
—Ne pleuré pas ainsi, cher enfant, lui dit Mad. Dumont en l’embrassant, prions Dieu afin que ton père revienne à de meilleuts sentiments.
—Oui, maman, dit Gustave, la prière est toujours une consolation pour l’âme affligée, prions Dieu pour papa afin qu’il change d'idée à votre égard, et tous deux, se jetant à génoux, prièrent avec ferveur.
—Que va-t-il arriver, maman ? demanda Gustave en £e levant, dans le cas où papa se servirait de la loi contre nous P
—Je ne sais, répondit sa mère, je crains cependant que tu doives le suivre, ta sœur resterd avec moi.
—Mais, maman, reprit Gustave, comment ferai-je pour vous quitter ? Vous si bonne pour moi, et de nouvelles larmes inondèrent sa figure.
—S’;l faut que tu me quittes, dit Mad. Dumont, je me résignerai à la sainte volonté de Dieu ; je ressens | déjà la peine que va. me causer ton départ ; cependant j'ai la consolation que tu ne m'oublieras point et que tu pourras revenir. Oui, mon cœur me le dit, Dieu ! se servira de toi pour être l'instrument de la conversion de ton père, va, cher enfant, Suis ton père, c’est toi qui le ramènera à de, meilleurs sentiments, c’est toi qui nous réuniras un jour, Console-toi, tu seras bientôt un homme, et ce voyage ne peut durer au-delà d’un an, aller et revenir.
—Mais, maman, il m'est impossible de vous quitter, et ma sœur...
—J'aurai bien soin de, ta sœur : J'ai décidé d’aller résider à St, Louis pour être auprès d'elle ; tu sais que M. Lewis ne la J<issera manquer de rien ; tant qu’à moi, j'aiencore des fonds, et si j’en avais besoin, je n'aurais qu’à écriré à mon père, ainsi, ne crains rien pour ta mère et ta sœur, Tu dis que tu m'aimes, alors suis ton pére par amour pour moi, acc:pte ce sacrifice de nous quitter, moi et ta sœur, par, amçur pour Dieu, va partout où il ira, SOis toujours bon pour lui, égaie ie autant qu’il te sera possible, et fais tout pour lui faire plaisir, sois certain qu’en agissant ainsi, tu le ramèneras à de meilleurs sentiments. Ensuite tu sais que tout en étant ta mère, je suis son épouse, j'aime ton père et s’il partait seul, je craindrais. ne plus le revoir. Voyons, cher enfant, promets-moi de suivre ton père pour le ramener, écoute moi et ne te chagrine plus.
—Oui,, ma mère, par amour pour vous je le suivrai, dit Gustave prenant une résolution subite, Oui je le suivrai. comme je vous ai suivie de Montréal à Burlington il y a quatre ans ; j’ai aujourd'hui le bonheur de vous voir décidée à embrasser la religion catholique ; en suivant papa, Dieu m’accordera peut-être la même grâce pour lui. Je vous promets de le suivre et de le ramener.
— Que, Dieu te soit en aide, cher enfant, dit madame Dumont en l’embrassant, oui, tu m’as suivie et j'en-bénis Dieu ; espérons que ton père aura le bonheur que j'éprouve en ce moment. Dieu nous envoie parfois des
je me ns déjà j'ai la JOUrras vira de 1 père, #.it à ras un 0Yage
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d’aller ais que à moi, is qu’à re et ta amour i et ta fa, SOÏS ssible, n agisments.
lis Son indrais.
moi de tnete
rai, dit suivrai, 1ilya US voir suivant our lui.
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peines passagères pour nous procurer des joies durables plus tard, C’ést alôrs Que nous réconnaissons Son infinie bonté et appréçions la grandeur de sa miséricorde.
—]Jé vais vous quitter, chèré mère, dit Gustave, mais soyez certaine que Dieu aidant, vous me revérrez dans un an et démié tout au plus.
Au même instant, M. Dumont qui, grâce aux lois favorables des Etats-Unis, venait d’obténir un acte de divorce, à la seule condition que si son épouse révénait à lui dans l’espace d’une année, l’acte deviendrait nul, entra dans la maison bien décidé de faire connaître à son épouse et à son fils ce qu’il venait de fairé, cependant lorsqu'il eut connu la décision de Gustave, il parut content ét ne fit rien savoir. Aussitôt commencèrent les préparatifs du voyage. |
Plusieurs jours se passèrent à tout mettre én ordre, enfin le moment de la séparation arriva, Gustavé conduisit sa mêre au vapeur qui devait la rémener à St. Louis.
