MOi, nière
Jarais- 1e que nt, et ésir de ire un
t Gusrendu D gnons
br tous a emecine, cloche
ustave s avez ami se uvelles
à une ernelle
uait à faisait nd 2u
Il me reste encore une piastre, je pourrai prendre deux repas ; pas si mal après tout.
Pendant le trajet, il ne cesse de marcher, tout en se livrant à des pensées qui le remplissent de joie, Dans quelques heures, se dit-il, je vais revoir mes bons vieux parents qui m'ont si bien élevé et qui verront avec plaisir que j'ai tenu ma promesse. Oui, demain matin je vais débarquer à Montréal ; demain est le 6 Août, demaîn j'aurai vingt ans et demain j'aurai rempli ma promesse ; mais, ajouta-t-il en soupirant, j’en ai encore une à remplir et c’est la pius importante. Ah ! que je serais heureux si mon père, ma mère et ma sœur étaient avec moi en ce moment ; j'espère cependant avoir ce bonheur bientôt. Il se jette à genoux et s’écrie d’une voix suppliante: O mon Dieu, veuillez réunir mes bons parents; jetez, je vous en conjure, un œil favorable sur mon père et diteslui, s’il vous plait, qu’il doit et de suite aller retrouver ma mère qui l’attend, afin que tous ensemble nous puissions vous aimer et vous servir sur la terre et vous glorifier pendant toute l'éternité dans le séjour de la béatitude céleste,
Le lendemain, sur les six heures, Gustave aperçoit cette ville tant désirée. Montréal, se dit-il joyeusement ; que tu parais belle et gracieuse ainsi assise au pied de cette montagne qui semble vouloir te protéger contre les intempéries des saisons. Que ton port est magnifique et animé, je ne sais cornment exprimer la joie que je ressens n te voyant si bien parée avec tes tours de Notre-Dame, tes édifices splendides, ton pont qui, une fois terminé, sera une des merveilles du monde,tes nombreuses maisons d'éducation, tés hospices et tes asiles et surtout tes innombrables clochers tous plus élégants les uns que les autres. Que de touchants souvenirs tu me rappelles en ce moment ; tu as été témoin des années et des jeux de mon enfance, tu seras témoin du bonheur que j'éprouve et que je vais éprouver en voyant mes bons parents que tu as abrités cepuis leur naissance, espérons que bientôt tu seras aussi
moin de la réunion de notre famille entière.
Enfin, le vapeur accoste et Gustavé est un des premiers
L ee «< 0 . . d £, ‘ Ye sta \ NÀ Fe : :
Le “
PP. ko .. | AS 4, Le, SZ %" NZ K Le NAN NA KO 2 \ No NT ke , € KZ 7 Na IMAGE EVALUATION & TEST TARGET (MT-3) | |[O SE lE Æ 5 1 j LL sis = ILES 125 Le qe D S 7”: : Se > ZAN NN | 4 , D NN V PS PC AN | " 2, NK / V Aù NE où NS
D/ Photographic ere D € 4 Sciences DES e Corporation
) 2 9 Le
CAL KO V3 Vo Z / K &.
à débarquer. Son premier soin ést de se rendre à l’Eglise de Bonsecours pour remercier Dieu et la Sainte Vierge de la réussite de son voyage ; il n’oublie pas son ange gardien, qui l’a si bien conduit. Il sort de l'Eglise et prend la direction de la maison paternelle, où il arrive quelques minutes plus tard. En l’apercevant, il arrête, son cœur best uvec üuné telle force qu'il tremble de tous ses membres et n'ose avancer plusioin. Voici la demeure, se dit-il, où j'ai passé mon heureuse enfaïce, au:dedans sont ces bons vieillards qui m'ont élevé. Il jette la vue sur les fenêtres et aperçoit sa grand'mère ; elle est occupée à lire. Ses yeux se remplissent de larmes ; son grand’père est tout près de lui qui le rega-de en souriant.
Ce vénérable vieillard. revenant de la messe du matin, l’avait remarqué de loin et s'était dit en lui-même ; Voilà un jeune hommes qui ressemble beaucoup à nôtre Gustave. Il hâte le pas, et plus il approche, plus la res“emblance est parfaite ; il maïche plus vite et ariive près de lui. C’est notre Gustave, se dit-il; mais celui-ci, qui tenait toujours la vue fixée sur cette fenêtre, ne s'aperçoit pas de son approche.
