HEUREUX DÉNOUEMENT.—ÉPISODE D'EMILY
Un an après, M. Dumont, n'ayant pu se placer avantageusement à Montréal, crût devoir se rendre aux demandes réitérées de M. Lewis qui, dans ses lettres, re cessait de de solliciter de revenir à St. Louis, où une place avantageuse l’attendait.
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—Aussitôt après son arrivée, M. Lewis jui confia la charge de surintendant de sa manufacture, et désormais, les deux familles n’en firent qu’une.
Gustave, ne voulant pas être à la charge de son père et craignant surtout d’abuser de I Eonté de M. Lewis, résolut de chercher à pourvoir à ses propres besoins ; à cet effet, il parcourut ‘es quartiers commerciaux de la viile, et finalement entra dans ur grand entrepôt de marchancet, où il ne fut pas ; u surpris de se trouver en face de
George et Arthur ?
—Comment ! s’ésrie-til e. les apercevant : Vous ici, mes bons amis ?
—Ah ! quelle joie pour nous de vous revoir, cher Gustave, dirent les deux frères en s’empressant de venir lui serrer les mains ; cù demeurez-vous ?
—En cette ville, nous y sommes rendus depuis quelques jours ; maïs quand avez-vous quitté la nouvelle Jérusalem, la cité sainte ?
—Le printemps dernier, répondit George, mon père, ne voulant pas sacrifier sa propriété, a dû attendre plusieurs 110is avant de pouvoir réaliser la moitié du prix d'achat ; mais n’avez-vous pas reçu nos lettres, nous vous avons écrit plusieurs fois.
—Où avez-vous écrit ? je n’ai reçu aucune nouvelle,
—[ci, répondit George, et nous avons été inquiets de votie silence.
—Tout cela est de ma faute, reprit Gustave, et il leur raconta tout ce qui S “était passé depuis son départ.
—En ce cas, vous n'avez pas eu le temps de penser à nous, dit Arthur en souriant, je vous assure que, de notre côié, nous n'avons cessé de parler de vous depuis que nous nous sommes séparés.
-—Et vous dites que votre père a fixé sa demeure ici ? ajouta George.
—Qui, répondit Gustave, et le vôtre ?
—Notre père a acheté une propriété un peu en dehors de cette ville, répondit George, et ne voulant pas nous laisser dans l’oisivité, il a ouvert ceite maison de commerce po'r nous ; et vous que faites vous P
—kRien encore, répondit Gustave, j'étais justement entré ici pout voir s’il n’y avait pas une place vacante.
—Il y en aura toujours une pour vous, cher ami, dirent George et Arthur ; si vous voulez accepter, nous allons vous confier le soin de nos livres, mais que ce soit-bien compris, vous serez ici à titre d’associé.
—Mais... pardon... balbutia Gustave, c’est.
——-Ne nous refusez pas ce plaisir, dit George en l’interrompant.
— Et nous ne pourrons jamais acquitter not: + dette de reconnaissance, ajout. Arthur, vous qui nous ave: sauvés de ia mort tant de fois, avec qui nous avons passé des jours si agréables ; vous ne pouvez nous refuser la satisfaction de rester avec nous.
— Vous êtes trop généreux, mes bons amis, dit Gustave avec émotion, permettez-moi de vous offrir mes sincères remerciements pour l’amitié et la confiance que vous me témoignez; je vais m'empresser de faire connaître à mon père et à mon bienfaiteur, un des plus dignes citoyens de cette ville, l'offre généreuse que vous venez de me faire, et je reviendrai aussitôt que j'aurai obtenu leur consentement.
Gustave se rendit d’abord chez M. Lewis et lui fit part de l’offre qu’on venait de lui faire.
—Acceptez Gustave, dit M. Lewis, j'ai déjà entendu parler de ces jeunes négociants. Ils réussissent bien et remplissent leurs obligations avec honneur. Mon dessein était de vous garder avec moi, mais en entrant dans la société des frères Williams, vous deviendrez une de mes meilleures pratiques, ce qui vaudra mieux.
Dès le lendemain, Gustave commença ses nouvelles fonctions. Combien nos trois ‘amis aimaient à se rappeler les souvenirs de leur voyage, lorsque le soir, ils se réunissaient à l’une ou à l’autre de leurs demeures, ou, qu’à cheval, ils sortaient de la ville pour alier respirer l'air pur et frais de la c?"1pagne.
Deux années s’écoulèrent sans amener de nouveaux incidents pour ces familles qui n’en formaient qu’une par l'étroite liaison de la plus tendre amitié. Nos
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trois amis réussissaient dans leurs affairés au-delà de leurs espérances. Gustave écrivait toutes les semaines à ses vieux parents de Montréal, qui lui répondaient régulièrement. Deux ou trois fois par année, il ne manquait pas, en compagnie de: George : ou d'Arthur, d’aller passer quelques jours avec eux,
Un jour, George remit. une lettre, à Gustave ; celui-ci l’ouvre et ïit: que M. Lewis le prie de passer ehez lui à l'instant même pour une affaire importaute, Gustave s’empresse de: se rendre à l'invitation, : En entrant, il voit que son,père et sa mère l’ont dévancé, il ne sait que penser.
-— Entrez Gustave, nous avons bescin de vous, lui dit M. Lewis en souriant, prenez ce siège à côté de moi.
—Vous pourriez déviner pourquoi je vous ai fait venir aujourd’hui, lui dit M, Lewis d’un ton sérieux, vous savez que plusieurs aspirent à la main de Clara ; tous, quoique de familles riches et influentes de cette "ville, ont été réfusés par elle. Je ne savais tout d’abord à quoi attribuer la ligne de conduite tenue par Clara, plus tard je... mais laissons tout cela de côté ; votre délicatesse à son égard, votre intelligence, votre courage à toute épreuve, votre affection sans bornes pour vos parents, toutes. vos vertus enfin, jointes à l’inclination pour vous que nous avons cru remarquer chez Clara, nous ont engagé à vous la donner comme épouse.
Gustave fut tellement surpris de cette proposition à laquelle il s'attendait si peu, qu’il, lui, fut. impossible de répondre; il se, leva et regarda fixement M. Lewis, il voulait parler, mais il en était incapable.
M. Lewis, alors reprit d’un ton amical : Gustave avezvous des objections à la proposition que je viens de vous faire ? c’est vrai, j'aurais dû y penser et connaître votre opinion avant de vous faire une pareille demande.
—Monsieur, dit Gustave d’une voixémue, je serais trop heureux d’avoir votre fille pour épouse, mais y pensezvous ? sa position....et... la mienne,
—Ne parlez pas de position ou de condition, reprit M. Lewis joyeux, car en ce cas vous êtes le plus digne et le