CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME
UNE VISITE AU LAC SALÉ.— PASSE AU TEMPLE.— GUSTAVE FAIT SORTIR UNE SAINTE DE LA MAISON DE SON PÈRE.—DOCTRINES DU MORMONISME.—OU EST LA BABYLONE,
Quelques jours après, nos trois amis se rendirent au Lac Salé pour faire une promenade en chaloupe; ils embarquent dans un petit chaland, seule embarcation qui s'y trouvait alors, et se dirigent vers une île à quelques milles de distance. L’eau était tellement épaisse, que malgré leurs efforts, ils pouvaient à peine manier leurs avirons, encore moins faire avancer ce bateau à fond plat.
— Je suis fatigué de travailler si fort, dit Gustave, cette eau est tellement imprégnée de sel que nos avirons en sont déjà tout couverts.
—Nous ferions mieux de retourner, dit George, d’ailleurs le vent commence à s'élever et je crains de m’aventurer plus loin. . eee
—Tu crains de prendre un bain de sel, je suppose, ÿ dit Gustave, pourtant il ne vous brûlera pas celui là,
—Qu'importe, reprit George, je n’aimerais pas à tourner en statue de sel.
—Ne regarde pas en arrière de toi, dit Arthur, il n’y aura pas de danger.
—Et nous devons être éloignés de Sodome et Gomorrhe, ajouta Gustave.
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Ce lac, long de 70 milles ét large de trénte, est une des curiosités des plus remarquables de cette contrée, son eau est tellement imprégnée de sel, que pas un poisson ou être vivant quelconque ne s’y trouve ; ‘ses grêves sont couvertes d’uhé épaisseur de quatre à cinq pieds de ce sel que la chaleur du soleil a érystalisé. ‘Comment se fait-il que l’eau de ce lac, situé à 450 pieds au-dessus du niveau de la mer, et dont les tributaires nombreux sont tous d’eau douce, soit aussi salée, c'est ce que les savants n’ont jamais pû bien expliquer, et plusieurs le comparent à la mer morte de la Palestine.
Nos trois amis revinrent vers la grêve, et rep:irent la direction ue la ville. Comme ils y éntraient, Gustave aperçut son père qui se dirigeait vers le temple accompagné «’une femme. Il croit la reconnaître et pousse un soupir.
—Où va donc votre père avec cette femme? demande George.
—Je ne sais réellement, répondit Gustave, il va peut être faire sa passée au temple aujourd’hui, et tout en parlant il essuyait une larme.
—Que veut dire céla ? demanda Arthur.
— Une espèce de confirmation, dit Gustave, papa m'a dit hier qu’il devait d'abord passer par toutes les phases
. de la création, afin d’être né de nouvéau pour devenir
réellement üun des saints du dernier jour ; je recevrai ensuite, m'a-t-il dit, la confirmation, ies secrets, l’huile sainte et les habits que je devrai porter sur mon corps -toute.ma vie.
—J'aimerais, dit George, à savoir comment on s’y prend pour sanctifier le monde dans ce temple.
— Tu n'as qu’à te mettre mormon, dit Arthur, ensuite ils feront un saint de toi en te faisant tourner autour de ce bâtiment rond.
—Et où le tout se fait rondement, ajouta Gustave en souriant, voulant cacher la tristesse qui s'était ernparé de lui.
Ils asrivent à la maison, et Gustave se dirige de suite vers sa chambre où il s’enferme pour donner libre cours
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à ses pensées. Il se jette sur une chaise et se met à pleurer ; la vue de son père se dirigeant au temple avec une femme l'avait éffraÿé, cette pensée lui déchire le cœur ; sa mère et sa sœur lui apparaissent, il lés voit tristes et abattues demandant à Dieu les forcés dont elles ont besoin pour supporter les peines qu'elles enidurent ; il lui semblé entendre la voix de sa mère lui diré : mon cher fils, ramène moi mon époux, et celle de sa sœur qui ajoute : ‘* cher frère, ramène papa.” De nouvelles lz:mes inondent sa figure et uné suevr froide couvre tout son corps. Il cherche à éloigner cette pensée, aussitôt une autre, plus amère encore, se présente ; il voit son père faisant sa passée au temple avec cette femme ; il lui semble que son père cherche un moyen pour s'éloigner d’elle, mais elle le retient par les sourires et les mille attentions qu’elle lui prodigue. Cette vue le fait frémir ; malheuréuse ! se dit-il ; les larmes l’étouffent et son cœur bât avec force. N’en pouvant plus, il se jette à genoux, élève
ses bras vers le ciel et s’écrie d’une voix suppliante : O
mon Dieu, ne pernmiettez pas que mon père s’oublie ainsi,
ayez pitié de lui je vous en conjure ; faites de moi tout
ce qu'il vous plaira, mais sauvez mon père de la perdition
en l’empêchant de vous offenser aussi cruellement ; faites
lui connaître son erreur et le crime qu'il commettrait en
épousant une autre femme tant que ma mère vivra. S:!
vous faut une victime, O mon Dieu, ne m'épargnez point,
mais rendez à ma mère son époux, et à ma sœur un père qu’elle aime tant. Tournez vos regards vers elles, je vous en supplie, et exaucez les prières qu’elles vous adressent
pour mon père et moi, et faites que nous soyons réunis
bientôt.