—Mais regarde-donc de ce côté, cher enfant, s'écrie le v':illard avec émotion, moi qui suis si content et si heureux de te revoir. |
Gustave se retourne ét aperçoit la figure vénérable qu'il avait aimée et qu'il aimait tant encore. Ah! cher grand'père, s'écrie-t-il en se jetant dans ses bras. .‘ Le noble vieillard le tient longtemps serré contre son cœur ; il est aisé de voir sur sa figure le bonheur qu’il éprouve ; enfin, il dit à Gustave : Viens à la maison, j’ai hâte que ta grand’mère sache que tu es de retour; mais ho, attends-moi un peu ici, ta présence trop subite pourrait la surprendre et causer un malheur; je vais layertir petit à petit de ton arrivée; et d’un pas plus iéger qu'à l'ordinaire, le bon vieillard se rend à la maison.
Gustave, anxieux, attend le signal qui va lui permettre d'entrer ; ne minute s'est à peine écoulée que sa grand”-
mi
“ère soit précipitamment en s’écriant: Ah! mon cher
à enfant, mon Gustave ; il s’empresse d’aller à sa rencontre wi et elle tombe évanouie dans ses bras. :
Be P. On s’empresse de lui prodiguer les soins nécessaires. Be —-Viens, cher enfant, dit cette dame aussitôt qu’elle et à fut revenue à elle-même ; et prenant son petit-fils par Ja és: main, elle l’entraîne à la maison.
re, La première chose qui le frappe en entrant est son US M livre placé sur une table au milieu de beaux bouquets. pes : — Tiens, regarde, dit sa grand’mère, c'est le livre que a: à nous t'avons donné lors de ton départ ; chaque année, le fc jour de ta naissance, nos l'avons déposé sur la même ine 4 table en mémoire de toi ; il est là pour te recevoir, Tu Lo . as été bivn fidèle à ta promesse, cher enfant, que Dieu ah t'en bénisse.
qe N Merci, grand’mère, dit Gustave avec émotion. Il oùlà : s'avance vers la table, ouvre le livre et sur la première AVE M feuille voit la promesse écrite par lui cinq ans auparavant ; MCE MN prenant alors une vlume il écrit plus bas: ‘ je remercie lu. à Dieu d’avoir remplima promesse ce 6 Août 1859.’ Une nl nowvelle larme, mais cette tois de bonheur, vint se pes joindre à celle qui avait laissé une petite tache comme 6 : souvenir. s ce On se met à table, cette bonne dame court partout 5 : et ouvre toutes les armoires pour fêter le retour de son x] % petit-fils. Pendant le repas, Gustave placé entie ses q4: À parents, raconte tout ce qui s'était passé depuis son cher départ de Burlington ; il leur dit comment son père, . après avoir laissé sa mère et sa sœur, s'était rendu à la il . ville du Lac salé et n’y avait séjourné que quelques mcis ; a | il leur raconta en termes chaleurernx toutes les bonté, pi Fa L: qu'il avait reçues de la part de M. Wilson, et n'oublie
rien, sauf les exploits qui lui avaient murité la reconnaissance des gens de la raravane; deux heures s'étaient écoulées et on l’écoutait encore.
—Qui, dit Gustave, j'ai l'espérance de voir mon père et qu'il suivra l'exemple de ma mère et de ma sœur qui sort catholiques Aujourd’hui. J'aurais bien voulu les amener avec moi, mais Dieu n’en a pas encore décidé.
Trois jours se passèrent dans la plus grande joie, Gus-
tave alla voir le directeur c1 collège qui le reçut avec plaisir ; ce dernier lui dit après l’avoir entendu raconter ses voyages :
—Vous voyez, cher enfant, que Dieu n’abandonne jamais celui qui :e sert avec fidélité et amour ; c’est lui qui vous a protégé et guidé jusqu'ici.
—Oh ! oui, monsieur, dit Gustave, j’ai aussi promis à ma mère que je lui ramènerais mon père, et je ne sais réellement comment m’y prendre pour annoncer cette nouvelle à mes bons parents ; il faudra pourtant que je retourne au fort Laramée avant le mois d'Octobre, car mon père m'attend.
--Une promesse faite est un devoir à remplir, reprit le directeur, et puisqu'il vous coûte de l’annoncer à vos bons parents, je le ferai moi-même. Ainsi demain sur les dix heures j'irai les trouver, 1e vous absentez pas à cette heure ; vous verrez que tout ira bien.
