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| et l’éclairerait dans toutes ses décisions ; ainsi nous ne
devons pas craindre lorsqu'elle déclare que telle personne jouit du bonheur céleste. Mais vous seriez peut-être plus satisfaite de connaître comment l'Eglise procède à la canonisation d'un saint ? Gustave, ajouta-t-il, ton catéchisme doit en dire un mot.
Oui, mor grand’; ‘re, répondit Gustave, je lisais ce passage l’autre jour. Si vous le désirez, maman, j'en ferai la lecture devant vous.
—Oui, certainement, mon enfant.
Gustave, au comble de la joie de voir q'ie sa mère prenait intérêt à cette discussion, s’empressa de trouver la page qu'il désirait et se mit à lire :
L'Eglise avant de procéder à la canonisation de l’un de ces pieux fidèles qui se sont signalés par leurs grandes vertus pendant leur vie, doit d’abord recevoir une requête signée par des milliers de
personnes dignes de foi. Remarquez bien, ce ne sont pas les pasteurs de l'Eglise qui prennent l'initiative, mais ceux qui ont été témoins
L des grandes vertus et de la saintecé de la vie de ceux dont on } propose la canonisation.
Cette requête doit faire valoir les titres qu'ils peuvent avoir à cette grande dignité ; ses vertus, ses actes les plus minutieux, les bienfaits dont il a doté l'humanité, les miracles
} opérés par son intercession, miracles attestés par des témoins Gignes
de foi. Cela n’est pas encore suffisant aux yeux de l'Eglise. De nouveaux miracles doivent être opérés ; des enquêtes nouveïles sont
| faites et ce n’est qu'après maintes délibérations, beaucoup de prières
et de jeûnes ; et qu'après avoir imploré les lumières du St. Esprit,
. que la Sacrée Congrégation des Rites se prononce, et que l'Eglise ‘ajoute un nouveau nom à son catalogue des saints.
— Vous voyez bien, madame, dit le vieillard, que nous
| pouvons ajouter foi à la sainteté de cette personne lorsque
l'Eglise a parlé. Qu'en pensez-vous ?
—Si c'est ainsi qu’elle procède, monsieur, il lui est
| très difficile de se tromper.
—Elle procède toujours ainsi, madame, et ceci me
A rappelle une petite histoire arrivée dernièrement. L'Eglise | procédzit à la canonisation d’un de ses fidèles depuis
plusieurs années, Cette personne s'était distinguée par
| ses grandes vertus et les maisons religieuses qu'elle avait 2 fondées.
— Sacrée Congrégation, fit voir à un lord anglais, adver-
Un des cardinaux, qui faisait partie de la
saire acharné de l'Eglise catholique, les requêtes et les procès-verbaux touchant cette affaire, et demanda à ce ‘ lord ’” si, d'aprés ce qu’il venait de voir, il pensait que cette personne jouissait du bonheur éternel, Le lord anglais répondit qu’une seule des requêtes qu’il venait de voir était suffisante pour établir la sainteté de ce personnage, et que pour lui, il le croyait un grand saint. Eh bien, lui dit le cardinal, l Eglise ne peut pas encore se prononcer, car la preuve n’est pas suffisante, peut-être encore un temps bien long va s'écoulér avant que l'Eglise prononce une décision finale. Comme dernitr mot, madame, car je vois qu'il se fait tard, je vous dirai que le catholique aime, lui aussi, à orner sa demeure des gravures et Statues des héros de ce monde, mais avant tout, il aime à y voir figurer des héros de Dieu ; dans nos églises, nous aimons à voir en grand nombre, des tableaux représentant Notre-Seigneur, la Sainte Vierge et des saints, c’est-à-dire des personnes qui se sont distinguées, non-seulement par leur science st leur habileté, mais aussi par leurs grandes vertus et la sainteté de leur vie. Leurs figures sont là, comme autant de flambeaux pour nous éclairer dans le sentier périlleux de notre vie mortelle, comme autant de monuments élevés à la gloire de Dieu, et enfin, comme autant de modèles à imiter.
Quelques minutes plus tard, le don vieillard souhaita le bonsoir à madame Dumont et à Gustave, et après avoir embrassé la petite Alice, il se rendit à sa chambre pour prendre son repos.
Madame Dumont, pensive, embrassa son fils avec plus À de tendresse qu’à l'ordinaire, et se retira avant le retour À de son époux qui, ne voulant pas s’exposer, revint fort tard dans la soirée.
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