Consolé par la prière, il se lève et sort de la maison pour respirer plus à l’aise. M. Dumont arrive au même instant, Gustave voit qu’il est pâle et agité, il s'empresse d’aller au devant de lui et lui demande :
—Qu'avez-vous donc père ? êtes vous malade ?
—Non, mon fils, répondit M. Dumont, au contraire, j'éprouve une grande joie, mais läisse-moi seul, demain je te ferai connaître mes projets.
En attendant parler de projets, Gustave pâlit et s’éloigna rapidement sans trop savoir où il allait. Tout absorbé par les pensées. amères qui l’accablent, il ne s'aperçoit pas de l’obscurité qui commence à se répandre partout ; tout-à-coup, il lui semble entendre une voix lui dire ‘6 Retourne à là maison.’” Il revient sur ses pas avec la même rapidité, il entre ét aperçoit cette même femme assise auprès de son père et causant avec lui. Indigné, il monte à sa chambre et ferme la porte avec force, mais une autre pensée le saisit, il ouvre ia purte de nouveau et entend son père dire à cette femme :
--Nous pouvuns nous marier dès demain si vous le voulez ; ce sera aussi bien que plus tard,
Que vaus me rendez heureuse ! s’écrie cette femme, quel...
Mais elle ne peut continuer, Gustave entre tout-à-coup et s’écrie d’une voix forte : Sortez d’ici malheureuse, Satan vous a-t-il envoyé pour entraîner mon père dans un abîme ? Combien d’homines avez-vous ainsi perdus et arrachés à leurs épouses légitimes ? Mon père n'est pas le premier que vous avez attiré par votre beauté. Hors d'ici, sans cela. et il s’élance sur elle...
—Arrète. arrête, lui crie son père pâle et défait, en essayant de le retenir.
—Quoi ! dit Gustave en se tournant du côté de son père, vous voulez épouser cette femme uniquement pour lui plaire. Avez-vous perdu tout sentiment et ne voyez-vous pas que toute belle qu’elle est, elle n’est autre chose qu’une prostituée ; pas une femme honnête ne voudrait s’allier avec un homme qu'elle sait avoir son épouse ? Ne savez-vous pas que dans trois ou quatre mois, et avant peut-être, elle vous abandonnera pour prendre un homme nouveau ? J'ai connu le caractère de cette femme avant aujourd’hui, elle a quatre maris vivant tous encore. Voulez-vous être le cinquième qu’elle quittera bientôt pour un-autre qui lui plaira d'avantage ? Ah ! cher père, où en êtes-vous rendu avec votre interprétation de l'Evangile ! Ne voyez-vous pas la faute grave que vous voulez commettre et le piège que cette femme vous tend ?
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Respectez-vous donc, je vous en prie. Voulez-vous abandonner votre épouse et vos enfants pour vous jeter dans les bras d’une femme qui a tout perdu, honneur et vertu ?
Cette femme, effrayée, était comme clouée sur sa chaise et n’osait proférer une seule parole. M. Dumont n'osait lever la vue et répondre à son fils qui tenait les yeux fixés sur lui. HA
Voyant que son pére n'osait pas répondre, Custave reprit d’un ton de douceur : :
—kKRépondez-moi donc, cher-père ; dites-mti, ï» vous en prie, Que vous ne voulez pas nous abandonner ; que la figure douce et aimable de ma mère est encore
evant vos yeux, et que ma Sœur, cet ange de beauté et de douceur, vous est encore chère; né suis-je pas venu ici, ne vous ai-je pas suivi parceaue je vous aimais ? Ne savez-vous pas que ma mère et ma sœur pleurent votre absence et soupirent après l’heureux moment de votre retour. DER.
—Assez.. assez, cher enfant, dit M. Dumont en embrassant son fils, non, je ne vous abandonnerai pas, non, jamais, qué Dieu m'en garde ; et il s’enfuit dans la chambre de Gustave et en ferma la porte.
—Merci, mon Dieu, dit Gustave en levant la vue vers le ciel; puis, se tournant du côté de cette femme qui n'avait pas encore bougé, il ajouta avec force : M’avezvous entendu ? allez vons en, vous dis-je, et faites en sorte que mon père ne vous voit plus.
Mais elle ne bougeait pas.