M. Dumont les avait suivis à une petite distance en arrière ; troublé, il détournait la tête pour né pas voir son épouse qu’il avait toujours aimée et respectée, il pensait à Alice qu'il allait quitter ; il eût un moment de repentir, et nul ne sait ce qui serait arrivé, si le dernier coup de cloche du vapeur ne l’éut tiré de ses réflexions ; les cables se détachent, le plateforme se retire, et Gustave ést encore dans les bras de sa mére. D’un bond, il saisit son fils, qu’il enlève dans ses bras comme un tout petit
Une sémaine plus tard, M. Dumont et son fils étaient à Omaha, où se concentrsient tous les mormons pour formér luurs caravânes, -Une d’elles devait partir dans deux jours, et être conduité par un apôtre qui, en apercevant M. Dümont, fait éclater sa joie dé le revoir en le
nommant de suite capitaine des gardes. Cette caravare comptait so'xante-et-dix wagons attelés de six paires de bœufs chacur ; au-delà de sent cinquante hommes en état de porter les armes, sans compter les vieillards, les femmes et ies enfants qui ne manquaient pas, le tout formant près cinq cents personnes, On y voyait des anglais, venant en granue partie de la PENCIPANS AE Galles, des Norvégiens, des Prussiens et des Hollandais, deux ou trois Américains, mais pas un seul Frangais ou frlandais. Il parait, penisa Gustave en souriant, que ces apôtres ont de la misére à créer des saints avec les catholiques ; maïs, hélas ! il y à un canadien, ajouta-t-il tristement, et celuilà est mon pére. Non loin des wagons paisaient une grande quantité de bœufs et une trentaine de chevaux de selle, appartenant aux plus riches. Un coup de cloche le tira de ses réflexions, il vit tout le monde se diriger vers le milieu du camp, et la curiosité le fit suivre les autres. Au centre du cercle formé par les wagons, l’apôtre, qui s'était constitué le capitaine général de la caravane, était occupé à dépaaueter des revolvers à sept coups, des carabines, des cartouches, des poignards et plusieurs brassées de câble ; cette besogne terminée, il demanda le silence et d’une voix forte, se mit à dire : mes frères, ces armes ont été achetées avec le produit de votre souccription, Chacun de ceux qui sont en état de les porter, viendra à son tour et j* les distribuerai ; deux cents rondes dé cartouches, deux revolvers et une carabine seront la part de chacun ; ainsi aussitôt que j'aurai fini de vous parlér, vous vous présentérez, n’y manquéz pas. Vous savez, chers frères en Jésus-Christ, que nous avons un grand voyage à faire, nous aurons besoin de ces armes. pour nous protéger contre les Gentils (c’est ainçi que ;es inormôns appellènt tous les chrétiens aui ne sont pas de leur croyance) et les sauvages que nous allons rencontrer sur notre route. Demain nous commencerons nôtré grand pélérinage vers la nouvelle Jérusalem, vers la cité sainte, où coulera le lait et le miel pour nous, lés élus dé Dieu, les saints du dérniér jour ; nous dévrons, à l’exemplé des Israélites conduits par Moïse, marcher en avähf, sans
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avons armes.
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rrainte, et renverser ceux qui ôseraient nous faire obstacle jusqu’à notre arrivée*dans la terre promise ; là, nous aiderons tous à bâtir le royaume que Dieu veut établir pour ses enfants.
—Amen ! Amén ! Alleluia | Gloire à Dieu, s “écria
tout le monde.
—Mahomet n'aurait pas fait mieux, pénsa Gustave, j'ai hâte cependant de voir le lait et le miel.
—Mes frères, continua l’apôtre, je dois vous avertir quo la plus grande discipline devra être observée. Vous devrez m'obéir en toutes choses, car mon devoir, comme capitains m'obligera de punir avec rigueur la moindre infraction ou insubordination.' C'est pour. votre bien à tous que je parle ainsi. Puis faisant venir M° Dumont près de lui, il ajouta : vous voyez devant vous un iliustré converti, un orateur des plus distinguÿs, un nouvel apôtre qui Va se jeter aux pieds du prophète de Diéu, pour recevoir de lui l’onction sainte et la mission d’allar implanter le pur Evangile au Canada, sa patrie. Je l'ai nommé capitaine des gardes, il vous dictera le jour, la nuit et l'héure que vous devrez être de garde ; vous lui donneréz vos noms et ceux de vos fils en érat de manier un fusil, afin qu’il puisse assigner à chacun son tour. Dans le cours «- cette journée, nous passerons à vos tentes pour examiner si vous avez tous assez de provisions Ou s’il vous manque quelque chose. À présent, chers fréres et Sœurs, faites vos derniers préparatifs, car nous partirons à quatre heures précises demain fMmâtin.