Le lendemain, à l’heure indiquée, le vénérable directeur entrait dans la demeure de M. Dumont père, et après les saluts d'usage, il leur fit connaître la promésse faite par Gustave.
. Ces bons vieillards pâlirent en attendant de semblables paroles. :
.—1l faut donc que tu nous quittes encore, dit M. Dumont père.
—-Ce sera que pour quelques semaines tout au plus, répond Gustave avec émotion, et je vous promets de les ramener tous, si vous me le permettez.
—Oui, cher enfant, dit Mad. Dumont, ton père m'est biencher et rien au monde ne me procurerait plus de bonheur que de le revoir, et surtout de le voir revenir à l'Eglise qu’il a abandonnée.
—Il faut espérer, madame, dit le directeur, que Dieu vous accordera ce bonheur ; la présence de votre petit fils ici me porte à croire que vos bonnes prières seront exaucées ; la conversion de votre fils ne peut tarder. Je dirai même plus ; votre petit fils me paraît être l’avantcoureur de plus grande joies que vous allez éprouver bientôt, car ne vient-il pas d'accomplir un voyage sans
arrive veux-!
"ec ter
argent pour ainsi dire, puisque avec dix piastres, il a parcouru au-delà de deux mille milles, n'ayant d'autre guide que Dieu qui a inspiré et placé pour ainsi dire sur son chemin ceux qui ont contribué a le faire parvenir jusqu'ici, sans le moindre obstacle. Dieu a ses desseins madame ; soyez certaine qu’il ne es projette jamais en vain.
—Vos bonnes naroles me donnent un grand espoir, dit Mad. Dumont, elles me font même désirer le départ de Gustave ; je ne sais ce que je ressens, mais il me semble que cet enfant fera notre bonheur à tous.
—As-tu de l'argent pour faire ce voyage ? dit M. Dumont en s'adressant à Gustave.
—Quelle demande tu lui fais là, dit Mad. Dumont, M. le directeur ne vient-il pas de nous dire que Gustave n'avait que dix piastres lorsqu'il est parti pour venir ici ?
—C'est vrai, dit M. Dumont en souriant, mais la crainte que j'éprouve de le voir partir de nouveau pour entreprendre un aussi long voyage m'a causé cette distraction, bien pardonnable vu les circonstances,
—ÆEt comment feras-tu cher enfant ? dit Mad. Dumont, ton père est beaucoup plus éloigné que ta mère ; tu devras traverser encore ces prairies dangéreuses , j'en frémis pour toi; ah! si ton grand père était plus jeune il t'accompagnerait.
—Ne craignez rien pour votre petit-fils madame, dit le directeur, Dieu l’a guidé jusqu’à vous, il ne l’abandonnera pas dans ce voyage qu’il fait pour un aussi bon but.
—Oui, chers parents, ajouta Gustave, j'ai la ferme conviction que rien de fâcheux ne m’arrivera pendant ce nouveau voyage.
—Eh bien i dit M. Dumont, je vais te faire un chèque de suite pour deux cents piastres. Auras-tu assez de cette somme ?
— C'est plus de la moitié trop, répondit Gustave,
—Non, non, reprit M. Dumont, on ne sait ce qui peut arriver en voyage ; tiens voici ton chèque, et quand veux-tu partir ? à
— Demain, si vous le voulez, répondit Gustave.
DA EE REP Ha ie basses à: j di #
— Aussi bien demain que plus tard, dit M. Dumont, tu reviendras plus tôt. ;
— Qui c’est cela, dit Mad. Dumont en embrassant son petit fils.
—Soyez certaine que je ne retarderai pas, dit Gustave avec émotion, vous pouvez compter sur moi.
—Et que Dieu vous bénisse, que son saint ange vous accompagne, dit le vénérable prêtre en sortant.
CHAPIRRE TRENTIÈME.
GUSTAVE RETOURNE A ST, LOUIS.—RENCONTRE IMPREVUE.— REUNION DE FAMILLE.-: BRODERIES MAGNIFIQUES ?RE- SENTEES A GUSTAVE,-DEPART POUR MONTREAL,
Le lendemain Gustave prenaif le train qui devait le conduire à Chicago, d: là il se rendrait à St. Louis, décidé à partir de suite pour le fort Leavenworth.