—Allez-vous sortir? dit Gustare en avançant vers elle ; voulez-vous qué j’use de violence ? sh dl
Craignant que Gustave re mit sa menace à exécution, elle se lève en lançant un regard de haïne sur lui, et se dirige vers la porte en disant avec colère :
—"Tu te souviendras de moi, jeune hormime ; je vais en avertir le prophète, qui saura bien te punir. |
—Vous et le prophète, dit twve avec moduérie, sont deux saints que je ne crain3 pas; dites-lui céla èt faites ce que vous voudrez, Dieu saura me protéger et vous confondre : et il ferma la porte en lui donnant à peine le temps de sortir. 1
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304 GUSYAVE
Le lendemain étant un dimanche, M. Williams et plusieurs autres. Mormons étaient venus passer la veillée avec. M. Dumont. La conversation roula pendant quelque temps sur la politique, et enfin sur la religion ; chacun voulait faire prévaloir son opinion; on discutait sur le bonheur du juste après la mort.
Oui, dit M. Dumont, Dieu a promis un bonheur parfait aux saints du dernier jour; ainsi, le père de famille jouira du bonheur céleste avée toute sa famille,
C'est ce qu'il ÿ a. de beau dans notre religion, dit M. Williams; le pére de famille est *ertain que ses. femmes et ses enfants le suivront en paradis. .
— À condition qu'il y soit admis lui-méme, dit Gustave en souriant ; mais pour celui dont les femmes et les enfants ne sont pas mormons, qu’arrivera-t-il ?
— Notre sainte religion nous donne un moyen d'y remédier, dit M. Dumont ; c’est le baptême pour te morts. Ainsi un père de famille peut se faire baptiser pour une de.ses épouses ou aucun dle ses enfants, qui seraient morts sans avoir été reçus membres de notre. Eglise ; et ce baptême les fait entrer et participér à toutes: les grâces et au bonheur céleste, tout comme s'ils avaient. été baptisés eux-mêmes.
ais si le père mourait le prétuier, dit un de ceux. qui ir écoutaient.
—Dans ce cas tout autre pourrait communiquer cette faveur, répondit M. Dumont ; j'aurais dû m'expliquer mieux au commencement. Non-seulement au père, dé famille, mais ce, baptème :s applique à tous, à un, époux pour chacune de ses épouses, Aune épouse pour. son époux, à un frère pour un. frère ou une sœur, un ami pOur un #pi> il n’y a pas, de.distinction ou de parenté. :
—Nous pouvons donc.noûs faire baptiser pour tous n0$ parents décédés, ou autres pour lesqueis nos le désirons » dit un autre,
-- Certainement, dit. M Dumont, Ke c 'est € que je me propose de faire à Téga de,mon. pè Ron Ne ma, mère (grand père ét, mère r Gustave à ontréal), aussitôt que. jé saurai qu'il sont. morts, et ainsi je. pourrai les sauver.
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Très commode cela, dit un homme ën entrant, j'espère qué vous en ferez autant pour moi après ma mort. |
Ah! C'est vous M. Pépin, dit Gustave, je suis content de vous voir.
Et moi aussi, dit M: Pepin, j'espère que vous jouissez tous d’une bonne santé, ajouta-t-il en saluänt la compagnie.
—Assez bonne, merci, dirent M. Williams et M. Dumont ensemble ; ;. voici un siège, veuillez vous asseoir. Cè M. Pépin n'était autre que le Canadien rencontr par Gustave at son avant garde duprèés du convoi en feu dans la prairie ; ce monsieur était #4 d’une trentaine d'années et résiddit aux Etats-Unis épuis sa sortie du collège de Montréal, où il avait presque terminé ses étudés. Il en avait été rétiré par ses parents qui émigréerent pour Cherchér forturie, mais Comme beaucoup d’autres, ils moururent Sans pouvoir réussir, M. Pepin, laissé à lui-même, se mit à Voyager, lutôt pour s’instrüire ét voir du pays, que pour ramasser de l'argerit, et malgré les aventures périlleuses et les dangers qu’il avait courus, il devait partir Sous peu pour la Califoruie, où il voëlait
passer quelques années avant de revenir au Canada.
— Je ne suis pas venu ici pour vous interrompre dans votre discussion, veuillez continuer, dit M. Pépin.
Nous étions à discuter sur le baptême pour lès morts, dit M. Williams, chacun émettait son opinion, à vous d’en faire autan: si vous lé voulez.
—Où avez-vous trouvé cette opinion, mon père ? demanda Gustave; “vous dites qné le père de famille qui va én De émitèfie avec lui toute sa famille ; qui à dit
cela ?
—$t. Paul d'abord, puis St. Jéan dâns sôn Apocalypse, répondit M. Dümont ; ces deux apôtres nous disent clairément que les saints jouiront d'un botheur parfait ; dr, comment véux-tÜ qu'ils puissent jouir d'un bôtheur parfait sans avoir avec eux leurs familles qu'ils Ont dimées sur la terre. De plus, Dieu n'a:t-il pas dit; ‘je bénirai lés fâmillés de ceux qui me craignent ét obéissènt j jusqu’à la quatrième et cinquième génération.”
