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‘4 Ainsi tout arbre bon, produit de bons fruits, et tout arbre mauvais, de mauvais fruits ‘* Uu arbre bon ne peut produire de mauvais fruits, et un arbre mauvais de bons fruits.” Tout arbre qui ne produit pas de tons fruits, sera coupé et jeté au feu.”
— vous de choisir, messieurs, ajouta-t-il, ne faites
point de bonnes œuvres, si vous voulez être jetés au feu ; si, au contraire, vous voulez porter de bons fruits, il vous faudra nécessairement faire les bonnes œuvres que Jésus- Christ demande de nous. Et ces bonnes œuvres sont celles que notre Eglise s'efforce de faire mettre en pratique par ses enfants.
—Vous dites, mon père,reprit Gustave,que Luther a rejeté ces pratiques parceque des abus s’y étaient glissés. D’après votre théorie, il faudrait donc rejeter toute bonne action ou toute bonne pratique : Vous devez savoir qu’il y a et il y aura toujours des abus.
— Je le répète, dit M. Dumont avec emphase, toutes ces pénitences, ces jeûnes, mortifications, etc., ne sont que vanité de la part de ceux qui les mettent en pratique ; ils croient en cela, mériter et obtenir plus de grâces ou leur justification au jour du jugement. Pauvres aveugles, ils ne savent pas qu’en agissant ainsi, ils méprisent la toute-puissance des mérites de la passion de ce Sauveur qui a tout fait pour nous ; c’est amoindrir les mérites infinis de sa Rédemption.
—C'est-à-dire, reprit M. Pepin, que Jésus-Christ, ayant tout fait pour nous, il ne nous reste rien à faire pour nous mêmes, S'il en est ainsi, n’êtes-vous pas coupables de tenir tous les peuples en ignorance ? pourquoi ne leur prêchez-vous pas un sermon final en leur disant ouvertement : Mes bien-aimés frères, je viens vous annoncer une grande nouvelle, une nouvelle qui va remplir vos cœurs d’une joie des plus vives ; une nouvelle ne datant pas d'hier ou d’aujourd’hui, mais du jour où Notre Seigneur est mort sur la croix pour nous. Si elle ne vous a pas été annoncée plus vite, c’est parceque l’on ne comprenait pas l'Evangile, que l’on ne connaissait pas les mérites infinis de la passion de notre divin Sauveur. Oui, chers frères, le Christ, en mourant pour nous, a
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acquitté toutes nos dettes spirituelles, il nous a lavés et purifiés complètement de tous nos péchés passés, présents et à venir. Réjouissez-vous daus le Seigneur, buvez, mangez, divertissez-vous sans. vous inquiéter, car le Sauveur à tout fait pour nous ; n’essayez pas d’insulter à ses mérites et à sa toute-puissance, en faisant quelque chose pour vous-:mêmes, fermez vos églises, brûlez vos bibles, vous n’en avez pas besoin : Il suffit que vous ayez la foi pour être sauvés, toute bonne œuvre est inutile au. salut. Encore une fois, chers frères,. 1éjouissez-vous ,dans le Seigneur, que chacun d’entre vous entre dans sa demeure, et reste tranquille. Il peut attendre le grand jour du jugement sans s'inquiéter ; le jour de la grande liberté est arrivé, plus de prêches, plus de mortifications, et ce qui vaut encore mieux, plus de péchés à expier. Alleluia. Gloire à Dieu, gloire à Jésus-Christ qui nous a tracé ur chemin si facile pour opérer notre salut, Amen.
—Demain serait une belle journée pour annoncer cette grande nouvelle, dit Gustave en souriant ; le gouverneur doit faire son entrée dans la ville; quelle belle occasion, quelle journée mémorable ! bonne nouvelle pour le temporel, bonne nouvelle surtout pour le spirituel.
— Vous allez trop loin, dit M. Williams, le ridicule n’est pas un argument.