Il comprenait parfaitement la difficulté et les fatigues du grand voyage qu’il lui fallait faire avant de rejoindre son père, mais,se disait-il, quelle différence dans ma situation, je pars accompagné des bons souhaits de mes vieux parents que j'ai eu le bonheur de revoir ; ma bourse est bien garnie, les wagons volent sur le chemin, dans quelques jours je serai au fort Jeavenworth ; dé là, il est vrai, lé voyage ne sera pas aussi rapide, huit ou dix jours cependant suffiront pour franchir la distance entre ces deux forts, ainsi dans trois semaines tout au plus je serai dans les bras de mon père. Quarante-huit heures après son départ de Montréal, il avait atteint Chicago, puis le lendemain il était en face de St. Louis.
Aussitôt il prend le bateau traversier (le pont actuel n’était pas encore construit) pour franchir la rivière qui le séparait de cette ville. A mesure qu’il en approche, son cœur bat avec plus de force ét des pensées amères l’attristent ; regardant dans la direction de la demeure de M. Lewis, il peut presque voir la maison qui abrite sa
, tu son ave
ous
mère et sa sœur, mais il ne pourra les voir encore. J'ai promis, se dit-il, de ne les voir qu'en compagnie de mon père, et je tiendrai ma promesse coûte que coûte. Il s'appuie sur le parapet du traversier et donne libre cours à ses pensées, ses yeux sé remplissent de larmes et errent ça et là ; apercevant un bateau a vapeur qui descend la rivière, il croit l£ reconnaître.
Ce bateau approche et se retourne pour’accoster ; alors plus de doute, c’est le ‘Lucy ’” arrivant du haut de la rivière Missouri. Je suis heureux, se dit-il, je vais prendre passage à son bord pour me rendre au fort Leavenworth. Les deux vapeurs accostent en même temps. Gustave débarque et se rend en toute hâte au ‘“ Lucy.” Le commis de ce vapeur, vient lui donnér la main et s’informe en souriant de l’état de sa santé.
— Assez bien merci, dit Gustave ; quand pensez-vous partir pour St. Joseph P
—Dès demain.
—Alors j'aurai encore le plaisir de faire route avec vous.
Un instinct le pousse vers le grand escalier du salon des passagers, mais il s'arrête tout à coup et s'écrie ; O ciél ! mon père ici !
M. Dumont, qui l’avait aperçu en même temps, s'élance à sa rencontre en s’écriant ; mon fils, mon Gustave.
Ils se jettent dans les bras l’un de l’autre et se tiennent ainsi longtemps embrassés sans proférer une parole ; enfin M. Dumont dit en jetant un régard de tendresse sur son fils :
—Que je suis heureux de te revoir cher enfant ; comment sont ta mère et ta sœur? tu les as vues sans doute ét tu as eu le bonheur de leur parler.
— J'ai vu ma mère, mais je ne lui ai pas parlé. Il lui en donne les raisons, raconte son voyage à Montréal, et ajoute les yeux pleins de larmes : j'attendais, cher père, l’heureux jour ou tous deux, nous pourrions raus présenter à elles.
—Que Dieu est bon! dit M. Dumont, et que ces desseins sont incompréhensibles. Oui, mon enfant, Dieu
a permis que tu fus mon sauveur ; viens, je vais aller chercher ta mère et ta sœur, mon épouse et ma fille chéries ; et tous ensemble, nous irons voir mes bons parents de Montréal ; viens ne tardons pas.
—Dieu soit loué, dit Gustave, Il à permis que nous arrivions ensemble en cette ville pour jouir du même bonheur,
M. Dumont et son fils débarquent, et se dirigent vers la demeure de M. Lewis; mais laissons-les sur leur chemin et entrons dans la demeure de ce dernier pour voir ce qui se passe en ce moment.
M. Lewis, sa dame, Clara leur fille unique, Mad. Dumont et Alice étaient an salon ; les dames étaient occupées à la couture et M. Lewis examinait deux magnifiques broderies que ces deux demoiselles venaient de terminer.
—Ces broderies sont belles, dit M. Lewis ; les religieuses, vos bonnes maîtresses sont très capables.
—C'est l’ouvrage de nos mains, s’écrient à la fois Clara et Alice.
—J'en conviens, reprit M. Lewis, mais sous l’œil exercé de vos maîtresses ; je serais curieux de savoir à qui vous ies destinez ?
—Nous voulons les présenter à Gustave lorsqu'il reviendra, répondit Clara en rougissant.