—Belle interprêtation que celle-là, dit M. Pepin, et avec de tels arguments, il u’est pas nécessaire de discuter , mais je me permettrai deux observations qui vous feront voir la fausseté de votre: interprêtation et l’absurdité des cpinions que vous venez d’avancer ; d’abord, pour ce bonheur parfait, qui d’après vous, ne le sera qu’en ayant sa famille avec soi pour en jouir ; ne savez-vous pas que le juste rendu parfait et jouissant du bonheur céleste, jouira de Dieu lui-même, de sa beauté, de sa bonté comme de sa justice ; il est vrai que ce juste pourra intercéder en faveur d’une épouse, d’un enfant, d’un parent ou d’un ami, tant que ceux-ci vivront ; mais dès que Dieu aura prononcé le jugement qui décidera de leur sort, ce juste, se comolaisant dans la justice de Dieu, louera ét bénira cette justice qui aura justifié ou condamné ceux pour lesquels il avait intercédé, et il se joindra aux autres saints pour chanter ‘* Hosanna ” au Dieu tout puissant et infiniment juste, qui punit les méchants et récompense les bons; vous dites que les femmes et les enfants suivront le père de famille parce que Dieu a dit: Je bénirai ceux qui m’aiment dans leurs générations ; belle théorie; êtesvous logique dans votre iuterprêtation, non... Etes-vous en accord avec la raison, non... j'irai mème plus loin ; mettez vous votre théorie en pratique ? et je répondrai encore non... Dieu a certainement promis de bénir les générations de ceux qui l’aiment et lui obéissent ; c’est-àdire, Dieu se plaira à leur donner un surcroit de grâces, il se plaira à leur accorder tout ce qu’elles lui demanderont ; mais entendez le bien, il faudra que ces générations en profitent, qu’elles n’abusent point des grâces répandues sur élles ; il faudra qu’elles continuent à aimer et à obéir à ce Dieu qui se plait à les protéger, sinon. elles. n’en seront que plus coupables et mériteront. un châtiment plus sévère. J'ai dit que vous ne mettiez pas votre théorie en pratique, et la preuve est que vous faites tout ce que vous pouvez pour attirer les femmes et les enfants. dans votre secte ; laissez les donc, ceux là, leur place ést assurée ; attaquez vous seulement aux pères de famille, faites les tous embrasser le mormonisme et il n’y aura plus de damnés.
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un châtipas votre ites tout ss enfants.
place est famille.
aura plus
A ment doit l’être autant, sinon plus que les prières que
GUSTAYF 307
— Et à quoi sert de vous fatiguer pour me faire embrasser le mormonisme, mon père, dit Gustave, si vous allez en paradis, que je sois catholique. ou mehométan, bon grè malgré, il faudra bien que je vous suive, et avec moi, toute ma farhille, si je viens à en avoir, et ainsi dé suite jusqu’à la fin des temps.
Et le baptème pour les morts, reprit M. Penin y: en voilà une curieuse opinion ; # pourquoi ne ka mettez-vous pas eu pratique ?
—Nous la mettons en pratique, dit M. Dei il ne se passe pas une seule journée sans ave l’on administre ce sacrement pour des parents ou .de. is défunts.
—Et vous dites que ce baptème est efficace rt ces défunts, dit M. Pepin.: ,
— Oui cértainement, répondit M. eat; un-sacrevous, catholiques, adressez au ciel pour les morts,
Etre baptisé et, prier pour les morts est différent, dit M. Pepin ; nous avons vu les apôtres prier pour les défunts, mais non être baptisés pour:eux ; un sacrement ne. se donne qu’à la personne même, et ne peut avoir d'efficacité autrement. Mais une question, s’il vous plaît, pourquoi l'un des dignitaires de votre Eglise, Brigham Young par exemple, ne se fait-il pas baptiser pour Adam de suite ? vous savez que notre premier père n’était pas mormon ; or sice baptême a l'efficacité voulue d’après votre théorie, Adam serait sauvé-et avec lui tous ses enfants, puisque ces derniers doivent suivre le père en paradis. Quelle belle action le prophète ferait ; il remplirait. le ciel et vide: ait l’enfer du coup... Voyons, réfléchissez un peu pour vous apercévoir de l’absurdité de ces doctrines contraires à l'Evangile, à la ‘raison et à l’enseignement de notreldivin Sauveur, moït sur la croix pour nous racheter. —Ces 1bsurdités né se voient point dans l'Eglise catholique, dit Gustave.
—Laisse moi donc avec ton Eglise catholique, dit M. Dumont, irrité de ne pouvoir refuter les arguments de M. Pepin, cette Eglise est la Babylone de l’Apocalypse, elle est remplie d'erreurs et de confusion.
—Et le cher dont le nom est le pape, ajouta M. Williams/w'est autre que la bête de: l'Apocalypse ; il n’y à que lui qui se place sur le trône de Dieu, et se fasse rendre un culte divin.
Oui, des ignorants catholiques, reprit M: Dont chaque fois que ce pape est assis .sun: son: trône, ils viennent lui baisér les pieds en se prosternant devant lui; et comme la bête de l’Apocalypse il leur dit :: Qui est:sem-
blable à moi ? Qui pourra me combattre: ? C’est à moi :
que vous devéz obéir, c'est moi qui possède toute autorité.