Laissons les se. préparer et revenons à madame Dumont que nous avons laissée sur le vapeur én route pour St. LOUE Aussitôt arrivée dans cette ville, elle se rendit à la demeure de M. Lewis. Cé monsieur et sa dame, alarmés de la voit aussi pâle ét aüssi triste, s’empressérent de lui demander. Quel malheur voûs ést donc arrivé madame ?
Madame Dumont leur raconta en pleurant tout ce qui s'était passé ; surpris, M. Lewis <t son épouse’ ne savaient que répünüre, ils ne pouvaient comprendre commeut un ministre aussi distingué, avait pû. adopter une croyance aussi ridicule.
—1l faut espérer madame, dit enfin pl. Lewis, que cette séparation ne sera pas, de longue durée, et que votre époux reviendra bientôt, Je suis cependant peiné de voi: que votre fils est obligé de suspendre ses études, si vous saviez combien il était estimé au coliège, combien ses maîtres, qui m’en parlaient hier encore, ont hâte de le voir revenir,; mais il faut se soumettre à la volonté de Dieu, votre fils est un digne jeune homme, il remplira sa promesse et vous ramènera votre époux, soyez en certaine.
—LC'est cette confiance qui me donne un peu de consolation, dit madame Dumont, j'ai l’espérance que Dieu me rendra mon époux et mon fils ; mais veuillez donc me dire comment est ma fille ? Nr
—Votre, Alice est un ange de bonté, répondit M. Lewis, nous la voyons deux et trois fois par semaine et nous avons appris à la considérer comme notre. propre enfant. Clara, notre fille, la regarde comme une sœur dont ges. saurait se séparer, en un mot elles ne se quittent jamais. F pe
—Et chaque fois que nous la voyons, dit madame Lewis, elle nous témoigne toujours le plus grand respect, s’informe de notre santé, de la vôtre et de Gustave, qu’elle croit, encore au collège ; cette nouvelle va lui causer beaucoup de. peine, la chére enfant, elle au cœur si tendre et qui aime tant son frère ; je ne sais réellement commen: faire pour lui annoncer cette nouvelle sans trop la surprendre. | | |
Il serait mieux que tu irais seule au couvent pour l’amener. ici, dit M. Lewis. Elle sera joyeuse en voyant sa mêre qui saura mieux que nous comment s’y prendre pour lui faire connaître ce qui est arrivé. Surtout ne lui laisse rien apercevoir en l’amenant.
—C'est ce qu’il y a de mieux à faire, dit Mad. Lewis en sottant pour ordonner la voiture. Ve
—Une demie heure après, Alice, surprise de voir sa mère,sautait toute joyeuse dans ses bras et lui faisait mille questions. Dans sa; joie, elle ne f’aperçut pas de la pâleur et.de la tristesse imprimées sur sa figure, êt lui demande : mamam, êtes vous allé voir Gustave au collège ?
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— Non, pas encore, répondit Mad. Dumont ne pouvant retenir ses larmes davantage.
— Que j je suis contente, s’écria Alice nous irons au... mais S ‘apercevant que sa. mère . pleurait,. elle s’'écria : Mais qu'avez-vous donc, chère, maman |... Comme vous êtes pâle... pourquoi pleurez-vous ?..: Voyant: que sa mère ne répondait pas, elle fondit en: larmes. ,et. ajouta d’une voix étouffée : Parlez, maman. vite, est il arrivé, quelque malheur à Gustave. Ah! mon Dieu serait-il possible que mon frère fut mort.