—Bien pensé, reprit M. Lewis ; ce bon jeune homme en est digne et mérite un souvenir de son retour.
Une larme vint en ce moment mouiller les paupières de Mad. Dumont et d'Alice.
—Il ne faut-pas vous affliger ainsi, dit M. Lewis, il est vrai que quinze mois se sont écoulés depuis le dépari de votre époux et votre fils ; mais rassurez-vous, il ne tarderont pas à venir, je connais trop Gustave, je sais qu'il tiendra sa promesse,
—Vous les verrez bientôt, je n’en doute pas, dit Mad. Lewis.
— Leur retour me donnerait trop de bonheur, dit Mad Dumont ; que ces quinze mois m'ont paru longs ; si je pouvais seulement les voir encore une fois, mais je n'ose y penser; pourvu qu'il ne leur soit arrivé aucun malheur.
—Tranquillisez-vous sur ce point, dit M. Lewis, si un malheur était arrivé, nous en aurions eu connaissance.
Alice, qui n’aimait pas à voir sa mère attristée, pria Clara de l'accompagner au parterre pour y cueillir des fleurs.
—Avec le plus grand plaisir, dit Clara, nous choisirons les plus belles pour en faire un bouquet que nous présenterons à papa, tu sais combien il aime les fleurs.
Ces deux demoiselles étaient étroitement liées l’une à l’autre et ne se quittaient jamais ; elles avaient été baptisées au couvent le même jour et se regardaient comme deux sœurs. Alice, espérant toujours le retour de son frère, conçut le dessein de lui présenter un souvenir de son voyage ; elle communique son désir à sa maîtresse de classe, cette dernière la seconda dans son projet et lui fit exécuter un dessin en broderie tout à fait approprié pour la circonstance.
Clara voulut en faire autant pour faire plaisir à son amie, Alice sera joyeuse et contente de mon désir de l’imiter en tout, se disait-elle. Ce sont ces deux broderies qu’elles venaient de terminer.
Clara et Alice commencaient à choisir des fleurs lorsque M. Dumont et Gustave arrivèrent à l'entrée du parterre.
Alice et mademoiselle Clara, dit Gustave avec émotion M. Dumont re profère aucune parole et n’ose avancer.
—Entrons tout doucement mon père, dit Gustave ; je vais prendre l'avant, suivez-moi ; je vais, le premier, avertir ma sœur de notre arrivée. Ah! quel bonheur !
Ils avancent tranquillement, M. Dumont est à une trentaine de pieds en arrière de son fils ; celui-ci n’est plus qu’à quelques pas dé sa sœur qui ne l’a pas encore aperçu.
—Allons donc à l’autre bande Clara, dit Alice, il me semble que les fleurs sont plus belles,
Elle se retourne et fait quelques pas, maïs elle s'arrête tout à coup et les fleurs qu’elle avait cueillies tombent par terre ; elle pousse un cri de joie et s’élance dans les bras de Gustave en s’écriant :
Ah ! quel bonheur, mon frère ! ! |
—Gustave pleure de joie, Alice, chère sœur, dit-il en indiquant là où était son père, regarde donc de ce côté.
Alice regarde et aperçoit son père.
—Ah ! papa, papa, s’écrie-t-elle, et ell£z court le couvrir de ses baisers.
Gustave les regarde en souriant, et dans sa joie ne s'aperçoit pas que Clara, toute joyeuse du bonheur de son amie, est près de lui. |
—Comment êtes-vous, monsieur Gustave, dit Clara, soyez certain que votre arrivée me cause autant de plaisir que si j'étais, moi aussi, votre sœur.
Gustave, confus, se tourne de son côté ; une rougeur subite lui monte au visage.
—Je vous prie bien de me pardonner mademoiselle, si je me suis oublié jusqu’à manquer de délicatesse à votre égard ; dans l’excès de ma joie je ne vous ai pas vue.
—Ne parlez pas d’excuses, reprit Clara, je sais que vous ne m'avez pas vue ; venez avec moi, je voudrais saluer votre père.
Alice, au comble de la joie, entraîne son père vers la maison, Gustave et Ciara les suivent.
Le cri échappé par Alice, avait attiré l’attention de ceux qui étaient au salon. M. Lewis, sa dame et madame Dumont se hâtent de sortir pour en connaître la cause. Mad. Dumont sort la première et aperçoit son époux entrainé par Alice. Leurs regards se recontrent et elle s'élance en s’écriant : mon Dieu, quel bonheur ! mon époux et mon fils.