—Vous voyez notre Eglise d’un bon œil; dit M. Pepin; mais ik ne: faut pas vous en vouloir pour cela, vous ne la connaissez pas. -
—]Je ia connais bien moi, dit M; Diéont, et je le répète} Eglise romaine est la Babylone de 1Apocalypse dont le chef'se place sur le trône de Dieu; én reclamant toute autorité.
— Avez-vous été tin vd pour la connaître? derbanda M. Pepin:
4 Oui, répondit M. Dumont et rap longteraps, à ma
onte.
cDites done plutét . qu! ‘à votre: chonté vous : l'avez quittée, dit M. Pépin; veuilléz done répondre à cette question; quesignifie le-rot Babylonèe ?
esCe mot veut dire ‘confusion, a gipbs M. Dumont, il vient du mot Babel: : 0".
Alors comment puayen: vous appeler l'Eglise catholique Babylone ?
Par le grand nombre ec ïà confusion de ses doctrines.
+-Si elles étaient aussi absurdes que celles que ‘vous discutiez tout à l'heure, je vous donnerais gain: de cause, mais des-preuves s’il vous plaît? QUX
“Les preuves :sont très faciles à. donner, dit M.-Duoh; d’abord; vous oroyez .que Jésus-Christ est le-seul médiateur entre Dieu et les hommes, ‘et:cependant vous invoquez la vierge Marie let des milliers de saints, et-cela sans savoir's/ils le sont: réellement; prernière ‘onfusion : ; ensuite; vous croyez que cé même Jésus-Christ a expié sur
la croix pour nos péthés, et vous le sacrifiez tous les jours À
dans votre messe, seconde confusion ; vous.
M. Wilil n'ya se fasse
Dumont, ‘ils vienit lui; et est semest à moi | : autorité.
f: Pepin; ous ne la t, et je le
pocalypse reclamant
dernanda mps, à me
us: l'avez te à cette
Dumont, ise catho-
doctrines.
que. vous de cause,
dit M. Dur est le-seul dant vous ats, et-cela onfusion ; à expié Sur is les jours
| grande ? D’ab
— Arrêtez un peu, dit M, Pepin, laissez-moi repondre à ces deux objections avant d'aller, plus loin, et:l s’engagea, une discussion à laquelle prirent. part MM. Williams; Dumont.et.deux ou. trois. autres d'un. côté, -et M. Pepin et. Gustave..de. l’autre ; elle,se termina par. une défaite complète des premiers. Nousine la répétons pas ie 7 que ces deux. points ont déjà été discutés danc: ce IVres
Vous voyez donc, dit M, Pepin, qu il n existe o de confusion-dans ces deux doctrines ; ;-ikenest ape je toutes les autres... Allez dans n'importe quelle. partie du monde, et l'Eglise catholique. est parteut la même; vous trouverez dans cette, Eglise un corps parfaitement Orga-. nisé, une tête et un gouvernement: parfaitement constitués ruxquels. tous obéissent.; partout’ les, mêmes. doctrines, partout les mêmes cérémonies, partout les mêmes prières et les mêmes chants ; que dis-je, partout, la:même langue. dans. ses. cérémonies, ses prières, et. ses chants; un canadien peut aller en Espagne, et.làilentendra:la messe tout. aussi bien que chez, lui ; vous appelez.c"la de la confusion, et-cependant. rien. .de plus lelair et de mieux ordonné; unité dans la foi, unité..dans la doctrine, unité en tout: Mais. voulez-vous savoir oùest. cette, grande Babylone, cette grande confusion; je-vais vous Le dire ; cuite Babylone, cette grande confusion, les Seux veulent dire la même.chose, existent dansile protestantisme. | pro non, rerente pspieurs, vous:ne prouverez ein
—<Ma preuve pe sera pas. aussi difficile. à faire: que la
vôtre; reprit M, Pepin... Je: dis qu'il y confusion dans
le protestantismeet elle-y;est:telleme seul peut la rage st son : sorts . .