—Pour l'amour de Dieu, calme toi, chère enfant, s'écria Mad. Dumont ; mais Alice,.ne l’entendit point, elle était tonbée évanouie , dars les bras .de Mad. Levis. qui ne pouvait retenir. ses larmes,
On s'empressa de la porter sur-un lit, de. lui donner les soins nécessaires,, Revenue. à..elle, Alice aperçoit Sa mère à ses Côtés et jun nouyeau torrent. de:larmes inonde son oreiller. Au.bout de quelques minutes, elle se. mit à dire : maman, je viens de faire un beau, rêve, j'ai vu entrer Gustave tout, joyeux dansile parterre/en avant de cette maisen, papa qui. le. suivait. vous. fut. présenté par lui ;-ilm'a semblé que papa.pleurait lorsqu'il. vous à aperçue, et vous, de votre côté, étiez toute joyeuse de le revoir... Alors je vous ai demandé Ja cause, de cette joie extraordinaire, et. vous avez répondu : Si je suis si joyeuse, c'est parce que ton. frère me Famène mon époux. et ton père... J'allais justement me jeter dans les bras de Gustave lorsque je me suis éveillé. Ah | mamau, je vous en prie, dites-moi donc çe qui est arrivé ?
—Tu viens de me, le dire toi-même, chère enfint, répondit Mad. Dumont, ce n’est pas un rêve, mais. Ja réalité que, tu A5 :vue, l'ange qui te protège t'a tout fait connaître, afin que tu ne t’ attristes pas trop de l’absence de ton père et de ce frère qui t'aime tant; Tu viens aussi de remplir mon cœur d'espérance et. m'assurer, que ton père reviendra bientôt. Elle lui raconta ensuite | tout. ce qui s'était passé et ajouta ; consolestoi, ma fille; je vais rester auprès de toi, auprès de mon Alice, jpsqu'as retour de ton père.et,.de notre Gustave,
Vous allez rester’ auprès de moi, chère maman; s’écria Alice.
—Oui, reprit Mad! Diont : ; mais comme je né veux pas être à la charge dés nobles personnes qui t'ont prodigué tant de bonté, je mé placerai près de ton couvent ; et plus tard, si. céla est ‘nécessaire, nous partifons pour l'Etat du Vermont où réside mon pèré | aura bien'soin de nous.
Non pas, dit Mad. Lewis qui éhtrait en ce môment, M. Lewis et moi, venons de décider que vous restériez avec nous en attendant le retour de votre époux.
—Mais..…. Madame, dit Mad. Dumort.. je...
—Ne nous affligez pas en nous refusant ce plaisir, dit Mad. Lewis en l'interrompant. Que ferait nôtre Clara sielle se voyait séparée de votre fille qu’elle aime et regaide comme sa sœur ? ét’ ne craignez pas d’être à charge ou de nous fatiguer en restant dans cètte maison.
—]J'espère que vous ne’ refuseréz pas de ‘rester avec nous, madame, dit M. Lewis qui entrait pour s’énquérir de l’état d'Alice ; d'ailléurs, n'est-il pas miéux que votre père ne sache pas ce qui vous est arrivé pour le moment ; attendez une ‘couple d’années, et si votre époux ne revient pas, vous pourrez alors lui ‘apprendre bette nouvelle- si vous le désirez, il sera toujours assez ' tôt de lui causer cetté peine. : Puis, se tournant vers Alice, ‘il ajouta : N'est-ce pas, ma fillé, tu ne voudraïs pas quitter notre Clara, nôn, j'en suis.certain. Je suis bien aise de té voir mieux ; tu ne pleureras plus pour me faire plaisir. Voyons, je proposé ün tour à la campagne.
Oui, dit Mad. Lewis, l'air puret frais qu'on y respire nous fera du bien à tous:
Alice! recôhhäissante, embrasse ses biénfäitetits ; cinq minutes après, uñe belle voiture, traînée rapidement par deux superbes coursiers, lés sortaient de la ville, qu'ils fé: révirenit qué- fort tärd dans la soirée. Quelques jours après, la résignation ‘succéda aux pléurs (# à lä-peiñe. Mad. Dumont, voulant sé rendre titile,- avait démandé qu'on lui donnât de l'ouvrage; mais Mad. Lewis lui fit entendre avec bônté qu’elle ne lui PNR pas de
s’écria
è veux prodivent ; JS pour n'soin
ment, stériez
sir, dit e ai aime et l'être à ndison.
er AVEC nquérir 1e vutre oment ; oux ne té noude lui lice, ‘il quitter aisé de piaïsir.
y res-
s >: cinq tent par qu'ils es jours i'peine.
rive mr s ui’ fit
| pes de
payer ce que l’on faisait pour elle. Alice, plus joyeuse, retourna au couvent, êt l’on attendit avec espérance.