Il me serait impossible d’essayer de dépeindre la joie et le bonheur éprouvés par cette famille qui se réunissait après une aussi crusilie séparation,
—Cher enfant, disait madame Dumont ne cessant d’embrasser son fils, Dieu te bénira d’avoir si bien rempli ta promesse ; tu ne sais combien je suis heureuse de vous revoir.
—Et moi, dit M. Dumont, ; je dois tout à ce cher enfant, même mon retour à Dieu. Oui, chère épouse, je ne te quitterai plus.
M. et Mad. Lewis les contermplaient tour à tour et
oux elle
oie sait ant
ous
n’osaient les troubler dans leur bonheur ; ils s’avancent et tendent la main à M. Dumont et Gustave, et les félicitent de leur retour.
On entre dans la maison pour causer plus à l’aise. M. Dumont et Gustave ne cessent de répondre aux questions qui leur sont adressées,
— Vous pouvez être heurenx de posséder un tel fils, dit M. Lewis en s'adressant à M. Dumont.
—Oui certes, monsieur, et il se met à raconter comment Gustave les avait sauvés, lui et le personnel de la caravane, de la mort à plusieurs reprises ; comment il les avait prévenus des attaques des sauvages, le courage et le sangfroid qu’il avait déployés en toutes occasions. Oui, disaitil, c’est lui qui m'a dégouté des doctrines du mormonisme ; qui m'a fait comprendre mes torts si injustes à l'égard de mon épouse. Si vous saviez tout ce que je lui ai fait souffrir par mes contrariétés et mes railleries, et cependant il a tout enduré avec une patience héroïque. Lorsque je le vis partir du fort Laramée, il y a un mois, pour venir voir sa mère, j'ai éprouvé tellement de peine et d’ennui que j’en crus mourir.
—I]l est donc parti avant toi, dit Mad. Dumont ?
—Oui, très chère.
Gustave raconte son voyage à Montréal, la joie de ces bons grand’parents, l'émotion qu’il ressentit en voyant sa mère, dans le parterre avant de partir, son indécision d’abord et son obéissance à cette voix intérieure qui l'avait poussé, pour ainsi dire, à entreprendre ce long trajet dépourvu de tout moyen.
—Oui, chère mère, ajoute-t-il, je vous ai vue et j'aurais bien vonlu vous parler.
-- Dieu avait certainement ses desseins, dit M. Lewis, ce voyage est vraiment remarquable.
Madame Lewis fait dresser la table comme pour un jour de fête, Alice, assise à côté de Gustave, ne cessait de lui faire mille questions auxquelles ce dernier s'empressait de répondre.
Vers la fin du repas, Clara et Alice, sur un signe de Madame Lewis, se rendirent au salon et revinrent portant
chacune un cadre magnifique. Alice s’avance la première vers Gustave, et lui présente le sien en disant :
—Accepte ce petit souvenir, cher frère, je l’ai fais pour toi comme témoignage de la joie que me causerait ton retour.
Gustave, surpris, aperçoit une magnifique broderie au centre de laquelle est un jeune homme dans un désert, au-dessus, tout près de lui, est un ange qui lui montre un homme en avant en lui disant : suis-le, c’est ton père ; plus bas, une femme et une jeune fille semblent demander en plenrant le retour de l’un et de l’autre ; et le tout est entouré de fleurs aux couleurs les plus vives.
—-Chère bonne sœur, dit Gustave fondant en larmes.
Clara vient ensuite et lui présente un autre encadrement magnifique.
—Monsieur, dit-eile, j'ai voulu, moi aussi, vous pré: senter un souvenir de votre retour ; veuillez accepter ce petit travail que j’ai fait pour vous prouver mon estime ; prenez-le un souvenir d’une amie qui a su vous connaître et admirer vos vertus.