Ù — Je. suppose que, vous voulez. parler, des, sectes. noui: reuses formant-le protestantisme, dit M.Dumont:; petits différends qni existent entre elles R£ SO: A EE: grands pour-appsler cela de a confusion,;
—Comment |: reprit M. Pepin, vous dites: que la difrérence dans rw Mloctriries et. leurs. croyances :m'est- °pa$ je, vous dirai : le protestantisme n’a
pas de doctrine, pas de croyance, il proteste, voilà tout ; et en effet, qu'est-ce qu'une secte protestante ? Chacun de ses membres ne peut-il pas, né doit-il pas, en vertu du libre examén, se regarder comme absoliüment indépendant, et briser l'unité factice du groupe auquel il est censé appartenir ? Et voilà pourquoi nous voyons autant de religions que de sectes, autant de sectes que de têtes, autant de caprices et de croyances que d’interprètes. N'en faites-vous pas la preuve vous-mêmes, tous les dimanches, dans vôtre temple ? Ne vous permettez-vous päs des diseussions sur telle ou télle doctrine ? Et dans ces discussions, êtes-vous toujours d'accord? Non, j'ai vu moi-même de vos frères 'sortir de ce temple en jurant de n’y jamaïs remettre les pieds; °°°" 1 41 J'en conviens, dit M. Williams, mais cela ne prouve pas là grande ‘différence qui, selon ‘vous, existe dans les sectes protestantes. « C6 EE ES Je vais vous satisfaire, reprit M. Pépin ;' j’aimerais pouvoir vous norutner toutes-les sectes qui composent la grande église protestante; mais je ne le puis, Vu que la statistique d’aujourd’hui!ne serait pas bonné‘deïnain, les sectes protéstantés naissent et meurent comme Îles insectes ; j'en nomtinerai cepéndant quelques-unes, jé férai voir leurs croyances, et vous serez forcés de convenir
qu’il existé une grande différence entre elles ; d’abord, 1
les Unitairiens-nient la divinité du. Christ, toutes les autres sectes voient un Dieu en Jésus-Christ ; petite diffé-
rence celle-là, n'est-ce pas? les Universalistes affirment Æ
que la foi seule suffit au salut; et quellé foi encore? Il suffit, disent-ils, de croire en Jésus-Christ comme sauveur des hommes pour être sauvé ; à!coté d’egx vient le Pres-
bytérien avec sa doctrine de prédéstitiation ; il'n°y a, |
d'après lui, qué celui dont le trône a été préparé de toute éternité qui ser4 sauvé, encore une petite différence, n'est-ce pas ? Les Spiritualistes, mais je ne devrais pas parler de ceux-ci, toutes les vapeurs qui leur passent däns la tête sont des révélations dé l'Esprit:Saint ;°les Méthodistes rejettent tout article de fôi, pendant que l’Episcopélien en admet ttente-cinq ; ici la différence sé trouve
à tout : dans le.chiffre seulement ; je puis me tromper cependant. Chacun Qu'en pensez-vous ? Les Campbellistes, quise sont séparés n' vertu des Baptistes parce que ceux-ci sont trop .exigean ts sur le nt indé- baptème ; les Baptistes rigoureux, qui n’admettent aucune el il est autre secte. à leur communion; se croyant,seuls dignes de S autant participer à la. table sainte, pendant ;que ‘les- Baptistes de têtes, libres les admettent toutes ; les Puritains, qui. vivent en erprètes. commun, les Quakers, les Congrégationalistes, les Anavous les baptistes, les Chrétiens bibliques, les Frères de l'Unité, ttez:vous les Calvinistes, les Swedenborgiens, les Luthériens ; Æt dans mais je m'arrête, je pourrais en énumérer d'ici à demain Non, j'ai matin ; ét toutes ces sectes diffèrent, et grandement, en jurant dans leurs croyances ; les unes rejettent le baptème des enfants, les autres le veulent comme. indispensable au ie prouve salut ; les unes admettent l'efficacité de quelques sacree vd les ments, les autrés ies rejettent et se moquent de ceux qui les reçoivent ; en un mot, ils diffèrent sur les points les j'aimerais plus essentiels, et ne s'accordent que sur une seule chose, posent la et sur quoi, rae demanderez-vous ? Sur la haine et leur va que la antipathie contre le catholicisme.
sinain, les — Il y a une secte que vous avez oubliée, dit Gustave, les insec- elle mérite pourtant considération ; je veux parler des
s, je férai convenir d'abord, toutes les tite diffé-
saints du dernier jour.
—]Je vous en demande bien pardon, dit M. Pepin, j'aurais dû la nommer la première, quoiqu’elle soit la dernière apparue. Vous appartenez à cette secte, Messieurs, Ne trouvez-vous pas de différence entre vos
affirment Æ doctrines et celles des autres sectes protestantes ? Ces ncore? Il sectes lisent la Bible comme vous pourtant, et, dites-le he sauveur M moi, croient- elles en la pluralité des fera. comme ntle Pres. D vous? Non; ilest vrai, cependant, qu'il n’y a pas une
grande différence, ou d’avoir plusieurs femmes ou de n’en avoir qu'une. Permettez-moi de vous dire que le protestantisme avait besoin d’une couronne, et il l’a trouvée avec le mormonisme, car cette secte est protestante à la perfection, elle ne laisse aucun coin de la Bible sans le fouiller, l'Ancien Testament est surtout l'objet de son étude spécial. Eh bien! Messieurs, ditesmoi à présent où est la confusion ? J'irai même plus loin,
äiln'y 2, | 6 de toute différence, evrais pas SS ant däns es Métho- 1Episco- :gé trouve
ba ‘il y'a confusion non-seulément dans les sectés, mais il y de a'aussi confusion €hez les individus appartenant à él même secte ; ‘rencontrez deux Méthodistes, l'un après len l'äütre, demandez:leur leur croyance sur un texte quel- Pe conque, l’un “vous répondra qu'il ÿ croit, et lé second : n’y croira pas ; il en est ainsi des Baptistes ét autres. Il Gu y a donc confusion dans les idées, confusion dans les # doctrines, confusion dans la Croyance, non, je mé trompe, À hor
le protestant ne croit en rien, tout est confus pour lui, il cou affirmera une chose aujourd’hui et la niera demain. Le à pou
protestantisme ëst donc cette Babylone de l’Apocalypse, et non l'Eglise catholique, dont la doctrine, la croyance Æ com et les cérémonies sont partout les mêmes. agit
Vous vous trompez, monsieur, dit M. Dumont, car Æ dev. St. Jean dit clairement dans son Apocalypse que le chef ps de cetté Babylone s’asséoira sur le trône de Dieu et se Æ men proclamera comme tel. Nous ne voyons rien de cela taire dans le protestantisme, ‘il n’ÿ a que le chef de l'Eglise romaine, c’est-à-dire le pape, qui agit ainsi. :
—C'est bien clair, dit M. Williams, cette babylone Æ votre est l'Eglise romaine.