—Non, mais il tire les choses au clair quelquefois, dit M. Pepin, et ce sermon que je me suis permis de faire en plaisantant est tout-à-fait en rapport avec vos avancés ; vous dites que le catholique croit devenir sou propre sauveur en pratiquant les bonnes œuvres, Je le nie complètement dans le sens que vous prétendez. Le catholique sait aussi bien sinon mieux que vous, que Jésus-Christ est le seul sauveur ; que le salut de son âme dépend des mérites infinis de sa passion et de sa mort; mais il sait aussi qu’il y a un étroit sentier tracé par ce divin Sauveur pour atteindre et obtenir ce salut ; cette croyance est basée sur sa foi, et cette foi, il la regardé comme ün don gratuit de Dieu qu'il veut mettre à profit. Il cherche donc ce que ce divin Sauveur a enseigné, c'est-à-dire cet étroit sentier qu'il a tracé ;
l'ayant: trouvé, il ne fait pas comme vous, protestants, mais il se dit en lui-même.:.je ne puis rien, si-je ne suis aidé de la grâce de Dieu, il me faut done la demander avec ferveur, 1l faut aussi que mon âme çoopère. à cette grâce, quire don de. Dieu, 'si je veux obtenir ma justification. darts
— Attendez, monsieur, dit M. Dumont en l'intérrompant, nous ne pouvons mériter la grâce de nous-mêmes, encore moins nôtre justification ; tous les efforts que nous pourrions faire, ne sauraient être efficaces pour justifier nos âmes devant Dieu. ' La justice parfaite seule peut justifier, la nôtre est toujours imparfaite ; ainsi ce n’est que sur la parfaite justicé de Jésus-Christ que nous pouvons espérer la justification. 3%
—La grâce, je le répète, reprit M. Pepin, est un don de -Dieu, qui la donne gratuitement si nous la demandons avec ferveur ; quoique l’homme ne peut mériter la grâce de la justification par ses bonnes œuvres, Jésus-Christ, par sa passion et sa mort, l’a mérité pour lui; autrement à quoi servirait la passion et la mort de notre divin Sauveur ? Vous savez comme moi que nos premiers parents, Adam et Eve, dès qu'ils furent créés, eurent des devoirs à remplir, quoiqu'ils fussent en état d’innocence et de sainteté; plus tard, ils désobéirent à leur Créateur et la conséquence fut que l’homme perdit tout droit à l'entrée du paradis pour toujours ; ni son retour à Dieu, ni ses pleurs, ni ses bonnes œuvres ne pouvaient lui donner l'espérance du salut ; l'homme était perdu sans ressources, son péché l’excluait à jamais de la présence de. Dieu. Mais ce Dieu tout miséricordieux eut pitié de lui, et il envoya son divin Fils pour le racheter, c’est-à-dire, lui rendre l’innocence.et les droits: qu'il avait perdus par son péché ; Dieu n’a pas retranché les peines temporelles, qui. sont les pleurs et la mort, mais il a donné à l'homme le moyen de travailler à son salut, les portes du ciel furent ouvertes de nouveau pour lui, à condition.qu’ilise rendit digne d’y entrer ; que dit St. Pau au 3e chapitre de.son épitre aux romains, vers. 23 et 24e. : Remarquez bien ces
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paroles ; “ Tous ont péché et ont besoin de la grâce de Dieu, ils sont justifiés gratuitement par sa grâce, par la Rédémption qui Vtent de Jésus-Christ’ Ainsi Dieu donne par les mérites de Jésus-Christ, à l’homme qui la désire et la demande avec ferveur, une grâce suffisante, pour l’amener à la connaissance de là vérité, et à la justification par la foi et le baptême. Une foïs que cet homme est justifié, c’est-à-dire dans un état de grâce habituelle, il'a encore besbin d’une afflüence de grâces actuellés pour l’exciter et l’aider dans l’accomplissement des bonnes œuvres qui, faites dans cet état de grâces continuelles, deviennent méritoires, non pas par elles-mêmes, mais comme procédant de ‘a grâce fructifianté et des mérites infinis de Jésus-Christ, et il mérite ainsi un surcroît de grâces en ce monde et la couronne de gloire dans l’autre. Tout viènt donc au nom et par les mérites de notre divin Sauvéur qui, comme je l'ai déjà dit, nous 4 mérité la grâce de pouvoir travailler à notre salut. Voilà ce que le catholique croit, messieurs,
—Oh ! que la doctrine de l’Eglise catholique est belle et sublime sur ce sujét ! dit Gustave ; c’est pour obtenir cette foi vive, cette grâce de la iustification que nous voyons tant d’âämes pieuses coopérer avec elles en accomplissant toutes les bonnes œuvres que cette foi et cette grâce nous inspirent ; c’est pour elles qué nous voyons tant de vierges sacrifier et abandonner les richesses et les plaisirs de ce monde, pour acquérir des trésors spirituels dans ces maïsons où se pratiquent tant d’actes d’héroïsme et de charité; c'ést pour ellés, que ces mêmés vierges bravent les’dangers et la mort pour secourir leurs frères malheureux" pendant les guerres ou les épidémies ; c’est pour elles, que nous voyons tant de zélés missionnaires pénétrer, au risque de leur vie, jusqué dans ies pays les plus barbares, pour y ‘précher Jésus-Christ ; c’est pour elles que nous voyons les pasteurs de notre Eglise, se priver souvent de repos et même de nourriture, pour préndre soin des âmes qui leur ont'été confiées. Vous diciéz mon père, que le prêtre vivait dans la paresse, vous connaissez ou devez connaître mieux