Gustave, muet de surprise, regarde ce tableau et voit une broderie très riche ; au centre, était une fleur de lys sur laquelle se reposaient deux colombes d’une éclatante blancheur, tenant chacune dans leur bec un ruban où on lisait ; amour et pureté. Au bas du cadre on lisait: piété filiale et dévouement ; confus de tant d'honneur, Gustave rie savait que répondre, l'émotion qu'il éprouve l'empêche d'exprimer sa recannaisance comme il aurait voulu ; il se lève et dit d’une voix tremblante :
—Monsieur, madame et mademoiselle, vous me faites trop d’honneur, je n’en suis pas digne ; veuillez accepter mes sincères remerciements pour la bonté et l'intérêt que vous n'avez cessé de me témoigner depuis que j'ai eu le bonheur de vous connaître, soyez assurés que votre souvenir ne s’effacera jamais de ma mémoire ; j'aurais voulu exprimer ma reconnaissance en termés plus éloquents, mais le langage du cœur se comprend toujours, c'est le seul que je puisse vous offrir en ce moment.
—-Je ne saurais trouver d'expressions assez chaleureuses,
. OS eo a < < 0 4 9
ire
es,
dit M. Dumont ému, pour vous remercier des bienfaits rendus à mon épouse et à ma fille qui. quoique étrangères pour vous, ont été traitées comme des membres de votre famille ; run contents de les avoir gardées sous votre toit hospitalier, vous avez voulu, monsieur et madame, et j'ajouterai, vous mademoiselle, y mettre le comble par les magnifiques tableaux que mon fils vient de recevoir. Comment pourrai-je reconnaître tant de bonté, tant de générosité ? Laissez-moi vous le dire, Dieu seul peut récompenser votre noble action, Dieu seul peut vous remettre ce qué vous avez si généreusement donné. Il me fait peine de voir que je ne suis pas c® état de pouvoir toujours rester près de vous, mais soyez assurés, que jamais nous ne cesserons de penser à vous, votre nom sera toujours sur nos lèvres pour vous bénir et vous remercier.
—Ne parlez pas de reconnaissance, dit M. Lewi., votre épouse est restée avec nous pour nous faire plaisir ; sa présence ainsi que celle de l’aimable Alice a charmé nos longs loisirs. Mais vous partez donc de cette ville ?
—Je voudrais me rendre à Montré pour être auprès de mes parents.
—Fort bien dit M. Lewis, mais cela ne vous empêchera pas de revenir : j’ai promis, comme vous le savez, de veiller à l'avenir de votre fils, et je tiens à remplir ma promesse. Je ne veux pas insinuer que vous n’y veillez pas vous-même, vous savez cependant que mes moyens le permettent, et en agissant ainsi, je pourrai vous donner une preuve nouvelle de l'estime et l'intérêt que je lui porte. ®
— Penser autrement serait ingratitude de ma part, dit M. Dumont, les preuves de votre générosité n’ont été déjà que trop nombreuses ; mon fils sera libre de venir vous voir souvent.
—Et Alice devra revenir au couvent, dit Mad. Lewis, Clara ne pourrait se passer d'elle à présent ; elles ont. encore deux années à faire pour compléter leurs cours d'éc'acation.
jours, son retour avec toute la famille.
—Je viendrai moi-même avec Alice pour l’ouverture des classes, dit Mad. Dumont ; vous pouvez compter sur nc,
L'eux jours après, M. e: Mad. Levis accompagnaient M, Dumont et sa famille jusqu’à la gare. Et après un long échange de témoignages de l’affection la. plus tendre et le renouvellement de la promesse d’un prochain retour, la famille Dumont s’éloignait rapideraent vers Montréal où on arrivait trois jours après le départ de St. Louis.
Gustave avait eu le soin, en arrivani à St. Louis, d'écrire à ses vieux parents pour les avertir d'attendre, sous peu de Aussi, ces bons vieillards les attendaient à la gare le soir Ce leur arrivée. Avec quelle joie ils reçurent leurs enfants dans leurs bras, des voitures étaient-là pour les conduire à la maison paternelle.
—Chers enfants, disait mad. Dumont mère, que je suis heurcuse ce soir de vous revoir tous. Dieu a exucé mes prières, et il me procure plus de bonheur que je n’en mérite.
—kRemercions Dieu, chère mère, dit M. Dumont fils, de la grande grâce qu’il vient de me faire, et tous, se mettant à genoux, envoient vers le ciel le doux parfum d’une prière fervente.
Quelques jours après, M. et Mad. Dumont, au milieu d’un grand nombre d'amis et de fidèles, voulant j jouir du spectaclé des belles et touchantes cérémonies de l’Eglise en ces occasions, abjuraient solennellement leur erreur et étaient reçus dans le sein de l'Eglise catholique. M. et Mad. Dumont pleuraient, mais ces nleurs étaient ce joie et de bonheur.