—Quand avez-vous"vu le Pape monter sur le trône de jJieu et se proclamer comme tel ? demanda Gustave. de
— Plusieurs fois dans l’année, répondit M. Dumont, à Æ pape la fête de St. Pierre, par exemple, tous les catho'‘ques s’agenouillent devant lui et baisent ses pieds. Roouil
—Monte-tl sur le trône de Dieu pour cela ? qe M. Æc'esc Pepin.
—Non pas directement, répondit M. Dumont ; cependant, la chaise] qu’il occupe est placée au niveau ‘de l’autel, à la même hauteur que le tabernacle.
Et; je suppose qu’une fois sur cette chaise aussi élevée, le pape se fait passer pour un Dieu.
—Les honreurs qu’il se fait rendre ne sont dûs qu’à Dieu, dit M. Williams.
—C'est cela, dit M. Dumont, on ne doit pas s'agenouiller devañt un homme, éncore moins lui baiser l:5 pieds, c’est un acte d’adoration.
— Vous condamnez alors Notre-Seigneur, qui a lavé et
mais il y ant à une ‘un après exte quellé second uütres. Il | dans les 1é trompe, our lui, il nain. Le pocalypse, x CrOyance
imont, car jue le chef
Dieu et se en de cela de l'Eglise
babylone
le trône de Istave. .
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atho'*ques
GUSTAVE 313 baisé les pieds des apôtres pendant qu'il était à genoux devant eux, dit Gustave.
—Et les D au adorent la reine lorsqu'ils s’agenouillent devant elle pour lui présenter leurs respects, dit M. Pepin.
—-Les Anglais sont pourtant des protestants, ajouta Gustave en souriant. sa
—Et le fait de s'asseoir sur un trône pour recevoir les honneurs de ses sujets, reprit M. Pepin, rend cette reine coupable d’un grand crime, puisque cet acte seul suffit pour s’arroger le titre de Dieu.
— Non, non, dit M. Dumuuc avec embarras, vous ne comprenez pas, je... je veux...c’est par orgueil que le pape agit ainsi... c’est un grand mal que de s'agenouiller devant un homme, c’est un mal très grave. ,
—Alors, reprit M. Pepin, vous avez péché très gravement lorsque vous vous êtes agenouillé devant les dignitaires de votre église.
—Quand ? Qui vous l’a dit? demanda M. Dumont.
—Il n’y a pas longtemps, dit M. Pepin, c’est pendant votre passée au temple, tout le monde sait cela.
—Il est vrai que je me suis mis à genoux, dit M. Dumont en rougissant, mais non pas avec ce sentiment de vénérativn, je dirai presque d’adoration, porté au pape par les catholiques.
—Je nie ce fait, dit M. Pepin ; si le catholique s’agenouille devant le pape et lui baise les pieds quelquefois, c'esc pour lui rendre les honneurs et le respect dûs au vicaire de Jésus-Christ, au successeur de St. Pierre, et non à l’homme, c’est-à-dire à la personne, encore moins pour l’adorer. De plus, si le pape reçoit des honneurs, c'est qu’il est obligé de se conformer à la discipline et
aux cérémonies prescrites par l'Eglise dont il est le chef,
tout comme la reine d'Angleterre lorsqu'elle agit officiellement. Ensuite, je vous dirai que le pape est presque toujours le plus humble des sujets de l'Eglise. Il aime à s'appeler le ‘‘serviteur des serviteurs de Dieu’ Ilest loin de se faire r pour un Dieu comme vous le prétendez, Allez dans la chambre de Pie IX, vous n’y
verrez pas le moindre tapis sur le parquet, à peine si vous y.verrez un lit ou une chaise commode, lé plus pauvre peut LE aussi bien que le plus riche et le plus élevé ; il se fait un devoir de remplir les mêmes obligations que tout autre catholique ; il se confesse à un prêtre comme ous, se lève à bonne heuré tous les matins pour dire la sainte messe, ét là, au pied des autels, il se reconnait comme le plus grand dés pécheurs et implore la miséricorde de Dieu et le pardon de ses fautes. Dités-moï, est-ce ainsi qu'un homme agit lorsqu'il veut se faire passer pour un Dieu ou son égal? Non, n'est-ce pas? Mais voulez-vous savoir qui veut sé faire passer pourun Dieu ? Qui s’asseoit sur le trône de Dieu en disant : Qui est semblable à moi? Qui pourra me combattre ? Je vais vous le dire; cet homme, c’est le protestant.
—Vous allez trop loin, dirent plusieurs auditeurs d’un ton indigné. ’
—Un homme qui va trop loin ne peut prouver ce qu’il dit, reprit M. Pepin. |
—C'est ce que ces messieurs ont fait, dit Gustave, car ils n’ont pu prouver leurs avancés.
—Né ‘soyez pas si sévère, jeune homme, dit M. Williams, nous avons émis nôtre opinion, voilà tout ; je dis que vous allez trop loin, parce que le protestant, loin de se faire passer pour Dieu ou de s’asseoir sur son trône, prend toute sa doctrine dans la Bible, laissée par ce Dieu pour l’instruire et le guider, et il base sa foi sur les enseignement: qu'il y trouve.
—Non pa: dit M. Pépin, dites-donc ‘qu’il base sa foi non su les enseignements renférmés dans la Bible, mais sur l'in érprétation qu'il en donne, c’est-à-dire sur sa propre volonté, à laquelle il obéit, Re
—C’ést trop fort, dit M. Williâäms, vous ne prouverez jamais céla. ar
— Certes, oui, dit M. Pépin, lés milliers de sectes qui composent le protestantisme en donnent la preuve ; écoutez bien et vois verrez que j’ai raison ; un protestant dit : “Il est vrai que la Bible prouve que Jésus-Christ à
si vous
auvre le plus obligae à un tous les jied des écheürs 1 de ses lorsqu'il 1? Non, sé faire : Dieuen me comt le pro-
urs d’un r ce qu'il tave, car
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GUSTAYE 315
‘ établi ct institué une église, à laquelle il a donné un “ chef et des pasteurs pour la maintenir et la, guider ; ‘“ mais moi, je, ne reconnais pas cette église, ou ce chef, ‘: OU ces RESRUEE pourquoi ; parce que cela ne m6 plait ‘ pas.” Un autre dit: ‘*Il est vrai que presque, tous ‘‘ ceux qui lisent la Biblé reconnaissent la divinité en ‘€ Jésus-Christ; mais ma raison ne m'inspire pas, de ‘“ reconnaître un Dieu. dans le Messie, et c'est à ma ‘ raison que j'obéirai.”’ T]n troisièmes dit: ‘‘Ilest vrai ‘ que Jésus-Christ et ses apôtres ont pratiqué et enseigné ‘ la pratique des boanes œuvres comme nécessaires au ‘salut, mais ma volonté se révolte contre ces bonnes ‘ œuvres, qui m'empêchent de me livrer à mes plaisirs, ‘à mes agréments, à l’accroissement de ma fortune, de ‘ me venger de mes ennemis, et c’est à ma volonté que ‘€ j’obéirai,”” Un autre dit : Il est vrai que Jésus-Christ ‘a jeûné et pratiqué la mortification, que les apôtres ‘l'ont imité, mais ma volonté repousse de pareilles ‘ pénitences, et c’est à elle que j'obéirai.” Il en est ainsi pour tous les autres enseignements et doctrines laissés par notre divin maître ; le protestant en prend et en laisse, il accepte et rejette ce que sa volonté lui dicte ; il ne reconnait d’autre autorité que cette volonté, c’est elle qui le dirige et le règle dans sa conduite. Loin de moi, dit-il, toute. autre autorité que ma volonté, loin de moi toute doctrine qu'elle rejette, loin de moi toute mortification, jeûne ou pénitence, parce que ma volonté les repoussent. Que m'importe si Jésus-Christ a dit ou fait telle ou telle chose, ma volonté me dit autrement, c’est elle qui a raison, et j’agirai d’après ce qu'elle me dicte. Au lieu de soumettre ma raison à la raison de Dieu, qu’il m’impose comme une loi écrite dans la Bible, je soumettrai la raison de Dieu et la Bible qui la renferme à ma raison et à ma libre interprétation. . Arrière toute autorité qui, de par Dieu et au nom de Dieu, voudrait s'imposer à moi,, Prouvez-moi le contraire, Messieurs, si vous le pouvez; autant Nr sectes. que de volontés orgueilleuses, toutes refusent d’obéir, à. Jésus-Christ et aux pasteurs de son Eglise, . C’est donc le protestant qui
NE te Te TEL VS ETES